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32.Plus d’information
Agités, opposants, turbulents ; les tumultes intérieurs de l'adolescence transcendent parfois les difficultés « classiques » de l'émergence pubertaire pour s'inscrire dans un tout autre registre : celui de la terreur. Ces enfants et ces adolescents « mis à mal » s'adonnent parfois à des agirs transgressifs d'une violence inouïe. Face à l'effraction répétée du système de pare-excitation, aux carences traumatiques primaires et à la violence, comment ces enfants peuvent-ils symboliser ? Comment forgent-ils leur subjectivation ? La violence de ces adolescents nous sidère et nous interpelle tout à la fois. À travers ce texte, l'auteur explore l'articulation entre la littérature, l'écriture de soi et le processus de subjectivation et souligne en quoi une telle démarche d'écriture peut s'avérer thérapeutique et salutaire pour les enfants qui ont connu la terreur.
Mots-clés : terreur, adolescence, philosophie de Ricoeur, narration subjective, terror, adolescence, Ricoeur's philosophy, subjective narration
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33.Plus d’information
RésuméÀ plusieurs reprises, Ferron récusa Le Pas de Gamelin, oeuvre dans laquelle la transposition littéraire accusait selon lui quelque difficulté. Cette " catastrophe • fut suivie d'une dépression qui le conduisit au • 6e du General Hospital: Au-delà des éléments autobiographiques, il s'agit de montrer comment la rhétorique du discours vient éclairer le problème de la transposition littéraire chez Ferron. Cherchant à rendre compte de la folie (celle des recluses de Gamelin), le médecin-écrivain privilégie le détour métonymique par lequel s'institue un glissement du sujet, les failles du -truchement", les ratés de la transposition laissent entrevoir une adéquation transférentielle à la folie de l'Autre.
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35.Plus d’information
RésuméLe statut générique du Premier livre de Gaspar de Saillans est problématique. Il s'agit à première vue d'une correspondance familière, assortie d'une narration détaillée des circonstances entourant le mariage de l'auteur et intégrant les missives échangées avec la famille pour l'occasion. La publication de ces lettres trouverait sa justification dans la volonté de laisser aux membres de la famille un ouvrage commémoratif, mais l'ajout d'un long Discours de l'Auteur donnant les moyens de maintenir paix et concorde en mariage invite à classer l'oeuvre dans la catégorie des livres de dévotion ou du bréviaire à prétention morale. La présente étude se propose de résoudre les contradictions apparentes dans la finalité annoncée de l'oeuvre en examinant les différentes étapes de son élaboration en regard des codes et usages de la rhétorique épistolaire de l'époque.
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37.Plus d’information
L'article examine le discours religieux sur le roman tel qu'il se manifeste dans un roman édifiant de la fin du xviiie siècle, Le Comte de Valmont, ou les égarements de la raison (1774), de l'écrivain antiphilosophique Philippe-Louis Gérard (1737-1813). Ce roman épistolaire est une des rares oeuvres de l'époque à critiquer aussi violemment le genre romanesque. Loin de se cantonner aux traditionnelles attaques sur la moralité du roman, la critique de Gérard insiste particulièrement sur les effets pernicieux de l'imagination telle que l'exploite le roman, laquelle opère une distorsion dans l'esprit du lecteur qui en vient à confondre le réel et l'imaginaire. Pour Gérard, l'imagination est ainsi non seulement la source des passions, mais également l'ennemie de la raison qui seule peut atteindre la vérité, c'est-à-dire les dogmes fondamentaux du christianisme. En mettant de l'avant une conception de l'imagination réduite à une puissance qui égare la raison, Gérard s'oppose à une longue tradition de penseurs qui, d'Aristote à Pascal en passant par Montaigne et François de Sales, ont réservé à l'imagination une place légitime dans les processus cognitifs. Son roman Le Comte de Valmont manifeste ce rejet complet de l'imagination par l'exploitation d'une poétique de la raison : l'oeuvre est structurée en fonction des thèmes abordés et des discussions philosophiques et théologiques qui sont les véritables moteurs de l'action dans le roman. Le cas de Gérard permet ainsi de constater que le débat sur le roman doit être envisagé comme une partie intégrante de débats plus larges, qui mettent en cause le potentiel cognitif de la fiction narrative et, plus généralement, le rapport de l'homme à la vérité.