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501.Plus d’information
La représentation de l'opium dans les arts visuels occidentaux semble bien assujettie au signifiant flottant du pharmakon de Platon dont le sens peut facilement s'inverser et devenir remède bénéfique ou poison maléfique. De remède universel avec la thériaque, la polypharmacie à base d'opium qui fonctionnera jusqu'au XVIIIe siècle, en passant par les sirops contre la toux pour les enfants, la valeur médicinale de l'opium fera d'abord l'enjeu des représentations visuelles pour, par la suite, verser dans un univers onirique ou l'opium devient une médication du spleen. De l'exotisme à l'érotisme, les rêves opiacés des fumeurs renvoient à un Orient fantasmé que les artistes auront plaisir à figurer. De la conception d'un empoisonnement exquis au remède pernicieux, le motif de l'opium dans la peinture marque une fascination pour cette drogue et fournit des prétextes aux artistes pour élaborer des dispositifs formels savants en vue d'impliquer le spectateur et de suggérer les expériences sensorielles du fumeur.Notre contribution porte sur les images et les motifs figuratifs privilégiés par les artistes pour représenter l'opium, les fumeurs et les fumeries d'opium. Il s'agit d'interroger les thèmes traités, entre autres, les lieux du monde de l'opium, mais aussi l'atmosphère de rêverie, de langueur, que la représentation du fumeur, arrimé à sa pipe, expose, tel un voyageur dans un paradis illicite. À travers divers médiums graphiques et picturaux, provenant tant de l'histoire de la médecine que de l'illustration populaire, en passant par les oeuvres orientalistes du XIXe siècle, notre analyse tente de comprendre les stratégies figuratives mises en place par les artistes afin de mieux saisir les enjeux socioculturels attachés à l'opium.
Mots-clés : arts visuels, opium, thériaque, morphine, dispositifs formels, visual arts, opium, theriaca, morphine, formal arrangements, artes visuales, opio, triaca, morfina, dispositivos formales
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503.Plus d’information
À partir d'entretiens avec quinze magistrats, de multiples observations d'audiences à Paris et à Lyon dans les juridictions économiques et financières, cet article issu de mon mémoire de master 2 vise à montrer comment les réformes de la justice française (développement des alternatives à l'audience correctionnelle, introduction d'une rationalité managériale) donnent lieu à une gestion différentielle des illégalismes au sein de la justice pénale des affaires. Celle-ci trouve son principe non plus dans une inégalité inscrite dans la loi, mais aussi, et surtout dans la pratique des magistrats spécialisés. La gestion différentielle des i l légalismes repose désormais sur une individualisation de la peine qui est le support de l'application d'un pouvoir disciplinaire pour les plus modestes, et le moyen d'une négociation des conditions de la sanction pour les classes dominantes. Cette gestion des illégalismes trouve sa source dans les pratiques des magistrats en matière de gestion et de négociation présentées comme des palliatifs aux lenteurs de la justice et à l'impunité des puissants. Si les illégalismes dominants entrent dans le giron de la justice pénale, les plus dotés se ménagent des espaces d'exception, qui leur permettent parfois même de tirer profit de leurs contacts avec l'institution judiciaire.
Mots-clés : Délinquance économique et financière, gestion différentielle des illégalismes, délinquance en col blanc, sociologie de la justice, sociologie du droit, Economic and financial delinquency, differential handling of illegalisms, white-collar crime, sociology of justice, sociology of law
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504.Plus d’information
Les mouvements citoyens liés à des problématiques socio-écologiques prennent de plus en plus d'ampleur à travers le monde : dans les « Nords » et dans les « Suds », des personnes et des communautés luttent contre des projets miniers, contre la construction de mégaprojets, pour le développement d'une agriculture urbaine et responsable, contre les inégalités générées par les changements climatiques, etc. Qu'ils soient historiques ou contemporains, cet article examine ces mouvements en s'attardant à l'évolution de leurs revendications. De réactive et basée sur des cas locaux d'exposition disproportionnelle aux problèmes environnementaux, la justice environnementale est devenue également proactive, de plus en plus transnationale et, dans certains cas, holistique. Je me penche également sur le courant de l'écologisme populaire et sur ses liens avec la justice environnementale. J'explore ensuite les fondements théoriques de la justice environnementale, ce qui permet d'identifier un cadre pertinent en la matière au regard des mobilisations contemporaine. J'analyse enfin le concept d'écocitoyenneté, présentant une typologie en la matière, en me basant sur une recension exhaustive de la littérature scientifique et sur l'étude des écocitoyennetés construites par des apprentis jardiniers en contexte communautaire. Il apparaît que la forme d'écocitoyenneté à la fois participative et critique contribue particulièrement à la justice environnementale.
Mots-clés : justice environnementale, justice alimentaire, écocitoyennetés, mouvements citoyens, écologisme des pauvres, écologisme populaire, extractivisme, mouvements sociaux, zones à défendre, ZAD, typologie, environmental justice, food justice, ecocitizenships, citizen movements, environmentalism of the poor, popular environmentalism, extraction, “zones to defend”, ecocitizenship typology
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509.Plus d’information
Les menaces qui pèsent sur la biodiversité conduisent à réfléchir sur le sens accordé au potentiel invasif d'espèces exogènes et aux modalités de leur gestion. La déconnexion des citadins de la nature complexifie les relations humains-non humains que nous invitons à penser en termes d'anthropologie multispécifique. Celle-ci interroge les formes de cohabitation du vivant et nous conduit à examiner les arbitrages concernant l'accueil ou l'exclusion d'espèces jugées envahissantes. Nous avons étudié les tortues exotiques présentes dans deux parcs de Strasbourg avec une double approche naturaliste et ethnologique. Plus de 60 individus de huit espèces de tortues exotiques ont été repérés au cours des étés 2017 et 2018. Les avis partagés sur la pertinence de leur présence révèlent un embarras certain des 87 informateurs. Les tortues représentent un facteur d'attraction et de reconnexion avec la nature, mais leur exotisme interroge ou inquiète. Il invite à confronter les valeurs qui leur sont attribuées pour reconsidérer les modalités de gestion de nos milieux. Une fois que les usagers des parcs sont informés par l'enquêteur sur l'origine et le potentiel envahissant en milieu naturel, la plupart préconisent l'extraction des individus vers des espaces dédiés, mais la perspective de leur destruction est globalement rejetée. L'analyse fine laisse pointer des postures nuancées ou perplexes sur la légitimité des humains à gouverner la nature. Plus largement, ce sont les rapports des urbains à la nature et à l'altérité que ces tortues permettent d'interroger.
Mots-clés : tortues exotiques, nature en ville, espèces exotiques envahissantes, ethnobiologie, parcs urbains, gestion des espaces publics, représentations populaires, exotical turtles, urban nature, invasive species, ethnobiology, urban green parc, management of public areas, popular representations
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