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561.Plus d’information
L'intrication du discours religieux et de la musique rap à travers la figure du « MC prêcheur » est historiquement liée au processus de formation du mouvement hip-hop, ancré dans une dynamique interculturelle fortement teintée de religiosité. Le discours du rap prédicateur au Sénégal, dans le champ de la communication religieuse, peut être analysé comme une :transgression face à l'orthodoxie avec cette médiatisation par une expression séculière, la musique ;« polynucléarisation » (le message islamique ne reste plus exclusivement réservé aux islamologues) et une « polytopie » de l'expression du sacré (sécularisée, cette expression est vécue tant dans des lieux sacrés que profanes, de création et diffusion musicales) ;idolâtrie et une stratégie de marketing permises principalement par la grande réceptivité du public sénégalais à la référence religieuse.Mais, ce discours, cette tendance du rap marque aussi le caractère hybride d'un mouvement engagé socialement, politiquement, culturellement ; et placé à la croisée de dynamiques multiples, souvent diffluentes (engagement et business, localité et globalité) dont la mise en convergence constitue un de ses défis quotidiens.
Mots-clés : rap, rap prédicateur, hip-hop, musique prédicatrice, islam, sacré, profane, communication, Rap, Preaching Rap, hip-hop, Preaching Music, Islam, Sacred, Profane, Communication, rap, rap predicativo, hip-hop, música predicativa, Islam, sagrado, profano, comunicación
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562.Plus d’information
L'oeuvre de Joseph Vézina (1849-1924), principal pilier de la vie musicale à Québec à partir de 1880, connaît depuis peu un regain d'intérêt, en particulier dans le contexte des Fêtes du 400e de Québec. Sa musique, presque entièrement dédiée à l'orchestre à vent, a cependant une instrumentation assez inconstante, qui pose problème à l'analyse ainsi qu'à l'exécution moderne. Les copies faites par Raoul Vézina après la mort de son père et l'absence de partitions intermédiaires, à l'époque où la musique de Vézina était pourtant jouée régulièrement, laissent supposer qu'on doive chercher ailleurs que dans les partitions la manière de comprendre l'orchestration de Vézina. Cet article se propose de trouver des réponses par le biais de l'évolution de l'orchestre à vent et de la théorie de l'orchestration courante à l'époque.
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563.Plus d’information
Comment écrire pour le clavecin seul aujourd'hui ? Plus d'un siècle après sa redécouverte, celui-ci est ancré dans son répertoire ancien. En se mettant à la création d'une oeuvre pour cet instrument, le compositeur exprime un certain regard sur l'histoire de la musique en général et de cet instrument en particulier. Le Tombeau de Rameau de Gérard Pesson interroge l'enjeu de l'hommage à travers l'écriture pour cet instrument historique. Excluant l'emploi de la citation directe, c'est par l'intégration intime de techniques d'écriture et de genres anciens que Gérard Pesson incorpore l'histoire à son oeuvre.
Mots-clés : clavecin, histoire, Gérard Pesson, tombeau, hommage, harpsichord, history, Gérard Pesson, tombeau, tribute
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565.Plus d’information
L'auteur effectue un survol des pratiques musicales décrites dans la presse québécoise entre 1764 et 1824. Afin de conférer à ces données un relief et un cadre historique qui manquent dans la presse, il les rattache à la trame historique du Bas-Canada, telle que présentée dans l'ouvrage intitulé Histoire générale du Canada, dirigé par Craig Brown. L'apport de chaque groupe (Allemands, Écossais, Irlandais, Américains, Anglais, Canadiens, Amérindiens) à la vie culturelle du Québec d'alors est évalué, ainsi que le degré d'appartenance des individus à leur ethnie d'origine. L'auteur démontre de quelle manière les fondements de la vie musicale québécoise ont été établis à cette époque et de quelle manière les attitudes alors forgées par les francophones et les anglophones se sont perpétuées jusqu'à assez près de nous. Il s'agit d'une reconstitution (réalisée par Simon Couture) de la dernière conférence donnée par Lucien Poirier, au début de 1995.
