Documents repérés
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371.Plus d’information
En décrivant la monnaie et les mots comme une système homologue qui constitue, transmet et change les valeurs, cet essai explore la période de formation de l'économie moderne, au moment où les écrivains du XVIe siècle luttaient pour la conceptualiser, et où Shakespeare mettait en scène ses principes de base.
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372.Plus d’information
Cet article porte sur John Hagee et son parcours pour devenir le dirigeant du groupe chrétien sioniste le plus grand et le plus médiatisé aux États-Unis et dans le monde, le Christians United For Israel (CUFI). Depuis 2006, ce pasteur s'est fait connaître du grand public à cause de son soutien inconditionnel à l'État hébreu. Comment Hagee en est-il arrivé à créer le plus grand groupe de pression chrétien sioniste qui existe de nos jours ? Comment est-il devenu l'ami d'Israël et ce chef de file si remarqué ? De quel milieu évangélique est-il issu ? Cet article veut ainsi comprendre comment un pasteur évangélique est devenu une figure politique médiatisée et comment il a pu rallier bon nombre d'évangéliques à le suivre dans son activisme pro-Israël. Hagee est une figure charismatique. Notre méthodologie se fonde sur des études de terrain, des entretiens et des observations.
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373.Plus d’information
Un des développements les plus importants dans le judaïsme américain du xxe siècle est la montée du judaïsme conservateur, une interprétation américaine distincte du judaïsme rabbinique. Le processus par lequel le judaïsme conservateur a émergé dans le judaïsme américain comme un mouvement clairement distinct de l'orthodoxie — qui lui-même émerge du judaïsme traditionnel des immigrants juifs — date essentiellement de la période 1920-1950. Le présent article est une étude de l'un des incidents marquants de cette émergence : le cas du rabbin Salomon Goldman et du Jewish Center [JC] de Cleveland, Ohio. Le rabbin Goldman a été l'instigateur des changements rituels et architecturaux dans sa congrégation qui sont devenus synonymes du judaïsme conservateur mais ces changements étaient contestés par des éléments traditionalistes au sein de la synagogue. L'affaire a été devant les tribunaux et a fait sensation aux États-Unis. Cet article se fonde sur des documents d'archives récemment découverts. Il contribue à une compréhension plus nuancée de l'émergence du judaïsme conservateur de l'orthodoxie au début du xxe siècle.
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375.Plus d’information
L'article s'intéresse aux autopathographies produites par Hannah Wilke et par Jo Spence inspirées par la lutte qu'elles ont toutes deux menée contre le cancer dans les années 80 et au début des années 90. Les deux artistes se sont tournées vers l'autopathographie pour réinventer leurs propres images corporelles, ainsi que l'image sociale de leur maladie. En examinant de près leurs productions, l'article décrit les stratégies esthétiques et politiques qu'elles emploient pour transmettre leur expérience. Wilke transforme activement son vécu souffrant en l'image d'un exosquelette blessé, où des marques réelles, ainsi que des signes construits autour de sa douleur sont exhibés sur son corps et par lui. Par cette transformation, l'artiste parvient à exprimer une position critique face aux préjugés culturels qui sont rattachés à (l'image de) sa maladie. Spence, pour sa part, crée une dialectique visuelle du sujet malade, où son image ne peut facilement être réduite aux statuts extrêmes de « victime » ou d'« héroïne ». L'image du sujet qui en émerge demeure dynamique et complexe, et échappe aux stéréotypes préjudiciaux. L'article se penche également sur la dimension performative impliquée dans toute autoreprésentation, et, plus précisément, dans les objets culturels liés à la maladie tels que les talismans et les ex-voto, qui sont décrits par Thierry Davila comme étant des « formes agissantes ». Les oeuvres de Wilke et Spence nous portent à réfléchir sur la lourde responsabilité qu'il nous faut assumer face aux oeuvres pathographiques et aux images de la souffrance.
