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621.Plus d’information
Les sociétés idéales imaginées par Francis Bacon et Margaret Cavendish emboîtent étonnamment le pas à l’Utopie de Thomas More lorsqu’elles éliminent la valeur monétaire de l’or pour la remplacer par une économie du savoir. La New Atlantis de Bacon (1627) et le Blazing World de Cavendish (1666) proposent de façon comparable la quête d’une nouvelle lumière et le refus du profit égoïste, du commerce privé, de l’accumulation du capital et de la consommation ostentatoire. Toutefois, à la différence de More, ils permettent que soit maintenue la valeur esthétique et symbolique de l’or, qui éclipse ainsi complètement sa valeur de monnaie d’échange. Cavendish utilise l’or pour construire et glorifier son univers flamboyant et pour créer d’étonnantes armes défensives, mais il ne peut être ni acheté, ni vendu, ni même gagné, puisqu’il est exclusivement impérial. Bacon limite l’usage de l’or à l’achat d’une nouvelle lumière, c’est-à-dire de la connaissance, et à l’hommage des familles florissantes en leur offrant de symboliques grappes de raisins en or, mais tout comme les Pères de la Maison de Salomon, cettes trois sociétés valorisent uniquement la connaissance bénéfique et les vertus de collaboration qu’enseignent leur religion nouvelle et améliorée afin de favoriser la paix universelle et la fraternité.
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622.Plus d’information
Mots-clés : Representation, Intersectionality, Identity, Asian/American, Game Studies, Webseries
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624.Plus d’information
Cet article considère l'expérience afro-caribéenne à Toronto au début du vingtième siècle. L'analyse se concentre sur l'identification des processus de création de la diaspora ainsi que ses pratiques afin d'étudier la circulation de discours communautaires, nationaux et raciaux entre différents sites et à travers les frontières. L'éclairage de la tension entre l'expérience locale et la conscience de l'appartenance à la diaspora permet d'enquêter sur la manière dont les identités migrantes sont constituées, contestées et re-formulées. Se faisant, l'analyse évalue l'influence de différentes frontières (nationale, culturelle, sociale) sur la constitution d'identités trans-locales et transnationales. Construit à partir de récits individuels, cet article identifie les principaux traits, institutions, processus et pratiques qui définissent l'expérience afro-caribéenne à Toronto et qui informent les relations de cette communauté locale avec les diasporas noires et caribéennes mondiales. Les facteurs clefs de la construction identitaire sont, entre autres, l'expérience de la discrimination, le marché du travail, la sociabilité, ainsi que des organismes comme l'Universal Negro Improvement Association de Marcus Garvey. Cet article s'inscrit pleinement dans une dialectique entre le global et le local. Il « localise la diaspora », afin de démontrer l'importance de différentes frontières dans la création de réseaux migrants et la construction identitaire au sein de la diaspora.
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625.Plus d’information
Nous analysons dans cet article l'autocensure et la censure présentes dans l'oeuvre d'Inazo Nitobe, Bushido : The Soul of Japan, ainsi que dans quatre de ses traductions. Dans ce qui est probablement sa publication la plus connue à l'échelle internationale, le célèbre essayiste et diplomate japonais Inazo Nitobe (1862-1933) joue le rôle de médiateur interculturel entre l'Orient et l'Occident en exportant les valeurs et les concepts du bushidō, la voie du samouraï. Nitobe appartenait à une grande famille de samouraïs, mais se convertit au christianisme, épousa une jeune femme quaker de Philadelphie et acquit la plus grande partie de sa formation universitaire aux États-Unis et en Europe. Dans Bushido, il tente courageusement de traduire pour l'Occident le code éthique des samouraïs, mais sa volonté d'établir des liens étroits avec les valeurs chrétiennes le conduit à idéaliser la caste des samouraïs et à christianiser, en quelque sorte, les valeurs et les enseignements de celle-ci. À travers son livre, Nitobe souhaitait faire connaître la valeur de la culture japonaise afin qu'elle soit acceptée par les Occidentaux, notamment les habitants de Philadelphie du début du XXe siècle.Le texte original est en langue anglaise, qui n'est pas la langue maternelle de l'auteur et peut donc être étudié en tant qu'autotraduction, ce qui implique une certaine autocensure. En effet, lorsqu'il écrit dans une langue étrangère, un auteur est en quelque sorte amené à filtrer ses émotions et son mode d'expression. Il est, certes, limité dans sa capacité d'expression, mais, en même temps, il peut faire preuve d'une plus grande empathie pour l'autre culture. En outre, il est plus conscient de ce qu'il veut dire et ne pas dire pour que son oeuvre soit bien reçue par ses lecteurs potentiels.Les quatre traductions que nous analysons sont, dans un ordre chronologique, celles de Gonzalo Jiménez de la Espada (1909, en espagnol), de Charles Jacob (1927, en français), de Yanaihara Tadao (1938, en japonais) et du général franquiste José Millán-Astray (1941, en espagnol). Une étude descriptive diachronique de la traduction des références culturelles montre que ces quatre versions illustrent d'une manière exemplaire comment la manière de traduire et le lien qui existe entre le contexte, l'avant-texte et le texte (Widowson, 2004) changent selon l'époque, de même que la visibilité et l'invisibilité du traducteur (Venuti, 1995). Nous utilisons pour notre travail la théorie du skopos, certains aspects de la théorie du polysystème, notamment ceux qui concernent l'idéologie et la censure, ainsi que l'étude de la traduction entre langues et cultures éloignées.Notre analyse des quatre traductions nous permet de montrer que la manipulation – ou l'autocensure – des références culturelles du texte original est particulièrement évidente dans les périodes de conflit, comme l'illustrent la traduction japonaise de 1938 et la traduction espagnole de 1941. Notre objectif est finalement de démontrer comment le contexte/l'avant-texte peuvent conduire le traducteur à manipuler et censurer le texte original, si bien que le skopos de Nitobe est complètement occulté dans les traductions.
