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1165.Plus d’information
La construction de la masculinité africaine moderne est structurée par l'histoire des villes, leur violence et leur culture. La ville africaine, d'origine coloniale, repose sur l'immigration contrôlée des travailleurs ethniques allogènes recrutés par la bourse du travail. Elle fonctionne toujours comme un « îlot de modernité et de richesse » protégé contre les assauts des villageois, des périurbains et des paysans pauvres. Le citadin s'est inventé une masculinité originale et dynamique possédant des facettes multiples. Sa masculinité, rompue à la violence structurelle inhérente à la ville, est traversée par une crise permanente des modèles identitaires peu stables dont les composantes sont puisées à diverses sources et aux antivaleurs des cultures africaine et occidentale. Elle fonctionne différemment selon les espaces urbains en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. Elle s'exprime à travers diverses productions culturelles et dans les performances musicales qui lui servent de lieux d'articulation comme praxis sociale. L'image du « vrai mâle africain » francophone reflète la figure du rebelle historique à chaque étape de sa migration. Ses stratégies pour « surprendre l'autre » construisent sa masculinité à coups d'actes mythiques dont la somme constitue la geste de la conquête de l'Eldorado-la-Ville, extensible à l'Occident et au reste du monde. Ce modèle de réalisation de la masculinité des jeunes relève paradoxalement de l'ordre urbain précolonial et se manifeste sous le couvert de la modernité africaine retravaillée.
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1166.Plus d’information
Cet article porte sur certains rapports tissés entre les familles transnationales et les États‐nation, analysés comme lieux d'engagement et enjeux politiques. La vie quotidienne de ces groupes de parents, qui organisent leurs activités productives et reproductives à travers une ou plusieurs frontières internationales, est marquée par l'incertitude, le sacrifice et la fluidité. Leurs membres agissent à cheval entre les contraintes dictées par les gouvernements et les opportunités créées par les sujets transnationaux eux‐mêmes, qui se voient dotés par les États nation d'un statut ambigu où ils font l'objet de soupçons permanents. À travers notre analyse de quatre événements historiques (lieux d'engagement autour des droits de l'enfant) s'enchaînant depuis la Guerre froide jusqu'à nos jours, nous remettrons en question le stéréotype d'institutions d'État qui surveilleraient constamment les activités et les pratiques de leurs citoyens et résidents, ceux‐ci se retrouvant victimes passives des contrôles de celles‐là. Utilisant la notion d'interface sociale, nous soulignons, au contraire, les actions menées par les membres des familles transnationales qui, en naviguant à travers les interstices légaux entre au moins deux gouvernements, vont jusqu'à défier leur autorité.
Mots-clés : Famille transnationale, maternité et paternité à distance, interface famille–État‐nation
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1167.Plus d’information
L’écrivaine belge Neel Doff (1858-1942) a rédigé toute son oeuvre en français alors que ce n’était pas sa langue maternelle. Sa trilogie autobiographique met le « féminin » et le « corps » au coeur de la thématique à travers l’obscène, le traumatisme pubertaire et la prostitution.Le corps est un « texte signifiant à déchiffrer 1 » et nous tâcherons d’en découvrir davantage en comparant l’oeuvre de Doff avec ses traductions en langue néerlandaise et allemande. L’un des objectifs est de déterminer dans quelle mesure les « erreurs » de traduction, ayant trait au corps, ouvrent d’autres fenêtres d’interprétation.Afin de mieux comprendre l’origine de ces « déviations », les extraits seront d’abord analysés selon les théories de dépaysement et domestication (Venuti, 2007) et de retraduction (Berman, 1990). Nous émettons l’hypothèse selon laquelle la vie (Delisle, 2002) et le genre (Von Flotow, 1991) de la personne qui traduit influencent les choix traductifs. Autre hypothèse, les stratégies de traduction féministe, objet de nombreuses polémiques, n’éviteraient-elles pas l’effacement que subit le corps de Keetje ?
Mots-clés : Traductologie, littérature belge francophone, portrait de traducteurs et traductrices, erreurs de traduction, traduction féministe, corps, prostitution
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1168.Plus d’information
Comment en arrive-t-on à proposer comme oeuvre d'art une relation sexuelle tarifée avec un collectionneur ? En 2003, l'artiste en art conceptuel et performeuse américaine, Andrea Fraser, commettra l'impensable de « coucher » avec un collectionneur afin de critiquer le milieu et surtout le marché de l'art contemporain. L'article qui suit propose une analyse thématique de l'aspect sexuel et éthique de cette oeuvre intitulée Untitled. Il sera d'abord question des significations possibles de cette performance et ses questionnements artistiques plus autoréférentiels. Je compte ensuite aborder plus précisément la position trouble de la subjectivité de l'artiste qui oscille entre une posture d'objet sexuel et d'artiste. De même, le texte fera état de la position novatrice que l'oeuvre présente sur les enjeux éthiques du travail du sexe en déconstruisant les arguments paternalistes généralement invoqués pour criminaliser le travail du sexe. Et finalement, j'aborderai la question de savoir comment la nature sexuelle de l'oeuvre vient désacraliser à la fois l'art et la sexualité, et par le fait même critiquer l'idée que la sexualité soit le siège de la subjectivité. En désacralisant ainsi la sexualité, je postule qu'Untitled offre la possibilité de concevoir le travail du sexe de manière plus neutre.
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1169.Plus d’information
Le présent article s'emploie d'emblée à redonner à la notion de risque de préjudice sa juste place dans l'analyse de l'infraction de tentative. L'auteur s'intéresse premièrement aux liens unissant l'incrimination de la tentative à la notion de risque de préjudice. Il sonde ensuite les fondements de la distinction entre l'acte préparatoire et le commencement d'exécution. Il en dégage deux principes directeurs. La répression de la tentative varie normalement en fonction de la nature du risque de préjudice projeté par l'inculpé; elle tient ensuite compte, dans une moindre mesure, du degré véritable d'appréhension de ce risque. L'analyse porte, dans un deuxième temps, sur les mécanismes d'évaluation du degré de culpabilité morale du prévenu. Le droit pénal fait de l'intensité de la culpabilité morale de l'accusé un préalable à sa condamnation. Le droit s'est donné deux formes de contrôle: le commencement d'exécution et le particularisme de l'élément mental de la tentative. Selon l'auteur, la distinction entre les actes préparatoires et le commencement d'exécution n'a pas pour principal objet de s'assurer de l'existence d'un dessein illicite de la part du prévenu. Elle a avant tout pour rôle de vérifier la détermination de l'accusé à accomplir ce dessein. Le droit procède à un examen du degré de culpabilité morale de l'accusé par l'intermédiaire du commencement d'exécution. Il est dès lors erroné de prétendre que l'élément mental est d'une plus grande importance que l'élément matériel en matière de tentative. La dernière partie du texte intègre les notions précédentes dans le contexte de l'infraction impossible à perpétrer. La culpabilité morale élevée du prévenu n'appelle pas, à elle seule, l'intervention du droit criminel. La notion de risque de préjudice demeure, là encore, fondamentale. Le préjudice projeté par l'accusé doit être de ceux que le droit interdit déjà. Aussi importe-t-il de ne pas confondre l'infraction irréalisable et l'infraction inexistante.
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