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11.Plus d’information
Cet article s'intéresse à la négociation des rapports de pouvoir entre la prostituée et le client dans le roman Putain (2001) de Nelly Arcan. Si le client exerce une violence sur le corps et la subjectivité de la prostituée pour lui imposer une position d'infériorité dans l'échange sexuel, ce rapport de places est cependant contesté sur la scène d'énonciation. À partir d'une analyse discursive, notre article vise à montrer que la réappropriation de la violence dans l'énonciation permet à la narratrice d'inverser les rapports de domination représentés, sans toutefois déconstruire la logique qui les sous-tend. Cela participe à l'ambivalence constitutive de l'oeuvre.
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19.Plus d’information
En Bolivie, les femmes rient beaucoup dans les maisons closes. Elles sont les maîtresses d'un humour particulier, fondamentalement obscène, qu'elles exercent à tout bout de champ sans jamais sembler s'en lasser. Sa récurrence, sa codification et sa pratique collective l'érigent en véritable art corporatif dont l'apprentissage accompagne celui de la prostitution. Déployé entre femmes, le rire construit l'entre-soi et reformule, en la dédramatisant, la transgression et le personnage de la prostituée. Cruel quand il s'adresse aux clients, le rire ébranle le pouvoir de l'argent et les aspirations triomphalistes de la sexualité des hommes. Basé sur une ethnographie menée dans les établissements populaires de la ville andine de Potosi, cet article porte sur le fonctionnement de cet humour particulier dans la construction de l'expérience de la prostitution et de ses rapports sociaux. Il réinterroge le rôle du rire comme mode de résistance à ‒ mais aussi de conservation de ‒ la domination. Il renvoie également l'ethnologue à son impossible neutralité : en choisissant d'en rire ou non, celui-ci ou celle-ci énonce forcément son camp.
Mots-clés : rire, femmes, prostitution, travail sexuel, maisons closes, Bolivie