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376.Plus d’information
La comparaison entre deux portraits de femmes réalisés en 1894 et 1896 permettra de mettre en lumière la problématique du présent travail, à savoir l'identité de l'artiste et celle du critique d'art. Le premier portrait, une estampe lithographique de l'artiste James McNeill Whistler imprimée par Thomas Way, est présente dans plusieurs collections, dont celles du British Museum, de la National Portrait Gallery à Washington et de la Library of Congress (fig. 1). Le second portrait, exemplaire unique réalisé au crayon par John Singer Sargent, est conservé à la National Portrait Gallery de Londres (fig. 2). De nombreux portraits de société de ce type, mettant en scène des modèles féminins américains et anglais, ont fait l'objet d'études qui révèlent comment les artistes aimaient à flatter ou à ridiculiser ces femmes. Elles étaient en effet perçues comme des icônes culturelles et leurs portraits pouvaient être interprétés, pour citer les mots d'un spécialiste, comme « la représentation de la vision des femmes par les hommes ». Toutefois, ce n'est pas tant la construction de la féminité à travers le regard de l'artiste qui est en jeu ici, que la manière dont ce regard renvoie à celui du modèle. On peut dire que ces deux portraits évoquent les thèmes de la production artistique et de la réception critique par le biais d'un jeu de miroirs entre l'artiste et son modèle.Il faut signaler que les deux femmes représentées dans ces portraits étaient des critiques d'art influentes qui vivaient et travaillaient à Londres à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Leur oeuvre critique a joué un rôle important dans la construction de l'image publique de Whistler et de Sargent, plaçant ces derniers au rang de références de l'art moderne britannique et américain. Il s'agit de l'Américaine Elizabeth Robins Pennells (1855–1936), critique à la Nation de New York et au Star de Londres, et d'Alice Meynell (1847–1922), critique au Weekly Register et à la Pall Mall Gazette. Le présent travail s'attachera à montrer comment les deux critiques mettent en scène l'identité publique de Whistler et de Sargent, tout en exposant les tensions inhérentes à la vie de ces artistes : celles opposant Londres et Paris, la Royal Academy et le New English Art Club, ainsi que l'art institutionnel et l'avant-garde.
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377.Plus d’information
Les feuilles imprimées et les pamphlets illustrés de gravures sur bois ont atteint un large public à l'époque de la Réforme en Allemagne, ralliant le sentiment populaire derrière les positions de Luther par la conjonction du texte et de l'image. Un important centre d'imprimerie qui s'était aligné sur la Réforme en 1525, Nuremberg constitue le lieu de cette étude. Celle-ci examine des illustrations d'Erhard Schoen et d'autres accompagnant les textes du « cordonnier-poète » Hans Sachs, publiée entre 1524 et 1527. Formulée dans son poème Le Rossignol de Wittenberg (1523), la méthode polémique de Sachs fut poursuivie dans une gravure anonyme qui clarifie l'allégorie animale où, motivés par leur cupidité et leur attachement aux biens de ce monde, les adversaires de Luther exploitent les pauvres. On analyse dans cet article quatre dialogues en prose de Sachs, accompagnés de gravures et parus en 1524 sous forme de pamphlets dont le complément graphique de Sebald Beham pour La dispute entre un chanoine et un cordonnier est représentatif. Cette illustration présente un ecclésiastique incapable d'interpréter la Bible et un cordonnier luthérien lui démontrant la supériorité de son discernement. Toutefois, Erhard Schoen devint l'illustrateur principal de Sachs durant cette période et dans des gravures sur bois pour feuilles imprimées datant de 1524, Schoen rend plus marqué la structure antithétique des textes de Sachs. Une autre stratégie et également une autre phase de la représentation était la personnification imbue d'allusions sociales subversives, exemplifiée dans une feuille allégorique de 1525 où une gravure de Peter Flettner nous montre la Raison cajoler un âne pour qu'il se libère de l'Usure et de la Tyrannie ainsi que de l'Hypocrisie cléricale. À un moment aussi crucial dans l'histoire européenne de telles productions ont popularisé les doctrines de Luther, lesquelles préconisaient le recours aux écritures et la justification par la foi, consolidant ainsi l'appui à la Réforme.