Documents repérés
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424.Plus d’information
Nous proposons ici une étude des objets élaborés avec les matières osseuses. Cette étude est placée dans la perspective de la dynamique évolutive et culturelle générale du Néolithique du VIe au IV millénaire avant J.-C. en Europe tempérée. L'examen de mobiliers osseux inédits, provenant d'habitats et de sépultures, combiné aux données de l'élevage et de la chasse, tente de cerner l'ensemble des ressources, matérielles comme idéelles, que l'exploitation animale fournit entre le Rubané, le Michelsberg et le Chasséen. Une fois structuré, cet ensemble de données conduit à observer un transfert de la sphère matérielle à l'idéel concernant la chasse, et ce à mesure que la société s'enracine dans la domestication. Autrement dit, l'économie se renforce dans l'exploitation des ressources animales domestiques de manière assez forte pour influencer l'architecture de l'habitat ; c'est du moins l'idée que défend cet article. En parallèle, la chasse devient un facteur emblématique et socialement valorisant qui, à son tour, influence les pratiques funéraires et, vraisemblablement aussi, ébranle les fondements de la structure sociale qui avait cours jusqu'alors. Ce transfert, qui se produit sur un vaste territoire, de l'ouest européen jusqu'aux confins de l'Europe centrale, possède indéniablement une certaine prégnance dans l'évolution du Néolithique de cette aire. Son origine sociologique paraît s'imposer, offrant matière à réviser le processus de la néolithisation grâce à des arguments tout à fait différents de ceux qui sont habituellement considérés pour ce sujet. Le recyclage de la pratique concrète de la chasse vers l'idéel est interprété comme le résultat de l'interaction de deux entités culturelles bien dissociées. En schématisant, l'une, ayant la culture de la chasse, serait d'origine mésolithique ; l'autre, ayant la culture des animaux domestiques, serait originaire des colons néolithiques. La situation est en fait bien plus compliquée car les « Mésolithiques » pratiqueraient l'élevage tandis que les « Néolithiques » chassent. L'interprétation proposée est fondée sur l'évolution de la pratique cynégétique et une certaine « spécialisation » de celle-ci sur une espèce donnée, le cerf, auquel est conféré un statut très particulier. Considérant ce nouvel argument, on aboutit à penser qu 'une période de cohabitation sans mélange (ou très peu) entre les deux entités sociales serait possible tout au long du Rubané et au sein des villages de cette culture. Les deux entités en présence se manifesteraient en habitant des maisons de tailles différentes et en mangeant des viandes spécifiques. Ces différences, très subtiles sur le plan matériel et difficiles à détecter, masquent en fait des pratiques alimentaires et des habitus profondément différents, qui maintiennent une distinction sociale forte entre elles. La cohabitation presque sans mélange de ces deux entités sociales au cours du Rubané pourrait laisser la place à un premier épisode de fusion à la fin de cette culture ; cette hypothèse explicite la fin du Rubané qui est en même temps la fin de la vivacité de la composante mésolithique déjà intégrée dans les villages de cette culture. Un vrai mélange culturel sinon « ethnique » pourrait se produire ensuite au sein d'une organisation et d'une structure économique dans la logique du Néolithique tandis qu 'il s'approprie certaines des valeurs sociales des chasseurs-cueilleurs. À partir de là, des épisodes de fusion cycliques entre ces deux cultures se succéderaient, liés à l'expansion territoriale du Néolithique. Ce phénomène possède encore vraisemblablement une suite jusque dans les dernières étapes du Néolithique. Le dernier de ces épisodes, ou parmi les derniers, pourrait être une des origines du processus de « chalcolithisation ».
Mots-clés : European Neolithic, bone industry, bone ornaments, bone antler, teeth, use of tools, symbolic traits., symbolique., Néolithique européen, industrie en matières osseuses, parure en matières osseuses, os, bois de cerf, dent, fonction des outils
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425.Plus d’information
Un site de plaine alluviale de la basse vallée de la Marne a pu être suivi de façon exceptionnelle sur soixante-dix hectares entre 1995 et 2004 dans la carrière Cemex, qui exploite des granulats dans le double méandre d’Armentières en amont de Meaux. Cette fouille extensive préventive a révélé une multitude de traces d’occupations discontinues depuis le Ve millénaire av. J.-C. jusqu’au IVe siècle ap. J.-C. Parmi elles, dix tombes furent fouillées et attribuées au Néolithique moyen II. Ce type de vestige, encore rare dans la moitié nord de la France, fait ici l’objet d’une présentation détaillée suivie d’une synthèse replaçant le site de Changis dans le contexte du Néolithique moyen régional.
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