Documents repérés
-
1471.Plus d’information
Ce texte cherche à cerner l'étendue de la compétence législative provinciale sur la moralité publique. La difficulté vient du fait que la Loi constitutionnelle de 1867 attribue au Parlement fédéral une compétence exclusive en matière de droit criminel. Il s'agit ainsi de voir jusqu'où les provinces et les municipalités peuvent réglementer des sujets tels la prostitution, les revues érotiques, les salons de massage, etc., sans empiéter sur la compétence fédérale.
-
1472.Plus d’information
Dans le domaine cinématographique, la métaphore du miroir trouve dans les mots de Maurice Merleau-Ponty l'un des plus précieux soutiens herméneutiques, surtout en ce qui concerne l'explicitation de la relation « chiasmatique » des individus avec eux-mêmes et avec le monde autour d'eux. L'image cinématographique nous permet de déchiffrer et de prélever, comme si on était face à un miroir, les individus et leurs modes d'agir. Mais le cinéma n'est pas que l'espace de la duplication par lequel le spectateur prend conscience de sa propre subjectivité et de son corps en tant qu'objet ; la métaphore spéculaire met également en avant certains traits de l'échange transtextuel et des mécanismes qui lui sont sous-jacents, tout en diffusant ses propres capacités dioptriques sur un plan dialogique, dans un jeu de renvois et reflets autotextuels assez complexe. J'analyserai ici le phénomène de l'autocitation cinématographique en m'appuyant sur les principaux chapitres de la filmographie de João César Monteiro (1939-2003), dont l'oeuvre se caractérise par la pratique systématique des différentes stratégies appartenant au domaine de l'autoréflexivité. En ce qui concerne l'étude des occurrences autoréférentielles, j'identifierai plusieurs sous-articulations intertextuelles, soulignant la mise en abyme et ses modalités réflexives spécifiques. En effet, le but de cet article est de faire une analyse sémiotique des différentes stratégies par lesquelles l'autoréflexivité se manifeste, afin que je puisse délimiter une casuistique sommaire de ses manifestations filmiques, essayant de dévoiler la duplicité, les stratifications sémantiques et la réversibilité spéculaire de l'image autoréférentielle qui se voit soi-même tandis qu'elle voit autre chose.
-
1473.Plus d’information
Comme le note Valérie Mailhot dans son article « La “dislocation révolutionnaire” des corps chez Josée Yvon », l’autrice et son œuvre poétique sont « en décalage par rapport aux groupes et aux mouvements idéologiques de son époque. En décalage parce que [Yvon] publie son premier recueil, Filles-commandos bandées, en 1976, c’est-à-dire au moment où la contre-culture québécoise est en passe de s’institutionnaliser, mais également parce qu’au sein même de la mouvance contre-culturelle Yvon demeure une figure à part, tant ses textes dérangent par leur radicalité et leur violence. » Autrice décalée, rangée par Isabelle Boisclair et Catherine Dussault-Frenette dans la catégorie des « vilaines filles » qui « se montrent rebelles […], parlent fort, vocifèrent, crient leur rage, […] boivent, n’ont peur de rien et risquent tout. […] Vilaines filles [qui] parlent de sexe, et crûment », Josée Yvon semble de prime abord irrécupérable, infréquentable, irrecevable. Or c’est justement ce caractère rétif de l’autrice et de sa poésie qui est au cœur des nombreuses relectures proposées par les critiques et les écrivain.e.s contemporains. Hériter de Josée Yvon, c’est aussi – et surtout – hériter de sa légende, de sa réputation sulfureuse de vilaine fille. Qu’en est-il de cette légende? Quels sont les thèmes qui reviennent avec insistance sous la plume des héritiers et des héritières ? On évoquera volontiers le silence critique autour de son œuvre, l’occultation de ses textes et de sa figure par celle de Denis Vanier, les scandales qui ont défrayé la chronique, l’abus de drogues, la prostitution, le sida, les textes marqués par la violence, tant dans l’expression poétique que dans le choix de thèmes récurrents qui recoupent certains aspects de sa biographie. Ces aspects de la légende, s’ils sont souvent récusés, mis à distance par les critiques et les écrivains, sont