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431.Plus d’information
RésuméLes rapports de la ville et du goût ont peu fait l'objet de recherche. Afin de contribuer à ouvrir ce chantier de réflexion, trois pistes principales sont explorées. La première s'interroge principalement sur la manière dont les villes, pour des raisons historiques, géographiques et culturelles, auraient développé des « savoriels » propres c'est-à-dire des systèmes de saveurs uniques qui seraient en quelque sorte leur signature. La seconde piste tente de montrer en quoi l'amour de la bonne chère à Montréal a des effets réels sur l'aménagement du temps et de l'espace urbains. Enfin, dans une perspective prospective, nous entrevoyons un accroissement des relations entre la ville et le goût, notamment à travers le développement de circuits gourmands, l'affirmation de villes-jardins comme nouveaux centres de production de nourriture et la création de nouvelles institutions consacrées au goût.
Mots-clés : Lemasson, ville, goût, Montréal, circuits, gastronomie, cosmopolite, ville-jardin, Lemasson, city, taste, gastronomy, Montréal, circuit, cosmopolitan, garden city, Lemasson, ciudad, gusto, gastronomía, cosmopolíta, ciudad-jardín
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434.Plus d’information
À partir du dépouillement de la revue Socialisme (1964-1974), cet article propose d'examiner où et comment, à travers la mutation discursive qui s'y effectue au fil des numéros, apparaissent graduellement dans le discours dominant de la gauche québécoise les traces d'un discours marxiste proprement québécois susceptible de répondre de la question nationale. Il s'agit de comprendre comment l'invention d'un marxisme québécois, au plus fort de la fièvre révolutionnaire des décennies 1960 et 1970, soumis aux aléas d'une horde d'excitateurs syndicalistes et réformistes en crise identitaire, a pu paraître salutaire et sympathique à la bonne résolution de la question québécoise.
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435.Plus d’information
Depuis la fin de la décennie 1980, la régionalisation de l'immigration est devenue une des préoccupations de l'État, celui-ci souhaitant une distribution spatiale plus équilibrée de l'immigration. À partir de l'historique de cette politique et de son évolution (1987-1996), l'auteure amorce une première analyse critique, relevant tant les objectifs sous-jacents que les notions et stratégies centrales. Elle dégage l'interrelation d'enjeux multiples, aussi bien territorial que démographique, politique et économique. Située dans le contexte de mondialisation de l'économie, de restructuration néo-libérale et de crise globale de l'État, l'analyse s'attarde aux notions de décentralisation et de partenariat, centrales dans la politique, afin de saisir le sens de ce nouveau mode de régulation étatique de l'immigration. Certaines ambiguïtés et limites sont soulignées, notamment quant au rôle de l'État dans le développement global des régions, au pouvoir des acteurs locaux et au statut des noyaux régionaux de communautés culturelles.
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436.Plus d’information
Dans cet article, l'auteur dresse un véritable bilan historique et critique des activités d'alphabétisation au Québec. Initiatives privées puis gouvernementales ont progressivement institutionnalisé le « problème » de l'anaphabétisme puis les interventions réductrices de ce phénomène désormais défini comme « problème ».Après avoir situé les principaux projets et programmes qui ont été développés au cours de la dernière décennie, caractérisé statistiquement la population analphabètes, identifié les diverses formes de services d'alphabétisation développés en fonction de la diversité des populations et des milieux institutionnels, l'auteur s'interroge sur la performance de ces interventions. Et il conclut que les résultats sont bien maigres sinon dérisoires.Mais alors, pourquoi s'acharner à alphabétiser ? L'efficacité de l'alphabétisation, au-delà de son échec, ne serait-elle pas à rechercher dans l'effet accru de dépendance à la langue et à son pouvoir qui réalise le plus fort consensus qu'un État puisse espérer ?
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438.Plus d’information
Cet article a pour objectif d'examiner l'expérience du fardeau de la représentation telle qu'elle est vécue par les porte-parole engagé·es au sein de la lutte contre le racisme au Québec. Les entrevues semi-dirigées menées avec une quinzaine de ces militant·es ont révélé les sentiments mitigés qu'ils et elles entretiennent envers leur fonction et qui se manifestent à travers le lexique de la charge et du fardeau. Selon les littératures critiques de la représentation et des affects, cette sensation de fardeau ne découlerait pas d'un ressenti individuel et isolé. Elle résulte, en partie, de l'économie de la représentation minorisée et racialisée qui « rationne » les accès aux espaces de visibilité et de pouvoir en limitant entre autres les ressources disponibles aux personnes racisées, et restreint les modalités de leur apparence dans les espaces publics. Par conséquent, afin de mieux faire sens de l'expérience affective de la représentation racialisée vécue par les porte-parole, le cadre théorique adopté dans cet article appréhende la racialisation comme un processus affectif produit de relations et de rencontres, et les affects comme des pratiques sociales et culturelles situées inscrites dans des rapports de pouvoir. Les affects sont également appréhendés suivant une approche décoloniale qui tient compte de l'asymétrie des normes affectives et – par ricochet – des performances affectives qui peuvent être attendues ou exigées des porte-parole de l'antiracisme. L'analyse des entretiens semi-dirigés à travers le prisme des affects a permis d'identifier quatre pratiques affectives mises en oeuvre par les porte-parole : de sensibilisation, d'adaptation, de protection et de contestation. Ces différentes pratiques affectives sont à la fois complémentaires et en tension. Elles sont complémentaires parce qu'elles sont employées par les porte-parole à des moments différents selon la situation et les exigences de leur travail de représentation. Elles sont également en tension, parce qu'elles révèlent une ambivalence des porte-parole vis-à-vis leur rôle : entre d'un côté ce qu'ils et elles considèrent être leur rôle de médiateur·rices et de traducteur·rices et leur volonté de bousculer le statu quo et les « règles du sentiment » dominantes. En examinant ces pratiques affectives de racialisation, cet article amène un éclairage sur les processus par lesquels la racialisation et le déni du racisme (re)façonnent les exigences affectives du travail de porte-parole et incite, par conséquent, à repenser les pratiques affectives de la représentation politique antiraciste.
Mots-clés : fardeau, représentation, racialisation, affects, pratiques, porte-parole, antiracisme, burden, representation, racialization, affect, practices, spokesperson, antiracism
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439.Plus d’information
L'objectif de cet article est d'évaluer et d'analyser le potentiel commercial des pays de la CEMAC selon l'approche de l'intégration économique par le marché. Pour y parvenir, nous adoptons une démarche en plusieurs étapes. Après une analyse des faits stylisés, un modèle de gravité est appliqué et estimé selon plusieurs variantes pour évaluer les déterminants des échanges commerciaux. Les résultats obtenus sont ensuite utilisés pour le calcul du potentiel commercial communautaire. Nous parvenons aux principaux résultats suivants : (i) les faits stylisés montrent que les pays de la CEMAC sont faiblement intégrés commercialement, extravertis et hétérogènes; (ii) les coefficients des variables traditionnelles du modèle de gravité sont globalement de signes attendus; (iii) le faible niveau de revenu par habitant et surtout la faible diversification productive réduisent fortement le potentiel commercial dans la sous-région; (iv) des épisodes de création d'échanges, quoiqu'à un niveau faible, apparaissent, notamment dans les flux bilatéraux du Cameroun avec les autres États membres.