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Avec la reconnaissance en 2003 des droits autochtones de la communauté métisse de Sault-Sainte-Marie, en Ontario, partie intégrante de l'espace francophone historique ontarien, la Cour suprême du Canada a créé une onde de choc ressentie tous azimuts à l'échelle du pays. Non seulement cette décision a-t-elle encouragé la mobilisation métisse et engendré une pléiade de causes juridiques nouvelles, elle a aussi profondément bouleversé l'image du Métis aux yeux des Canadiens – laquelle image collait jusque-là essentiellement aux provinces de la Prairie – et jette ainsi un éclairage nouveau sur les phénomènes culturels et migratoires qui peuplent l'histoire de la francophonie canadienne. Pourtant, cette décision n'est rien d'autre que la reconnaissance juridique de plusieurs décennies de recherche fondamentale en ethnogenèse, un champ d'études justement né du besoin de traiter cette « myopie de la rivière Rouge » qui affectait les études métisses depuis longtemps. À la suite de ce jugement, on assiste toutefois à un changement de situation qui n'est pas sans soulever quelques inquiétudes. Dans les cours de justice, la recherche fondamentale est largement remplacée par une démarche scientifique qui vise avant tout à répondre à ce qu'on appelle maintenant le « test Powley ». La communauté de Sault-Sainte-Marie est en quelque sorte devenue le modèle métis par excellence, faussant ainsi largement la vision de la diversité du fait métis et, avec lui, de la francophonie. C'est sur ces prémisses que s'appuie le regard critique que nous posons ici sur l'intégration récente des études métisses dans l'univers juridique. Nos arguments reposent en bonne partie sur notre expérience en tant que témoin expert pour les intimés dans la cause Corneau au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
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