Mots-clés : bushidō, author/translator, ideology, Orientalism, Nihonjinron, bushidō, auteur/traducteur, idéologie, Orientalisme, Nihonjinron
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627.Plus d’information
Mots-clés : Border, nation-state, nation-statism, violence, colonization, racialization
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629.Plus d’information
RÉSUMÉLes conceptions actuelles sur l'Inlandsis de la Cordillère sont le résultat des observations et des conceptions de plusieurs générations de chercheurs en sciences de la Terre. Les limites glaciaires de la Cordillère ont été établies dès la deuxième moitié du XIX* siècle par les explorateurs et les naturalistes, notamment G. M. Dawson, R. G. McConnell et T. C. Chamberlin. Au tournant du siècle, on connaissait la configuration générale de l'Inlandsis de la Cordillère, mais les causes de la glaciation et la dynamique de l'inlandsis étaient mal connues. Cette première période d'exploration et de découvertes a été suivie par une période de transition, de 1900 à 1950 environ, durant laquelle on a pu expliquer une grande variété de formes et de dépôts glaciaires et élaborer des modèles du développement et de la disparition de l'Inlandsis. Peu après la Deuxième Guerre mondiale, les recherches sous tous les aspects de la glaciation dans la Cordillère ont connu un essor considérable et elles ont toujours maintenu leur rythme depuis. Une partie des recherches a été consacrée à la connaissance spatiotemporelle de l'Inlandsis. On a pu ainsi reconstituer les fluctuations locales et régionales grâce aux études stratigraphiques et sédimentologiques appuyées par différentes techniques de radiochronologie, notamment le radiocarbone. Par la compilation des différentes directions des écoulements glaciaires, on a démontré que l'Inlandsis constituait un amas de glaciers coalescents qui s'écoulaient en un réseau complexe à partir de nombreuses sources en montagne. Durant cette même période, les recherches en de nombreuses autres disciplines ont commencé ou progressé: glaciologie, sédimentologie des processus, géomorphologie, paléoécologie et géologie marine. Actuellement, avec l'aide des ordinateurs, on tente d'élaborer des modèles quantitatifs en se fondant sur les données géologiques accumulées par les générations précédentes de scientifiques.
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630.Plus d’information
Les événements historiques qualifiés de « Cygnes Noirs » ont généralement cristallisé dans leur sillage des ensembles de signes très lourdement connotés. C'est le cas des signes nazis, aujourd'hui chargés de l'horreur indicible du génocide des Juifs européens qui a dû être constatée par le monde entier à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dans Maus d'Art Spiegelman, l'auteur raconte l'histoire de son père, survivant de l'Holocauste, et incorpore pour ce faire ces signes dans la matière visuelle de son oeuvre. La présente étude cherche à porter un regard sur les modalités et les fonctions de la récupération et de la réinscription polysémique des symboles et des icônes du Troisième Reich dans la version complète en deux volumes de l'oeuvre (Maus : A Survivor's Tale, 1992). Cette analyse se veut ainsi une contribution aux travaux existants sur Maus qui s'intéressent non seulement à l'histoire qui y est relatée, mais aux spécificités du médium par lequel elle est racontée, en prenant pour objet la présence dans l'oeuvre de Spiegelman de signes qui ont été utilisés par le régime nazi et la façon dont ils sont modulés par le médium de la bande dessinée. L'analyse proposée ici de l'éclatement et de la dissémination de ces signes dans l'espace textuel et paratextuel (notamment les éléments du drapeau nazi) s'appuie par ailleurs sur certaines propositions d'études récentes qui portent sur la transmission de la mémoire d'un traumatisme collectif.