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632.Plus d’information
RÉSUMÉLes conceptions actuelles sur l'Inlandsis de la Cordillère sont le résultat des observations et des conceptions de plusieurs générations de chercheurs en sciences de la Terre. Les limites glaciaires de la Cordillère ont été établies dès la deuxième moitié du XIX* siècle par les explorateurs et les naturalistes, notamment G. M. Dawson, R. G. McConnell et T. C. Chamberlin. Au tournant du siècle, on connaissait la configuration générale de l'Inlandsis de la Cordillère, mais les causes de la glaciation et la dynamique de l'inlandsis étaient mal connues. Cette première période d'exploration et de découvertes a été suivie par une période de transition, de 1900 à 1950 environ, durant laquelle on a pu expliquer une grande variété de formes et de dépôts glaciaires et élaborer des modèles du développement et de la disparition de l'Inlandsis. Peu après la Deuxième Guerre mondiale, les recherches sous tous les aspects de la glaciation dans la Cordillère ont connu un essor considérable et elles ont toujours maintenu leur rythme depuis. Une partie des recherches a été consacrée à la connaissance spatiotemporelle de l'Inlandsis. On a pu ainsi reconstituer les fluctuations locales et régionales grâce aux études stratigraphiques et sédimentologiques appuyées par différentes techniques de radiochronologie, notamment le radiocarbone. Par la compilation des différentes directions des écoulements glaciaires, on a démontré que l'Inlandsis constituait un amas de glaciers coalescents qui s'écoulaient en un réseau complexe à partir de nombreuses sources en montagne. Durant cette même période, les recherches en de nombreuses autres disciplines ont commencé ou progressé: glaciologie, sédimentologie des processus, géomorphologie, paléoécologie et géologie marine. Actuellement, avec l'aide des ordinateurs, on tente d'élaborer des modèles quantitatifs en se fondant sur les données géologiques accumulées par les générations précédentes de scientifiques.
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633.Plus d’information
Les événements historiques qualifiés de « Cygnes Noirs » ont généralement cristallisé dans leur sillage des ensembles de signes très lourdement connotés. C'est le cas des signes nazis, aujourd'hui chargés de l'horreur indicible du génocide des Juifs européens qui a dû être constatée par le monde entier à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Dans Maus d'Art Spiegelman, l'auteur raconte l'histoire de son père, survivant de l'Holocauste, et incorpore pour ce faire ces signes dans la matière visuelle de son oeuvre. La présente étude cherche à porter un regard sur les modalités et les fonctions de la récupération et de la réinscription polysémique des symboles et des icônes du Troisième Reich dans la version complète en deux volumes de l'oeuvre (Maus : A Survivor's Tale, 1992). Cette analyse se veut ainsi une contribution aux travaux existants sur Maus qui s'intéressent non seulement à l'histoire qui y est relatée, mais aux spécificités du médium par lequel elle est racontée, en prenant pour objet la présence dans l'oeuvre de Spiegelman de signes qui ont été utilisés par le régime nazi et la façon dont ils sont modulés par le médium de la bande dessinée. L'analyse proposée ici de l'éclatement et de la dissémination de ces signes dans l'espace textuel et paratextuel (notamment les éléments du drapeau nazi) s'appuie par ailleurs sur certaines propositions d'études récentes qui portent sur la transmission de la mémoire d'un traumatisme collectif.
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635.Plus d’information
RésuméAu cours de la première moitié du vingtième siècle, la réputation de l'Ojibwa Fair Wind (Naamiwan), guérisseur et chef spirituel vivant le long de la rivière Berens, qui s'écoule entre le Manitoba et le nord-ouest de l'Ontario, prit un un essor considérable. C'est dans les années 1930 qu'il fit la connaissance de l'anthropologue américain A. Irving Hallowell dont les écrits et les photographies attirèrent pour la première fois notre attention sur sa vie et sur la signification d'un rituel du tambour particulier, originaire du Minnesota des années 1870s. Ce portrait de la vie de Fair Wind utilise les souvenirs de ses descendants de même que les notes laissées par Hallowell, par les nombreux missionnaires, trafiquants de fourrures, et autres personnes qui visitèrent la région durant sa longue vie (1851-1944) pour étudier la nature de son autorité religieuse.
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637.Plus d’information
Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) était considéré par ses contemporains comme le poète national de la France; aux États-Unis on apprécia tout particulièrement sa défense de la Révolution et du peuple. Déjà en 1831 un critique américain voyait dans le patriotisme de Béranger et sa lutte pour la liberté la source d'une poétique nationale américaine. Des éditeurs importèrent ses oeuvres en langue française et en publièrent des traductions en langue anglaise, sous différents formats et à différents prix, bien que la barrière linguistique et culturelle fasse parfois obstacle à l'intelligibilité de ses textes subversifs et scandaleux. En refusant de traduire Béranger, Lambert Sauveur, pionnier de la méthode directe de l'enseignement de langues, plongea ses élèves dans un discours sur les origines chrétiennes du socialisme et une défense de la Commune de Paris. Que Béranger figure dans certains recueils érotiques de la fin du siècle n'empêcha pas sa voix de résonner après 1900 et d'inspirer les radicaux du xxe siècle.
