Documents repérés
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41.Plus d’information
Il n'est pas rare de trouver des lettres insérées narrativement dans les récits historiographiques antiques. Loin d'être de simples ornements littéraires, ces lettres doivent être considérées comme des causes historiques des événements narrés, car elles contribuent de manière significative au déroulement de l'intrigue. Pionnier de l'historiographie chrétienne, l'auteur de Luc-Actes a également recours aux lettres insérées narrativement dans le second volet de son diptyque. En reprenant le dossier des lettres insérées narrativement dans les Actes des apôtres, cette contribution interrogera leurs fonctions et leur crédibilité narratives.
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43.Plus d’information
Marie de l'Incarnation est l'auteure d'une importante correspondance dont il ne reste aujourd'hui que quelques centaines de lettres. À côté du dialogue qu'elle y noue avec ses correspondants de France et de Nouvelle‑France, l'Ursuline poursuit, inlassablement, une conversation intérieure, faite d'oraisons et de prières à Dieu. Cet échange est un lieu de secrets, un espace qui se dit mal, s'écrit encore moins, mais dont son fils et d'autres sollicitent pourtant le récit. Ses lecteurs assistent alors à une autre conversation, toujours recommencée, avec le « Verbe éternel ». Cet Autre habite toutes les lettres et fait, insensiblement, de tout lecteur un tiers, spectateur et témoin du mystère. Ce faisant, Marie de l'Incarnation familiarise chacun de ses correspondants avec l'expérience mystique, utilisant l'espace de la lettre pour ouvrir à un autre dialogue, où il n'y aurait plus ni épistolière ni destinataire.
Mots-clés : Marie de l'Incarnation, mystique, épistolaire, Nouvelle‑France, lecteur, Marie de l'Incarnation, mystical, epistolary, New France, reader
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44.Plus d’information
Au sein de la recherche qualitative, les approches de l'enquête mobilisant le récit se trouvent classées en tant que recherche narrative. L'objet de ce texte est de caractériser ce champ de recherche dont la singularité est d'appréhender les phénomènes vécus par le sujet à partir de la pratique du récit de soi. Cela est notamment réalisé en définissant plusieurs repères théoriques et méthodologiques : différenciation des types de discours, spécification des registres d'expression, formalisation des régimes narratifs. Ce travail de définition permet ensuite de caractériser la pratique et les enjeux de l'entretien narratif, d'en préciser les procédés de guidance, puis de caractériser les dimensions temporelles et expérientielles des données narratives.
Mots-clés : Entretien, enquête, microphénoménologie, récit, recherche narrative, vécu, Interview, Inquiry, Microphenomenology, Narrative, Narrative Research, Lived Experience
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45.Plus d’information
Le présent mémoire cherche à comprendre l'articulation entre divers éléments formels dans le récit Folle de Nelly Arcan. Dans une optique féministe, nous proposons d'étudier le dispositif épistolaire, les mécanismes temporels et la tonalité ironique. Les stratégies épistolaires mises en place dans Folle sont celles de la lettre d'amour et de la lettre de suicide. La protagoniste forge dans une lettre adressée à un journaliste qui l'a quittée la figure de l'« amoureuse épistolaire » (Jensen), une amante éperdue d'amour, trahie par un homme idéalisé. Nous considérons cette figure comme le « moi posthume » (Volant) de la narratrice, c'est-à-dire l'image habilement construite qu'elle souhaite laisser dans l'esprit des survivants après son suicide. Grâce à son écriture, la narratrice réactualise (illusoirement) le temps de l'amour, …
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49.Plus d’information
Dans son article « Le parti pris du niaiseux », Laurence Côté-Fournier recrée, autour de Mathieu Arsenault, une communauté d'écrivain·e·s et d'artistes uni·e·s par leur sens de l'autodérision et leur goût de l'ironie, offrant à la niaiserie « une nouvelle légitimité, une nouvelle visibilité ». Afin d'illustrer ce parti pris, elle convoque quelques oeuvres littéraires québécoises, dont celles de Réjean Ducharme et de François Blais, et s'intéresse à la manière dont elles accueillent le « décalage et le ridicule pour exprimer une fatigue généralisée devant tout ce qui se prend trop au sérieux ». Partant de cette prémisse plus que pertinente, nous nous proposons d'analyser les représentations de l'amitié dans l'oeuvre de François Blais. Il s'agira de réfléchir à ce que l'amitié dit du rapport à l'autre, mais plus encore au réel, dans l'univers romanesque de Blais. Comment sert-elle de refuge, comme de béquille, aux personnages principaux ? Comment influe-t-elle sur la forme même des romans ? En quoi laisse-t-elle entrevoir une désillusion envers le vivre-ensemble et la possibilité même de faire communauté ? Et en quoi permet-elle de penser la communauté telle qu'elle se déploie dans la durée ; ou pour le dire mieux, comment l'amitié permet-elle de réfléchir la filiation dans laquelle s'inscrivent les personnages et leur auteur ? Ces questions nous amènent finalement à considérer le rôle paradoxal qu'on peut prêter à ces amitiés, sorte de communautés restreintes qui résistent modestement à un ensemble plus grand qu'elles, tout en y adhérant quelque peu. Mais surtout, elles éclairent la familiarité ou l'espèce de proximité décomplexée qui émerge des romans de Blais, dont les narratrices et les narrateurs sont le plus souvent à tu et à toi avec le langage, la littérature, l'histoire et leur réalité.
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50.Plus d’information
Cet article présente une étude, de type qualitative et descriptive, fondée sur une expérience menée dans le cadre d'une séquence sur l'art épistolaire, avec des élèves de 4e en France. Dans un premier temps, cette séquence, qui s'appuie sur la lecture comparée des Lettres à sa fille de Calamity Jane (1997 et 2007) et de l'album Calamity Jane de Morris et Goscinny (1967), est présentée et, certaines des observations et des productions réalisées à l'égard de sa mise en œuvre en classe sont détaillées. Par la suite, des pistes de bonification théorique pour l'étude du recueil de lettres sont exposées. Ces pistes complémentaires visant l'enrichissement de la séquence initiale s'appuient essentiellement autour des variations énonciatives, des récits de vie entre fiction et vérité et, de l'intégration narrative et graphique de photographies réelles du personnage historique. Cette démarche enrichie est rendue possible par la réédition des Lettres en 2007, mettant en doute l'authenticité du manuscrit, et la sortie depuis 2004 de plusieurs romans graphiques reposant sur la première édition ou la suivante, tels Calamity de Fontaine (2004) et, Martha Jane Cannary de Blanchin et Perrissin (2007, 2009, 2012). Ces œuvres permettent d'étudier avec des élèves la réception du mythe moderne de Calamity Jane dans les pays francophones.
Mots-clés : récits de vie, art épistolaire, Calamity Jane, intermédialité, bande dessinée, life-narrative, epistolary art, Calamity Jane, intermediality, comic books