pourtant au fondement de plusieurs des relectures et des mises en scène de Josée Yvon dans les textes contemporains. Afin de donner un aperçu de ces relectures, nous nous attacherons aux apparitions de l’autrice et de son œuvre dans un corpus de textes divers, comptes rendus, essais, textes critiques, témoignages et fictions parus depuis 2000. Notre propos s’articulera plus particulièrement autour des apories liées au legs yvonnien, voire aux contradictions et aux paradoxes qui accompagnent l’appropriation d’une œuvre considérée comme imprenable. Nous observons dans les œuvres étudiées une filiation yvonnienne principalement thématique, mais somme toute assez rarement esthétique ; peu d’écrivain.e.s récentes se revendiquant explicitement de Josée Yvon ont un style ou un univers rappelant celui de la « fée des étoiles ». La multitude des présences dans les textes contemporains nous permet toutefois de penser un renouvellement du legs yvonnien, marqué par la profusion des hommages et des citations, des esthétiques et des filiations parfois inattendues, où c’est souvent le commun qui prime sur l’individuel, le pluriel sur le singulier, la série sur l’unité. Bien que les textes d’Yvon connaissent encore des problèmes de diffusion, n’étant pour la plupart pas édités, la poète s’impose néanmoins, et contre l’oubli, comme une référence littéraire commune, largement partagée dans le paysage culturel récent, et dotée d’une certaine aura, voire – paradoxalement – d’un prestige ; bien qu’issus de la contre-culture, ses textes n’évoluent pas que sous le manteau, dans des circuits illicites. Des mémoires et des thèses s’écrivent ou se préparent sur elle ; des articles de journaux et des articles savants lui sont consacrés ; des spectacles hommages lui sont dédiés. Les héritières et les héritiers d’Yvon opèrent un tri dans le legs, en choisissent les aspects qui résonnent encore au présent et qui peuvent se conjuguer à un discours de résistance aux normes dominantes.
-
1474.Plus d’information
Depuis la fin des années 70 une nouvelle approche a été utilisée pour l′étude de l′organisation industrielle, notamment celle de la culture d′entreprise. Parallèlement à cela, une approche culturelle a été employée pour l′étude des organisations ouvrières informelles. Il existe des différences marquées entre ces deux approches, étant donné d′abord que la culture d′entreprise cherche généralement à présenter l′entreprise comme une communauté d′intérêts, tandis que l′approche de la culture ouvrière présente la création d′une culture autonome unissant les travailleurs indépendamment de la gestion. Il y a toutefois, et c′est ce que le présent article tente d′analyser, des similitudes importantes entre les deux approches, la plus marquée étant celle d′une tendance récurrente vers une définition fonctionnaliste de la culture.
-
1475.Plus d’information
Les événements de la transition démocratique congolaise ont donné lieu à un renouveau de la chanson, qui s'est fait l'écho de l'actualité. Omniprésente à l'occasion de rassemblements politiques de toute sorte, la chanson, quelle ait été traditionnelle, religieuse, mondaine ou populaire, a permis de ritualiser les batailles politiques en devenant une sorte de rite de passage à l'acte. La chanson religieuse mondaine a occupé une place considérable dans ce renouveau, en utilisant le politique qui l'a rendue, contre toute attente, plus populaire encore que la chanson congolaise moderne. Débrouille collective, misère nationale, mœurs et transformation éthique, confrontations politiques, revendication des valeurs humaines et démocratiques sont tous des thèmes que la chanson de la transition a largement exploités. L'analyse montre que le langage est souvent métaphorique, alors que ce qui ne peut être énoncé trop clairement est signifié indirectement, et les procédés de rétrogradation sont massivement utilisés. Cette forme d'utilisation du chant montre bien que les entrepreneurs de la chanson ont pris conscience du rôle social qui leur incombe. Ce répertoire et son utilisation permet au peuple et aux artistes de se réapproprier un cadre de référence pour organiser la société de manière rétrospective et prospective.