Mots-clés : Translation, national poetry, song, politics and literature, Pierre-Jean de Béranger, Traduction, poésie nationale, chanson, politique et littérature, Pierre-Jean de Béranger
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638.Plus d’information
Max Liebermann est surtout connu comme peintre naturaliste/impressionniste. Il était également un écrivain passionné : Die Phantasie in der Malerei (L'Imagination dans la peinture) est l'expression la plus développée de sa théorie de l'art. Au tournant du XXe siècle, les écrits allemands sur l'art ont souvent opposé le naturalisme français à l'idéalisme allemand. Liebermann tente de concilier ces oppositions en proposant une théorie de l'art qui rejette ce qu'il considère comme des catégories absolues, telles que le naturalisme et l'idéalisme, et les remplace par ce qu'il estime être des termes relationnels, tels naïf et sentimental (découlant de Schiller). Cet essai discute du rapport de la théorie de l'art de Liebermann à sa pratique à travers une analyse de son tableau L'Atelier (1902) et de la relation de celui-ci avec Las Meninas de Velázquez. De même que la théorie d'Erwin Panofsky sur l'Idée dans l'art et l'analyse de la théorie de l'argent de Georg Simmel, la théorie de l'art de Liebermann s'articule sur le rapport entre la distance et la présence. L'enjeu pour ces écrivains est la compréhension du relationnel comme une caractéristique fondamentale de la subjectivité moderne.
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639.Plus d’information
Dans toute agglomération polyethnique, l'impact de la participation sociale sur l'identité du groupe s'avère être un facteur critique dans la survivance d'une minorité ethnique. Puisque l'identité est formée et maintenue par un processus d'interaction, la participation sociale, qu'elle se situe à l'intérieur ou à l'extérieur des limites ethniques, peut favoriser la conservation ou la dissolution de l'identité ethnique. L'image du Soi est façonnée par ces personnes et ces groupes avec lesquels les membres d'une minorité ethnique « participent fréquemment et partagent d'étroites similitudes de comportement ». D'autres ont déjà appelé ce processus, « l'identification participationnelle ».L'appartenance à un groupe qui s'identifie lui-même comme tel et qui est identifié de la même façon par les autres caractérise le groupe ethnique. Une telle identité ethnique comprend non seulement la conscience de la communauté d'origine, de tradition, de langue et de culture, mais aussi une conception de ce qu'on représente aux yeux de la population environnante.Quoiqu'éprouvée d'une manière subjective, la conscience d'une identité ethnique ne se développe que par l'interaction sociale à l'intérieur des structures institutionnelles et des organisations communautaires de la société d'origine.La conscience d'une identité commence au sein de la famille ; elle est ensuite renforcée par l'interaction sociale à l'intérieur du contexte plus vaste de la communauté et se maintient grâce à une participation soutenue dans les structures sociales communautaires. Les modèles de participation traduisent l'ensemble des croyances, des valeurs et des buts communs aux membres de la communauté ou de la société et se manifestent extérieurement dans les rôles et statuts sociaux qui constituent le genre de vie particulier de la société. Une telle participation est un phénomène social essentiel à la formation et au maintien de l'identité ethnique.
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640.Plus d’information
Le 26 mai 1938, le Congrès américain crée le Special House Committee on Un-American Activities (SCUAA), mieux connu sous le nom de Commission Dies. De 1938 à 1944, le SCUAA a le mandat d'enquêter sur la subversion antiaméricaine d'extrême droite et d'extrême gauche. En nous appuyant sur les rapports du SCUAA, les archives personnelles de Martin Dies et certains journaux de l'époque, notamment, nous proposons d'analyser le regard de cette commission d'enquête sur les mouvements d'extrême droite américains. À cet effet, nous nous pencherons sur quatre cas en particulier, soit ceux du German-American Bund, des Black Shirts Legion italo-américaines, du Ku Klux Klan et du père Charles E. Coughlin. Le texte qui suit tend à démontrer que la perception de la commission Dies à l'égard des organisations extrémistes n'est pas uniforme, ce qui nous incite à avancer que le regard « antiaméricain » à l'endroit de la droite radicale américaine est surtout le fait de l'influence étrangère, soit celle du nazisme et du fascisme.
Mots-clés : États-Unis, Commission Dies, Congrès américain, Chambre des représentants, Extrême droite, Nativisme, Nazisme, Special Committee on Un-American Activities