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102.Plus d’information
Même si elles paraissent, au premier abord, radicalement différentes, les sociétés québécoise et israélienne présentent d'étonnantes similitudes pour ce qui concerne la place de la langue nationale dans la construction identitaire. Il en va de même pour les politiques linguistiques mises en place par les différents gouvernements israéliens et québécois, notamment vis-à-vis des immigrants récents, des minorités culturelles, de l'usage officiel de la langue et de sa défense face à l'anglais. Ces parcours parallèles sont apparus malgré que l'hébreu soit une langue renaissante, de fait l'une des rares au XXe siècle dont la présence se soit affirmée après une éclipse presque totale, et le français québécois une langue en émergence, sur le modèle de plusieurs autres langues minoritaires en Europe occidentale. Ces considérations sociolinguistiques nous ramènent au concept d'État-nation tel qu'apparu au moment de la Révolution française, et qui trouva particulièrement chez les Juifs est-européens des applications tout à fait originales qui débouchèrent, au siècle suivant, sur la montée du mouvement sioniste puis sur la fondation de l'État d'Israël.
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103.Plus d’information
Cet article cherche à élucider comment la référence globalisée de la notion de blackness, telle qu'elle est véhiculée par le courant hip-hop américain, offre un certain ancrage dans le paysage israélien pour plusieurs adolescents juifs d'origine éthiopienne. J'aborde la façon dont ces dynamiques identitaires prennent forme à travers des constructions proprement israéliennes et éthiopiennes de la race et de l'ethnicité. J'explore plus précisément une des stratégies déployées par ces jeunes pour prendre leur place dans la société israélienne, à savoir la revendication du statut de Juifs noirs. Cette étiquette raciale est assumée par plusieurs adolescents à travers leur identification avec la culture hip-hop. Je propose ici de décrire comment le discours de ces jeunes s'articule à l'histoire et aux expériences des Afro-Américains, tout en tenant compte à la fois des constants changements qu'a connus leur communauté depuis le début du XIXe siècle, et de la distance socioculturelle, politique et religieuse qui différencie Israël des États-Unis.
Mots-clés : Culture des jeunes, hip-hop, négritude, racialisation, Éthiopiens Israéliens, Youth culture, hip-hop, blackness, racialisation, Ethiopian Israelis, Cultura Juvenil, hip-hop, negritud, racialización, Israelíes Etíopes
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104.Plus d’information
La littérature yiddish de Montréal est restée jusqu'à récemment un livre fermé aux regards extérieurs à la communauté. Peu de non-Juifs ont pu acquérir une connaissance suffisante du yiddish pour lire des textes écrits dans cette langue, peu connus de toute manière en dehors du cercle restreint des yiddishophones. La traduction récente en français de trois mémorialistes (Israël Medresh, Simon Belkin et Hirsch Wolofsky) appartenant à la période de la grande migration est-européenne a renversé ces perspectives et a permis de mieux comprendre le contexte d'émergence de la littérature yiddish à Montréal. Cet article propose des réflexions sur cette contribution originale et très peu étudiée des Juifs de langue yiddish à la littérature québécoise.
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106.Plus d’information
Avant le concile Vatican II, l'Église catholique considérait le peuple juif comme déicide, réprouvé et maudit par Dieu ; après cet événement, elle renonça à ce qui fut appelé la « théologie de la substitution », s'engagea dans la voie du dialogue, affirma la permanence de l'élection d'Israël et considéra les juifs comme des « frères aînés ». Dans cet article, l'auteur étudie le rôle de la Congrégation Notre-Dame de Sion dans l'évolution du regard porté par l'Église catholique sur les juifs et le judaïsme, rôle qui a conduit à une remise en cause théologique et à un changement des mentalités qui ont mené, plus ou moins directement, à la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II.
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108.Plus d’information
L'un des épisodes du roman allégorique d'A. M. Klein, Le second rouleau (1951), raconte la tentation qu'éprouve le protagoniste juif pour la religion catholique. Pourquoi Klein a-t-il choisi d'introduire le thème controversé de l'apostasie, rarement traité dans la littérature juive ? De quelle facon la conversion figure-t-elle dans les rapports entre Juifs et Canadiens francais dans les années d'après-guerre ? Ces questions seront examinées en rapport avec un autre récit de conversion, celui-ci du psychiatre bien connu Karl Stern, dont l'autobiographie, The Pillar of Fire, paraît également en 1951.