La première paroisse de tradition orthodoxe fut fondée en 1897 à Vostok, Alberta, et c’est en 1916 que Winnipeg reçut un évêque auxiliaire. Grâce aux vagues successives d’immigration — principalement mais non exclusivement — des Ukrainiens dans l’Ouest canadien, le nombre de paroisses orthodoxes augmenta.
À Montréal, les Arabes fondèrent une communauté en 1899. À partir de celle-ci, deux paroisses se sont établies et elles existent toujours aujourd’hui. Plus récemment, des immigrants arabes ont fondé une paroisse arabophone, Sainte-Marie. En 1907, les Russes ont créé la paroisse des Saints-Pierre-et-Paul, qui existe toujours et qui reçoit beaucoup de nouveaux immigrants de l’ancienne URSS. De cette paroisse, en 1978, un groupe de Russes et de convertis ont formé la paroisse anglophone du Signe de la Théotokos. Et de cette dernière, en 1984, un groupe a formé une paroisse francophone, Saint-Benoît-de-Nursie. Un skite — c’est-à-dire un petit monastère — existe à Rawdon et fonctionne en français et en slavon.
Les Grecs, par ailleurs, fondèrent en 1907 la paroisse de la Sainte-Trinité ; il y a maintenant douze paroisses grécophones dans la région de Montréal et une à Québec, ainsi que plusieurs écoles élémentaires. Ils forment le groupe orthodoxe le plus nombreux au Québec et, du Centre hellénique de Montréal, ils font rayonner la culture grecque ainsi qu’un témoignage de l’orthodoxie. Les Ukrainiens se sont pour leur part organisés en 1926, fondant la paroisse Sainte-Sophie et, plus tard, celles de Sainte-Marie et de Saint-Georges. Ils maintiennent un camp d’été pour les jeunes à Chertsey. Les Roumains ont trois paroisses, les Serbes, une. Des paroisses orthodoxes non canoniques existent aussi ; ce sont toutefois des groupes qui ne sont pas en communion avec l’Église orthodoxe mondiale.
Au total, le Québec compte plus de quarante institutions orthodoxes, toutes ethnies confondues. Pour des raisons historiques et économiques, les immigrants orthodoxes, jusqu’à récemment, en sortant de leur cercle ethnique, se sont plutôt intégrés aux segments anglophones de la population. Depuis la Révolution tranquille, pourtant, cette situation commence à changer lentement, et le mouvement vers la fondation d’une Église locale ouvre les horizons des orthodoxes nés et éduqués au Québec à la culture locale. Un indice très significatif de cette acculturation se voit dans la visite récente à Montréal (1998) du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholémée, et dans le fait que l’U. de Sherbrooke lui ait octroyé (1999) un doctorat honoris causa.
Sotirios Athanasoulas (1970), anciennement de Montréal, actuellement de Toronto, a publié une étude sur The Laity in the Orthodox Church.
Gaëtan Baillargeon (1989), professeur au département de théologie de l’U. du Québec à Trois-Rivières, a publié pour sa part sa thèse doctorale sous le titre Perspectives orthodoxes sur l’Église-communion : l’oeuvre de Jean Zizioulas.
Stéphane Bigham, de Saint-Eustache, se spécialise dans l’étude de l’iconographie orthodoxe. Il a terminé ses études doctorales à l’U. de Montréal en 1990. Sa thèse, « L’attitude des paléochrétiens envers les images », a été publiée en 1992. Bigham prépare actuellement une étude et une traduction commentée d’un écrit de saint Nicéphore de Constantinople (mort vers 825-830) qui voulait réfuter l’authenticité de certains documents iconophobes que les iconoclastes attribuaient à saint Épiphane de Salamine (mort en 403).
Pamela Bright, directrice du département des études théologiques de l’U. Concordia, collabore avec Charles Kannengiesser à la publication en plusieurs volumes de The Bible through the Ages, qui devrait paraître bientôt.
