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Jean-Pierre Prévost : II. Textes sacrés et traditions religieuses anciennes - La Bible hébraïque
Jean-Marc Larouche et Guy Ménard
I. Traditions religieuses de l’Humanité
II. Textes sacrés et traditions religieuses anciennes
III. Nouvelles manifestations du religieux dans la culture
IV. Religion, pratiques sociales et productions culturelles
II. Textes sacrés et traditions religieuses anciennes

La Bible hébraïque

Jean-Pierre Prévost

L’exégèse biblique a connu au XXe siècle un essor considérable. Sous l’égide des grandes écoles allemande, scandinave, française puis américaine, les recherches sur la Bible hébraïque se sont multipliées quasi à l’infini et ont donné des résultats spectaculaires quant à la connaissance du milieu de production, des procédés et des genres littéraires qui ont présidé à la rédaction des textes bibliques. Même du côté catholique, le mouvement biblique, en amont et en aval de l’encyclique Divino Afflante Spiritu, a instauré un climat nettement plus positif quant à l’étude de la Bible hébraïque. C’est dans ce double contexte d’un affinement des méthodes exégétiques en général et d’un plus grand intérêt pour la Bible hébraïque que l’histoire des études bibliques au Québec doit se comprendre.

Bilan

Un vide à combler (1940-1960)

S’il faut en croire le jugement porté par Adrien-M. Brunet aux lendemains de la fondation de l’ACÉBAC (Association catholique des études bibliques au Canada) en 1943, la situation de la recherche et de l’enseignement scientifiques de la Bible présentait alors des lacunes importantes, les chercheurs étant laissés à eux-mêmes et privés de ressources spécialisées1. La fondation de la dite Association visait précisément à remédier à une telle situation et devait marquer une étape importante dans l’étude scientifique de la Bible au Québec et au Canada français. En effet, l’un des buts de l’Association était de promouvoir l’étude des textes dans les langues originales. Conjuguée à la révolution tranquille et au renouveau conciliaire qui prônait le retour à la Bible, l’existence même de l’Association allait assurer, en milieu catholique, et au-delà, une meilleure connaissance de l’ensemble de la Bible. Les premiers efforts des membres de l’Association se sont toutefois concentrés sur la traduction du Nouveau Testament, parue en 19532.

L’implantation des facultés de théologie sur les campus universitaires et la création des départements de sciences religieuses dans le vaste réseau de l’U. du Québec, à la fin des années soixante, ont à leur tour contribué à modifier définitivement le paysage et permis l’émergence de nouvelles recherches dans l’étude de la Bible hébraïque au Québec.

Un chantier s’ouvre (1960-1975)

Le coup d’envoi a été donné par deux professeurs de Montréal dont les premières publications ont d’emblée suscité un accueil favorable chez les exégètes et inspiré toute une génération d’étudiants et de chercheurs d’ici. Il y eut, d’une part, les travaux de Julien Harvey sur le rîb pattern, procédé littéraire du réquisitoire prophétique. Dès 1962, le jésuite de Montréal présentait un état de la question fort bien documenté et exposait, dans la revue Biblica (Harvey, 1962), une problématique qu’il a ensuite analysée plus en détail avec la publication de sa thèse (Harvey, 1967). On trouvera dans ce dernier ouvrage une étude minutieuse et nuancée des rapports du prophète au «  droit de l’alliance  » ainsi qu’une distinction précieuse entre genre et procédé littéraire.

En 1962 toujours, paraissait également l’article «  Sagesse babylonienne et sagesse israélite  » (Couturier, 1962) du professeur Guy Couturier, de la faculté de théologie de l’U. de Montréal. L’article, paru dans le sillage du Babylonian Wisdom Literature de W. G. Lambert (1996 [1960]), réexaminait les rapports entre Job, Qohélet, Proverbes et les textes babyloniens publiés par Lambert, et proposait, en conclusion, d’accorder plus d’attention à une «  origine domestique du courant sapientiel  » (p. 308). C’est toutefois la contribution de Guy Couturier au célèbre Jerome Biblical Commentary pour la présentation du livre de Jérémie (Couturier, 1968) qui devait donner le signal non seulement d’une carrière individuelle fructueuse, mais surtout d’un intérêt grandissant pour les études de la Bible hébraïque à la faculté de théologie de l’U. de Montréal. On pourra s’en rendre compte à la lecture de la bibliographie du professeur Couturier, recensée à la fin de l’ouvrage collectif «  Où demeures-tu  ?  » (Petit, 1994), ainsi que des travaux signés, dans ce même ouvrage, par des biblistes d’ici qui ont pu bénéficier de son enseignement.