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566.Plus d’information
L'auteur explore une dimension moins connue de Gilles Tremblay : son engagement citoyen. S'inspirant des écrits du compositeur, il analyse ses positions sur le rôle et l'importance dans la société québécoise d'une école d'État (le Conservatoire), d'une radio d'État et de sa dimension culturelle, ainsi que des commandes d'État et de leur influence sur la création musicale. Par ses interventions dans le débat public, l'auteur démontre comment Gilles Tremblay a agi en citoyen et a enrichi la réflexion sur le devenir musical du Québec.
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567.Plus d’information
Très présent à la radio et dans la presse françaises après la Seconde Guerre mondiale, le jazz va conquérir peu à peu la télévision à partir de 1955. À la recherche du jazz, première série régulière sur le sujet, créée par Maurice Blettery et réalisée, pour l'écrasante majorité des émissions, par Jean-Christophe Averty, révèle une tension entre deux ambitions didactiques : l'une qui fait du jazz un prétexte pour aborder des « sujets de société », l'autre qui marque une volonté d'étudier la musique pour elle-même et d'affirmer le jazz comme témoignage d'un nouvel équilibre entre le « savant » et le « populaire ». Alors que les premières émissions sont construites autour d'une succession souvent maladroite d'extraits de longs métrages et de discours d'experts reconnus, Averty s'émancipe progressivement des contraintes éditoriales de la série pour mettre en images la musique et explorer les moyens propres à la télévision. À partir de la fin de la décennie, il prend en charge de nouvelles émissions, dont Modern Jazz at Studio 4, dans lesquelles il privilégie la performance des musiciens et fait du jazz un terrain d'expérimentation idéal pour inventer un univers plastique que l'on peut qualifier, bien avant les oeuvres de Nam June Paik, d'art vidéo.
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568.Plus d’information
L'avènement du numérique a eu des effets certains sur la circulation des musiques populaires dans le monde : d'une part, les échanges sont plus intenses que jamais ; d'autre part, le numérique contribue à l'apparition d'un nouveau paradigme de participation interactive des publics et des formes de « créativité » plus répandues dans les pratiques musicales, à travers les cultures et entre les cultures. D'un point de vue transdisciplinaire, faisant dialoguer les popular music studies avec des concepts issus de la littérature comparée et de la traductologie, cet article vise à réfléchir aux effets du numérique dans les transferts de la musique au-delà des frontières (culturelles, territoriales, linguistiques ou sémiotiques), à partir de l'analyse de la circulation de « Despacito », le tube mundial latino interprété par Luis Fonsi et Daddy Yankee en 2017. Numéro 1 dans 40 pays, « Despacito » a été repris, adapté, traduit, détourné d'innombrables fois sur la Toile, selon des stratégies discursives très variées, par des publics professionnels ou amateurs, à travers une multitude de langues, de cultures et de styles musicaux, répondant toujours à des particularités locales. Dans ce but, dans un premier temps, je présenterai une typologie des transferts musicaux (Marc 2015) en mettant l'accent sur les enjeux du numérique. Dans un deuxième temps, j'analyserai quelques-uns des voyages de « Despacito » à travers le monde depuis le Puerto Rico de ses origines. L'analyse de cet exemple nous permettra d'explorer dans quelle mesure des concepts tels que l'originalité, la fidélité ou la créativité, issus des études de traduction et de littérature comparée, peuvent être appliqués aux transferts des musiques populaires de nos jours, notamment à partir des théories postcoloniales de la traduction (Bassnett 1999). Il s'agira enfin de réfléchir aux logiques transculturelles qui sous-tendent la circulation des musiques populaires qui échappent à la logique traditionnelle centre-périphérie pour suivre un schéma de type rhizomatique relevant d'une forme d'itérabilité (Derrida 1988) transculturelle.
Mots-clés : circulation musicale, cosmopolitisme culturel, numérisation de la musique, traduction et musique, transculturalité, cultural cosmopolitanism, digitization of music, musical circulation, transculturality, translation and music