Pamela Chrabieh, restaurateur d’icônes, étudie à la faculté de théologie de l’U. de Montréal et prépare pour 2001 une thèse doctorale sous le titre provisoire « Étude d’icônes de l’école d’Alep des Moussawiroun : XVIIe-XVIIIe siècles ».
Robert Clavet, de Shawinigan, a consacré deux études au philosophe russe du début du XXe siècle, Nicolas Berdiaev, qui a été très influencé par la vision théologique de l’orthodoxie. Son mémoire de maîtrise (philosophie) à l’U. du Québec à Trois-Rivières, « Le sens de notre époque chez Nicolas Berdiaev », a été publié en 1990, et sa thèse doctorale (philosophie, U. de Montréal) porte sur « La troisième époque spirituelle chez Nicolas Berdiaev ».
Lucien Coutu, directeur du Centre Emmaüs (Montréal) pour l’étude de la spiritualité des Églises d’Orient, est l’auteur de trois livres (voir bibliographie).
Barbara Frank a terminé une maîtrise en bioéthique à l’U. McGill en 1998 ; sa thèse s’intitule « Respect for the Autonomy of the Elderly : an Orthodox Perspective of Theosis ». Elle poursuit actuellement des études doctorales dans le domaine de la signification du vieillissement.
Antoine Gabriel, chargé de cours à la faculté des études religieuses de l’U. McGill, a écrit sur l’avenir des orthodoxes d’origine arabe en Amérique du Nord.
Anastassy Gallaher, de Montréal, prévoit terminer en 2001 ses études de maîtrise à la faculté d’études religieuses de l’U. McGill. Son projet de mémoire porte sur le problème du mal dans un monde créé par un Dieu bon et parfait. En scrutant les oeuvres de saint Irénée de Lyon, au IIe siècle, et surtout la théologie eucharistique de celui-ci, il espère trouver une solution à ce problème, une solution qui puisse non seulement satisfaire l’esprit mais également aider les pasteurs à réconforter ceux qui souffrent.
Robert Hutcheon, en vue de sa maîtrise en théologie à l’U. Saint-Paul (Ottawa), a présenté un mémoire sur la théologie de la souffrance. Il étudie actuellement dans le programme doctoral de la même université où il prépare une thèse sur les liturgies funéraires de l’Église orthodoxe, sous le titre « “Trampling Down Death by Death” : A Liturgical and Theological Study of the Byzantine Funeral Service and Its Practical Relationship to Bereaved Persons ». Le diacre Hutcheon espère terminer ses études en 2002.
Lambros Kamperidis, pour sa part, a terminé sa maîtrise à l’U. de Montréal en 1988 avec un mémoire portant le titre « The Greek Monasteries of Sozopolis, XIXth-XVIIth Centuries ». Il espère terminer sa thèse doctorale en 2001, toujours à l’U. de Montréal, préparant une édition critique et une traduction française du Traité des devoirs de Nicolas Mavrocordatos, prince-gouverneur de Moldavie et de Valachie au début du XVIIIe siècle. Le Traité examine les devoirs religieux et sociaux des sujets non-musulmans dans l’Empire ottoman.
Charles Kannengiesser, professeur adjoint du département d’études théologiques de l’U. Concordia, prépare une publication en plusieurs volumes, The Bible in Early Christianity : a Handbook of Patristic Exegesis, qui devrait paraître en 2002. Il prépare également, pour l’Institut des Sources Chrétiennes (Lyon), des textes critiques et des traductions françaises de certains écrits de saint Athanase d’Alexandrie. Il travaille aussi une biographie de saint Athanase.
Ihor Kutash, de Montréal, a terminé en 1987 ses études doctorales à la faculté des études religieuses de l’U. McGill. Il a étudié la vie et les oeuvres de Hryhoriu Skovoroda (1722-1794), philosophe ukrainien, mystique orthodoxe, musicien, compositeur et homme de lettres. Sa thèse s’intitule « Happiness in the Thought of Hryhoriu Savych Skovoroda ».