Le mouvement s’élargit avec l’étude originale et avant-gardiste de Roger Lapointe (1967) sur les trois dimensions de l’herméneutique. L’auteur, qui s’appuie principalement sur les travaux de Gadamer et de Heidegger, y expose brillamment les trois paramètres de toute interprétation  : ontologique, esthétique et existentiel. Son approche, à plus d’un égard, anticipait la faveur que connaîtra un peu plus tard l’herméneutique biblique — et ce jusqu’à nos jours —, et un intérêt de plus en plus marqué pour la dimension littéraire des textes bibliques. Lapointe se fait aussi remarquer par des études tout aussi novatrices sur les dialogues bibliques (Lapointe, 1971), par sa réévaluation de la notion de genre littéraire après l’ère gunkélienne (Lapointe, 1970) et par son appréciation positive du structuralisme en exégèse (Lapointe, 1972).

C’est aussi à cette période qu’apparaissent les premières publications, en terre québécoise, des travaux de l’exégète français Évode Beaucamp, dont la longue carrière à l’U. Laval, a été appuyée par un ensemble de publications remarquées sur le plan international. De cette période datent, en effet, les ouvrages complémentaires sur les prophètes et sur les sages d’Israël (Beaucamp, 1968a, 1968b), de même qu’une première série d’articles sur le psautier.

Paul-Eugène Dion est une autre figure montante de l’exégèse biblique vétérotestamentaire. Il a d’abord publié une étude dans Biblica (Dion, 1970) visant à mieux délimiter les Chants du Serviteur chez Isaïe, et son étude sur l’universalisme dans les textes de l’Ancien Testament lui a valu d’être le premier auteur québécois à être publié dans l’importante collection biblique «  Lectio Divina  » (Dion, 1975).

Le professeur Walter Vogels amorce, lui aussi, une longue et prolifique carrière d’enseignement et de recherche sur l’Ancien Testament. Son premier ouvrage se situe dans la ligne des travaux de Julien Harvey et porte sur la forme littéraire de la promesse royale de Yahweh préparatoire à l’Alliance (Vogels, 1970). D’autres études suivent, qui manifestent déjà un intérêt prononcé pour les onze premiers chapitres de la Genèse (Vogels, 1971, 1972) et elles seront sans cesse affinées.

À ces contributions individuelles, il faut ajouter le fait que l’on voit désormais paraître régulièrement dans la revue Science et Esprit, à partir de 1972, des travaux présentés aux congrès annuels de l’ACÉBAC, dont plusieurs portent sur l’étude de la Bible hébraïque (voir aussi les tomes 26-27 pour les années 1974-1975).

Des percées significatives (1975-1985)

Le chantier des premières années est maintenant devenu un laboratoire permanent où s’affaire un nombre de plus en plus grand de chercheurs, répartis aux quatre coins de la province.

L’un deux, Robert Michaud, professeur d’Ancien Testament à l’U. du Québec à Rimouski, s’affirme comme l’un des pionniers de ce qu’on pourrait appeler la haute vulgarisation, dont il demeurera une figure de proue pour une bonne vingtaine d’années. Le professeur Michaud s’est d’abord fait remarquer par sa trilogie sur le Pentateuque (Les patriarches, L’histoire de Joseph le Makirite et Moïse — parus entre 1975 et 1979 dans la collection «  Lire la Bible  » nos 42, 45 et 49). La publication des recherches d’un bibliste québécois dans la collection «  Lire la Bible  » était une autre première.

