Documents repérés
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291.Plus d’information
Cet article s'attache à considérer les enquêtes françaises contemporaines autour de la Shoah sous l'angle de leur inscription dans un temps long : celui du développement du franco-judaïsme, cette forme particulière de rapport à la judéité née de la Révolution française. Consacré à deux récits représentatifs, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus d'Ivan Jablonka (2012) et 209 rue Saint-Maur de Ruth Zylberman (2020), il analyse les mécanismes au moyen desquels, derrière l'entreprise mémorielle, se profile un travail d'amnésie dès lors qu'est en jeu non pas une judéité exsangue définie par l'extermination, mais un judaïsme vécu, empli de positivité. Cette exploration révèle l'ambivalence de textes qui abandonnent leur éthique de la restitution, du scrupule et de la rigueur lorsqu'ils risquent de se confronter à une vision dérangeante du judaïsme.
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293.Plus d’information
L'un des épisodes du roman allégorique d'A. M. Klein, Le second rouleau (1951), raconte la tentation qu'éprouve le protagoniste juif pour la religion catholique. Pourquoi Klein a-t-il choisi d'introduire le thème controversé de l'apostasie, rarement traité dans la littérature juive ? De quelle facon la conversion figure-t-elle dans les rapports entre Juifs et Canadiens francais dans les années d'après-guerre ? Ces questions seront examinées en rapport avec un autre récit de conversion, celui-ci du psychiatre bien connu Karl Stern, dont l'autobiographie, The Pillar of Fire, paraît également en 1951.
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294.Plus d’information
J'examine le cinéma néo-poétique ukrainien et sa relation avec le PCI, en explorant les efforts visant à renouveler les approches pour parvenir à des expressions filmiques de l'indépendance, de l'« ukrainité » et de l'ancrage dans les spécificités nationales. Pour articuler le renouvellement des solutions esthétiques et stylistiques des oeuvres néo-poétiques au XXIe siècle, je passe d'abord en revue les principes caractéristiques des classiques du cinéma poétique ukrainien des années 1960. Fondé sur un intérêt pour le folklore, les traditions anciennes, les détails authentiques de la vie quotidienne, le cinéma poétique des « soixantards » (шістдесятники) était saturé de contenus profondément ambigus, il était engagé dans la poétisation et la mythologisation. Cette approche fait écho à la conceptualisation récente de la Convention de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Depuis le début des années 2000, nous assistons à un changement d'approche dans les techniques cinématographiques pour la recréation de mythes, de rituels, d'expressions esthétiques de la vie quotidienne et d'éléments ethnographiques colorés de la culture ukrainienne. Le film lui-même (au-delà du support physique) devient un patrimoine culturel (im)matériel.