-
1478.Plus d’information
Cette étude s'intéresse à la figure de la fée dans l'oeuvre de Michel Leiris, à partir des contes mais surtout des romans de chevalerie. En distinguant deux figures médiévales de la fée (la fée amante et la fée marraine), il est aisé de voir que Leiris, dans L'Âge d'homme, fait référence à la première, créature sexuelle ambiguë, à la fois enchanteresse et destructrice. Mais il est possible de trouver des traces de la seconde dans Fibrilles, dont un chapitre s'organise autour du récit d'une tentative de suicide avortée. À son réveil, l'écrivain est visité par le souvenir de sa tante Claire Friché, célèbre cantatrice. Redoublée par d'autres figures féminines (infirmières, etc.) qui entourent le convalescent, elle accompagne celui qui semble être redevenu un nouveau-né dans son retour à la vie, en l'encourageant à persévérer dans son oeuvre interrompue ; en lui faisant symboliquement don de la parole, elle apparaît ainsi comme une fée bienveillante, marraine de sa renaissance.
Mots-clés : autobiographie, merveilleux, mythe, conte, fée, amante, marraine, suicide, renaissance, intertextualité, autobiography, supernatural, myth, tale, fairy, lover, godmother, suicide, rebirth, intertextuality
-
1479.Plus d’information
Cadre de la recherche : À Taïwan, les parents sont de plus en plus préoccupés par l’avenir de leurs enfants et investissent délibérément dans leur future compétitivité. Dans un contexte très concurrentiel où la beauté féminine peut apporter de nombreux avantages matériels et immatériels, les mères sont encouragées à transmettre certaines valeurs et conduites esthétiques à leurs filles. Objectif : Cet article vise à analyser le phénomène peu étudié de la transmission du souci pour la beauté par les mères à leurs fillettes dans le contexte néolibéral taïwanais. Méthodologie : Pour ce faire, nous avons mobilisé une méthodologie qualitative consistant en 70 entrevues semi-dirigées et en de l’observation participante à Taïwan entre 2014 et 2017. Résultats : Notre recherche a montré que la beauté est perçue comme un atout décisif pour les filles dans la maximisation de leurs chances de réussite dans la vie, autant pour le mariage et la carrière que dans la vie en société de manière générale. Les mères sont alors responsables de transmettre à leurs filles un souci esthétique afin qu’elles apprennent à être attentives à leur apparence. Trois thèmes dominants se dégagent des propos des participantes concernant cette formation esthétique : modérer et réduire l’appétit, avoir une peau blanche et avoir une attitude et une apparence mignonnes. Conclusions : Les compétences nécessaires au travail esthétique sont acquises depuis l’enfance par un investissement délibéré. Les mères ont généralement la responsabilité de cette formation esthétique. Cette dimension genrée et générationnelle de la formation des futures « entrepreneures de l’esthétique » est décisive, mais souvent invisibilisée dans les discussions sur l’individualisme néolibéral. Contribution : Notre travail de recherche permet d’appréhender les nouvelles modalités genrées de parentalité dans un contexte où les enfants sont considérés comme un capital humain en devenir.
Mots-clés : beauté, maternité, pratiques alimentaires, néolibéralisme, Taïwan, capital humain, entrepreneure de l’esthétique, beauty, motherhood, eating attitude, neoliberalism, Taiwan, human capital, aesthetic entrepreneur, belleza, maternidad, prácticas alimentarias, neoliberalismo, Taiwán, capital humano, emprendedora de la estética.