Le professeur Michaud a poursuivi avec succès son vaste projet de vulgarisation, touchant pratiquement à tous les grands ensembles de l’Ancien Testament  : les prophètes et la monarchie (Michaud, 1982), les sages (Michaud, 1984, 1987) et enfin les psaumes (Michaud, 1993). Les écrits du professeur Michaud, tout comme son enseignement, étaient axés principalement sur deux axiomes  : 1) la théologie des écrits bibliques ne se comprend qu’à la lumière de l’histoire  ; 2) l’Israël biblique a adopté et adapté bon nombre d’écrits et de croyances des pays voisins (Mésopotamie, Égypte et Grèce).

Évode Beaucamp, quant à lui, poursuit son travail sur l’Ancien Testament. Paraissent alors, de 1976 à 1979, les deux volumes de son commentaire complet du Psautier (Beaucamp, 1976-1979) chez Gabalda, de même qu’une remarquable synthèse, accessible à un large public et mettant en lumière la continuité des Psaumes au Notre Père (Beaucamp, 1985).

Chicoutimi n’est pas en reste, avec la production imposante du professeur Marc Girard, au département des sciences religieuses de l’U. du Québec. Son étude des Psaumes 1-50 (Girard, 1984) s’impose d’emblée par la rigueur de son analyse et surtout la précision de la terminologie adoptée. L’oeuvre est considérable et ne connaîtra son achèvement que dix ans plus tard, avec la publication des deux tomes consacrés aux Psaumes 51-150 (Girard, 1994), aussitôt suivie de la refonte et de la mise à jour du premier tome. Marc Girard est vite devenu l’un des exposants majeurs de la méthode d’analyse structurelle.

De son côté, le professeur W. Vogels devient, pour l’étude de l’Ancien Testament, l’un des premiers explorateurs chez nous et l’un des plus brillants exposants des lectures dites tantôt sémiotiques tantôt synchroniques de la Bible. Outre un article qui expose les limites de la méthode historico-critique (Vogels, 1980a), Vogels publie coup sur coup une approche synchronique du livre de Job (Vogels, 1980b) qui sera souvent commentée par la suite et même reprise en bonne partie par le théologien Gustavo Guttierez3, ainsi qu’un article non moins remarqué sur les chapitres 1-3 d’Osée (Vogels, 1981), mettant en oeuvre une lecture synchronique rafraîchissante d’un texte âprement débattu.

Consolidation et visibilité (1985-2000)

La période qui s’étend de 1985 à nos jours s’est avérée une période particulièrement féconde. Si les publications individuelles continuent de plus belle, une série de collectifs dûs à l’initiative et à l’expertise des chercheurs québécois marque un positionnement collégial de plus en plus fort au plan de la recherche sur la Bible hébraïque.

Au niveau individuel, signalons en particulier les recherches du professeur Marc Girard qui se continuent et marquent la fin de son grand oeuvre sur les psaumes (Girard, 1994) de même que sur les symboles bibliques (Girard, 1991). Le chercheur de Chicoutimi poursuit son analyse structurelle pointue mais, comme en témoigne le nouveau sous-titre donné à sa trilogie  : De la structure au sens, il entend dépasser la dimension purement technique et esthétique de l’analyse pour déboucher sur l’interprétation du sens.

On n’en finirait plus de recenser, pour cette période, les articles et ouvrages signés par Walter Vogels, disséminés selon un riche éventail de périodiques bibliques internationaux et portant sur un éventail très large de textes de la Bible hébraïque  : Genèse, Exode, Qohélet, Job, etc. Signalons seulement les principaux ouvrages, avec sa trilogie parue à l’enseigne de la collection «  Lire la Bible  » (Vogels 1995, 1996, 1997) et portant sur Job, Abraham (Genèse 12-25) et Moïse (de l’Exode au Deutéronome)  ; signalons également une refonte d’articles portant sur Genèse 1-11 et réunis en un seul volume (Vogels, 1992).

Les écrits de sagesse, Qohélet en tête, ont fait l’objet d’une série d’études remarquables de la part de Jean-Jacques Lavoie, professeur à l’U. du Québec à Montréal. Jean-Jacques Lavoie a d’abord produit un maître-livre sur Qohélet (1992) et ses nombreuses études sur le sujet, faisant preuve d’une maîtrise exceptionnelle du vocabulaire et de l’oeuvre de Qohélet aussi bien que des méthodes d’analyse structurelle du texte biblique, demeurent incontournables (Lavoie, 1992-1998).

