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371.Plus d’information
Cet article suit le développement d'une sensibilité musicale au cinéma à travers les écrits et les oeuvres d'Edgard Varèse et de Michel Fano. Varèse pose les bases d'un nouveau paradigme en décrivant les transformations de la musique au contact des images et en inscrivant les sons dans le dispositif « d'enregistrement/montage/diffusion cinématographique ». Les notions de son organisé et de partition sonore sont pour lui les outils qui permettent de penser et de travailler la musicalité filmique. À partir des années 60, Fano s'inspire des idées de Varèse et les éprouve en composant plusieurs partitions sonores (notamment pour les films d'Alain Robbe-Grillet). En intégrant tous les sons (parole, bruit, musique) dans sa démarche musicale, le compositeur produit une écoute et une conscience singulière de la musique au cinéma : les sons (et les images) se divisent en formants, et le compositeur met en relation ces éléments afin de produire des affects musicaux et signifiants. Les notions de continuum sonore, d'ordre musical et de formant dynamisent et enrichissent alors le champ compositionnel imaginé par Varèse. En définitive, la réflexion sur le son organisé au cinéma a pour fondement le processus de construction réciproque du dispositif sonore, de la pensée compositionnelle cinématographique et des formes esthétiques. Le compositeur travaille à la surface d'un plan continu, la partition sonore, dont il doit façonner les matériaux et organiser les interactions. Le compositeur met en relation les sons et érige un « réseau », un « carrefour », un complexe audio-visuel constitué de formants. Cet espace sonore processuel fait de tensions, de consonances, de dissonances, de confrontations énergétiques et sémantiques modifie durablement notre façon de penser la musique au cinéma.
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373.Plus d’information
Pour répondre à la question « à quel niveau sémiotique la musique communique-t-elle? », nous distinguons trois flux sémiotiques de la narrativité musicale. Le premier flux de narrativité est appelé « substance » : il correspond à la narrativité primaire, présente en toute musique, dans le son même. Le deuxième flux de narrativité est appelé « cadre » : il correspond à la manière dont le temps est organisé – problématisé – dans une oeuvre, un style, une époque. Le troisième flux de narrativité est appelé « intrigue » : il correspond à la mise en intrigue d'une oeuvre. Après avoir précisé en quoi celle-ci consiste, grâce au concept de « tension narrative », nous étudions son actualisation par l'auditeur, et plus précisément l'interaction entre le lecteur et le texte, en insistant sur trois facteurs qui rendent une telle interaction possible : l'intentionnalité, l'embodied simulation et les formes de vitalité.
Mots-clés : Narrativité musicale, narratologie, intrigue et tension narrative, interaction entre lecteur et texte, intentionnalité, embodied simulation, formes de vitalité, Musical Narrativity, Narratology, Intrigue and Narrative Tension, Interaction between the Reader and the Text, Intentionality, Embodied Simulation, Forms of Vitality
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377.Plus d’information
Dans cet article, je pose le problème des rapports entre philosophie et littérature à partir du cas de Boris Pasternak, dont la vie et l'oeuvre permettent d'envisager une nouvelle articulation entre les deux disciplines, en mobilisant un schème paradoxalement hégélien. Schème hégélien, car fait de trois mouvements, de sa pratique musicale vers la philosophie pour aboutir à une relève (Aufhebung) dans la poésie. Mais schème anti-hégélien, parce que la triade hégélienne est inversée : la philosophie est le moyen-terme, mais qui reste central, dans l'acheminement vers l'accomplissement du système par la poésie.
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378.Plus d’information
La Joie de vivre d'Anthony Gross et Hector Hoppin est un cas précoce d'animation d'avant-garde qui transpose une esthétique moderniste dans la formule du dessin animé musical des années 1930. Ses décors alternent le machinisme inspiré de la banlieue ouvrière parisienne (usines, une centrale électrique, le chemin de fer) avec un paysage bucolique. Sans être ouvertement critique de l'industrialisation, cette dichotomie pourrait être perçue comme évasion pastorale. La musique originale composée par Tibor Harsányi joue un rôle central dans l'esthétique du film, et son analyse permet de réinterpréter la dualité machine/nature dans une perspective « post-pastorale ».
Mots-clés : modernisme musical, musique de film, animation, Anthony Gross, musical modernism, film music, animation, Anthony Gross
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379.Plus d’information
Recension de la production discographique de l'étiquette Empreintes Digitales pour 2001, une année consacrée à la mise à jour du versant québécois du catalogue avec des nouveautés d'Yves Daoust, Francis Dhomont, Gilles Gobeil et Robert Normandeau, une édition des oeuvres électroacoustiques de la regrettée Micheline Coulombe Saint-Marcoux et un premier disque pour Yves Beaupré.