Documents repérés
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201.Plus d’information
Judas est le traître par excellence. Protagoniste de nombreuses créations littéraires du xxe siècle, ce personnage est utilisé le plus souvent pour explorer les enjeux de la trahison, comme le montre même le dernier roman d'Amos Oz, Judas, où paradoxalement l'apôtre est innocenté. L'historien qui s'attache à l'étude d'un personnage de la mythologie chrétienne doit prendre un tout autre chemin, comme le fait Giacomo Todeschini dans Come Giuda. Ce travail explore la genèse du personnage depuis les premières exégèses patristiques jusqu'au xve siècle, où il devient le miroir identificatoire du menu peuple, catégorie à marginaliser car considérée comme dangereusement incapable de comprendre les règles des échanges matériels. Dans la culture chrétienne, Judas apparaît en effet d'abord comme l'homme qui, incapable de reconnaître la valeur infinie de Jésus, le vend pour une somme dérisoire. Cette interprétation du personnage nous est devenue étrangère, de même que la logique de l'économie charismatique qui l'a produite et représente le référent « réel » des constructions fictives successives du Judas médiéval. Si le théologien et l'artiste cherchent à imaginer « qui était Judas », nous montrons que l'historien s'interroge plutôt sur ce que, à une certaine époque, l'on a pu nommer à travers l'invention de Judas.
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204.Plus d’information
Qu’il s’agisse d’un livre de recettes « juives », d’un cours dispensé à un jeune couple par un rabbin sur les lois « juives » du mariage, d’une défense pamphlétaire de l’État d’Israël en tant qu’État « juif » ou de la publication d’un texte psychanalytique sur le Moïse de la Bible hébraïque, toutes ces activités participent à une production définitionnelle à la fois collective, publique, collaborative ou conflictuelle du fait « juif ». Dans le monde francophone, celle-ci se déploie dans un espace public spécifique se constituant en lieu de « production » de judéité. En tant qu’espace d’identification incluant — mais sans jamais pouvoir entièrement s’y réduire — des dimensions ethniques, religieuses, diasporiques, culturelles, politiques et nationales, le judaïsme contemporain, de fait, est …
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207.Plus d’information
La période dite de la « royauté unifiée » en Israël pose de plus en plus de problèmes aux exégètes, aux historiens et aux archéologues. Les débats sont houleux, les positions contradictoires, les arguments évoqués sont utilisés pour soutenir des thèses diamétralement opposées. Le présent article veut présenter quelques données tirées principalement des débats qui ont cours dans le domaine de l'archéologie, qu'il s'agisse du recours à la poterie, au Carbone 14 ou aux inscriptions, entre autres, pour illustrer les tensions qui existent entre les chercheurs, et les difficultés rencontrées quand vient le temps de tenter de présenter un consensus qui rallierait la majorité. L'impasse observée invite à considérer peut-être l'option de s'imposer un moratoire sur les études qui tentent d'établir des liens entre textes bibliques et archéologie.
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208.Plus d’information
Entre 1911 et 1945, plus d'une centaine de sociétés de prêt juives sont fondées à Montréal. Leur apparition correspond à un moment crucial dans la vie de cette communauté. Les formes qu'elles prennent et la variété de leurs orientations sont également à son image et témoignent des clivages sociaux et idéologiques qui la marquent. Mais par ailleurs, ces sociétés, dont la majorité sont des coopératives de crédit, se multiplient au moment où le mouvement des caisses populaires Desjardins prend son essor à travers le Québec. Ce parallélisme nous oblige à les considérer dans un contexte plus large et à nous interroger aussi sur les liens que ces mouvements peuvent entretenir.
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209.Plus d’information
La récente augmentation du nombre de traductions en anglais des écrits du Rabbin Abraham Isaac Kook (1865-1935), père incontesté du sionisme religieux, peut être considérée comme un tournant significatif pour les communautés juives israéliennes et américaines se réclamant du courant moderne orthodoxe. Cette étude analyse les caractéristiques de la traduction de textes théologiques dans le cadre de la relation « patrie-diaspora ». Elle propose ainsi une réflexion sur l'orientation dominante des traductions de la pensée de Kook dans les années 1990, véritable « exportation » idéologique de textes, essentiellement induite par les déplacements transnationaux. Les traducteurs de ces écrits étaient des rabbins américains installés en Israël. Quant au public cible de ces traductions, il était essentiellement constitué du nombre croissant de jeunes Juifs américains venus étudier pendant un an dans les yeshivot israéliennes avant de revenir à la vie universitaire américaine. Selon moi, ces traductions ont été faites dans le cadre d'une idéologie politique émanant du parti sioniste religieux de droite. Ce dernier visait en effet à donner aux ouvrages de Kook écrits dans un hébreu allusif, une interprétation fortement nationaliste et liée à l'actualité politique. Et ce parti cherchait à promouvoir cette interprétation auprès des Juifs anglophones du courant moderne orthodoxe, notamment les adeptes des voyages d'études de plus en plus répandus dans les yeshivot israéliennes – voyages qui sont liés à ce continuel « glissement à droite » que connaît le judaïsme moderne orthodoxe américain depuis quelques décennies.
Mots-clés : theological translation, religious Zionism, Modern Orthodox Judaism, Rabbi Abraham Isaac Kook, Israeli-American Jewish relations, traduction de textes théologiques, sionisme religieux, judaïsme moderne orthodoxe, Rabbin Abraham Isaac Kook, relations juives israélo-américaines, Traducción teológica, sionismo religioso, judaísmo ortodoxo moderno, Rabino Abraham Isaac Kook, relaciones judías israelo-norteamericanas