Jean-Pierre Prévost, professeur à l’U. Saint-Paul puis au Collège dominicain d’Ottawa, a, pour sa part, privilégié l’option de la vulgarisation des études de la Bible hébraïque, en signant successivement le Petit Dictionnaire des Psaumes («  Cahiers Évangile  », 71) (Prévost, 1990a), la présentation des Rouleaux dans la «  Petite Bibliothèque de l’Ancien Testament  » (Prévost, 1990b), ainsi qu’un Pour lire les prophètes (Prévost, 1995). Il est maintenant collaborateur régulier de la revue Le monde de la Bible où, depuis septembre 1998, il est titulaire d’une rubrique sur les mots de la Bible.

L’équipe de professeurs d’Ancien Testament de l’U. de Montréal se montre également très présente dans le monde de la recherche avec les travaux de Jean Duhaime (1994a, 1994b), de Robert David (1994, 1995, 1998) et d’Aldina Da Silva (1994, 1995). Ces mêmes chercheurs sont d’ailleurs étroitement associés à la vague de collectifs parus récemment, et qui s’affiche comme l’un des faits dominants dans l’évolution de l’étude de la Bible hébraïque au Québec, puisque les sept dernières années ont donné autant de collectifs à forte incidence vétérotestamentaire. Ce sont, dans l’ordre  :

  • Entendre la voix du Dieu vivant (Duhaime et Mainville (dir.), 1994), avec des contributions de Léo Laberge (p. 11-24) sur la formation de la Bible hébraïque et de Jean-Jacques Lavoie sur l’intertextualité et le midrash (p. 83-91).
  • Loi et autonomie dans la Bible et la tradition chrétienne (Mainville, Duhaime et Létourneau (dir.), 1994), avec les articles de Jean Duhaime, «  Tôrâ divine et développement humain dans les Psaumes  » (p. 55-78) et de Robert David, «  Dieu donne-t-il la loi  ?  » (p. 39-54).
  • «  Où demeures-tu  ?  » (Jn 1, 38). La maison depuis le monde biblique (Petit, 1994). Ce collectif en hommage au professeur Guy Couturier à l’occasion de ses soixante-cinq ans est constitué, pour une bonne moitié, d’études de disciples, collègues et amis oeuvrant, comme lui, dans le monde de la recherche biblique vétéro-testamentaire (Aldina Da Silva, p. 17-30  ; Robert David, p. 53-69  ; Pierre Guillemette, p. 123-137  ; Paul-Eugène Dion, p. 139-151  ; Jean-Jacques Lavoie, p. 213-226  ; Walter Vogels, p. 227-244).
  • «  De bien des manières  ». La recherche biblique aux abords du XXIe siècle (Gourgues et Laberge (dir.), 1995) apparaît comme une contribution majeure des exégètes québécois de l’Ancien Testament qui, conjointement à leurs collègues du Nouveau Testament, ont présenté un état de la question des plus documentés sur les recherches relatives à leur domaine respectif de recherche  : Pentateuque (Robert David, p. 17-46)  ; Deutéronomiste (Léo Laberge, p. 47-77)  ; Prophètes (Walter Vogels, p. 70-118)  ; Psaumes (Marc Girard, p. 119-145)  ; Sagesse (Proverbes  ; Job  ; Qohélet) (Jean-Jacques Lavoie, p. 147-180)  ; Qumrân (Jean Duhaime, p. 181-226).
  • Des femmes aussi faisaient route avec lui… (ACÉBAC, 1995) contient pour sa part des articles d’Aldina Da Silva sur la condition féminine dans la littérature mésopotamienne et biblique (p. 75-102) et de Jean-Jacques Lavoie sur la femme dans le Cantique des Cantiques (p. 103-112).
  • Les patriarches et l’histoire. Autour d’un article inédit du père M.-J. Lagrange, o.p.(Couturier, 1998). Il s’agit là d’un dossier d’une remarquable actualité en cette époque de remise en question des traditions du Pentateuque, comprenant la publication et le commentaire d’un inédit du père Lagrange (Maxime Allard), un bilan des positions sur l’historicité des patriarches jusqu’à Roland de Vaux (Couturier) et un état de la question depuis de Vaux (Léo Laberge).
  • Faut-il attendre le Messie  ? Études sur le messianisme (David, 1998), avec un avant-propos (p. 5-13) et des «  propositions pour une interprétation du messianisme dans l’Ancien Testament  » signés par Robert David.