Nathalie Labrecque-Pervouchine, de Montréal, a terminé ses études doctorales en 1978 à l’Institut des études médiévales de l’U. de Montréal, avec une thèse qui a été publiée sous le titre L’iconostase : une évolution historique en Russie. Avec le père Georges Novotny, elle a publié en 1981 Les icônes de la Mère de Dieu expliquées par le père Georges Novotny. Elle s’intéresse à Teilhard de Chardin et a publié des articles sur ce penseur.
Michèle Lévesque étudie pour sa part à la faculté de théologie de l’U. de Montréal. Sa thèse s’intitule « Le Visage du Christ comme lieu d’engendrement de sujets du Kérygme : Lecture catholique féminine de l’icône orthodoxe ». Sa recherche émerge d’une pratique iconographique et comporte deux volets : l’un subjectif et expérienciel, l’autre relevant davantage d’une théologie doctrinale. Son défi est d’articuler, d’une part, le visage du Christ de l’icône orthodoxe, reçu comme énoncé du dogme christologique et, d’autre part, une expérience iconographique féminine et catholique de ce visage.
Russel Moroziuk, professeur adjoint du département d’études théologiques de l’U. Concordia, s’intéresse quant à lui à l’Église ukrainienne catholique et à sa relation à l’Église orthodoxe.
Georges Novotny, anciennement de Montréal, a publié en 1983 un livre sur les icônes.
Horia Roscanu a présenté une étude intitulée « L’Église gréco-catholique de Roumanie : jalons pour un dialogue ecclésiologique porteur d’espérance » comme mémoire de maîtrise à l’U. de Montréal, en 1994. Il prépare actuellement une thèse doctorale, encore à l’U. de Montréal, sur le problème ecclésiologique dans le dialogue oecuménique entre catholiques et orthodoxes. M. Roscanu est directeur-adjoint du Centre Emmaüs de spiritualité des Églises d’Orient et éditeur de la revue Théosis.
Radu Roscanu vient de terminer (2000) une maîtrise à la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l’U. de Sherbrooke, en y soumettant une thèse sur « L’introduction à l’histoire d’une Église orthodoxe unie à Rome ». Il poursuit ses études doctorales à la même université sur l’évolution historique des institutions de cette Église.
Jean-François Roussel, professeur à la faculté de théologie de l’U. de Montréal, a récemment publié (1999) le fruit de ses recherches doctorales sur Paul Evdokimov. Il prépare aussi un livre sur l’Orient chrétien à l’intention du grand public. Cet ouvrage, en abordant tous les domaines traditionnels, étudiera les communautés et les Églises implantées en Amérique du Nord, et plus particulièrement au Québec.
Michel Saint-Onge, en collaboration avec Mireille Éthier, a publié un texte sur les icônes de fêtes pour aider les fidèles à prier avec les icônes.
Andrius Valevicius, professeur à la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l’U. de Sherbrooke, s’intéresse à divers domaines de la philosophie, des études slaves et de la patristique, et surtout à saint Jean Chrysostome. Dans la collection « Sources Chrétiennes », il prépare actuellement une édition critique et une traduction commentée des homélies « Sur les statues » de ce grand Père de l’Église.
César Vasiliu, de Montréal, enseigne dans le programme du Certificat de théologie orthodoxe de l’U. de Sherbrooke. Il prépare un livre — Brève histoire de l’Église orthodoxe — qui paraîtra dans la « Collection orthodoxe », publiée conjointement par l’U. de Sherbrooke et les Éditions GGC.
Athanasoulas, Sotirios, 1970, The Laity in the Orthodox Church, Montréal, Commission d’Étude sur les laïcs et l’Église.
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1. On peut en consulter le site web : http://www.usherb.ca/Programmes/certif/c-theoor.html.
2. http://www.bibl.ulaval.ca/bd/bibp/.
3. http://www.top.ca/users/thabor/index.htm.
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