Signe de la vitalité et du positionnement des exégètes québécois, une nouvelle collection est née — «  Loi et Évangile  » —, visant à offrir la traduction d’ouvrages majeurs, jusque là non disponibles en français. Le tout se fait sous la direction de Guy Couturier. À ce jour, deux titres touchent directement l’étude de la Bible hébraïque, soit l’oeuvre de Walter Zimmerli (1990), Esquisse d’une théologie de l’Ancien Testament, et celle de Joseph Blenkinsopp (1993), Une histoire de la prophétie en Israël.

Et l’avenir  ?

La relève semble numériquement et qualitativement bien assurée avec les David, Lavoie, Gilbert et autres. Les revues Science et Esprit, Église et Théologie — maintenant Théoforum —, la création en collaboration avec les éditions Médiaspaul de collections telles «  Paroles d’Actualité  », sous la direction de Marc Girard et de Jean-Pierre Prévost, et de «  Sciences bibliques  », sous la responsabilité de la faculté de théologie de l’U. de Montréal, fournissent autant de stimulants et de débouchés pour la relève.

Si le passé est garant de l’avenir, on peut d’ores et déjà prédire que l’étude de la Bible hébraïque au Québec est promise à de belles années. Qu’il soit permis d’évoquer ici les principaux indices de vitalité et les principales avenues de la recherche dans ce domaine.

  1. Les chercheurs font preuve d’une étonnante productivité et le rythme récent des publications en témoigne éloquemment.
  2. La production d’un nombre impressionnant de collectifs ces dernières années reflète un climat de collaboration et de collégialité qui permet, là aussi, d’entrevoir un avenir prometteur.
  3. Si les méthodes historico-critiques sont toujours bien représentées, on ne peut manquer de souligner l’ouverture des chercheurs d’ici aux nouvelles méthodes de lecture (sémiotiques, structurelles, synchroniques, sociocritiques, etc.).
  4. L’intérêt marqué et un talent certain pour la vulgarisation ne sont pas ici l’exception, la plupart sinon la totalité des exégètes de l’Ancien Testament comptant déjà de nombreuses réalisations à ce chapitre.
  5. Enfin, dans la ligne de l’ouverture aux méthodes nouvelles d’interprétation, signalons la participation plus que significative des exégètes québécois à La Bible. Nouvelle Traduction (Bayard et Médiaspaul, parue à l’automne 2001). Parmi les «  binômes  » exégète-écrivain travaillant sur la traduction de la Bible hébraïque, des biblistes québécois assurent la traduction littérale, la préparation exégétique et les notes de pas moins de treize livres (près du tiers de l’Ancien Testament)  : Walter Vogels (Exode), Léo Laberge (Deutéronome et Jérémie), Robert David (Josué), André Myre (Juges et Sophonie), Marc Girard (Osée), Jean-Jacques Lavoie (Proverbes), Jean-Pierre Prévost (Job et Lamentations) et Aldina Da Silva (Ruth, Esther, Habaquq, Nahum).

Bibliographie

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1. Revue dominicaine, 50, I, mars 1944, p. 181-183.

2. Pour l’historique de cette traduction, voir Martin, 1996, p. 25-43.

3. Voir Gustavo Gutierrez, Job. Parler de Dieu à partir de la souffrance de l’innocent, trad. par Christine et Luc Durban, coll. «  Théologies  », Paris, Cerf, 1987, 174 p. Guttierez, qui connaît et cite les ouvrages de Vogels, ne lui a cependant pas donné le plein crédit d’une terminologie qu’il lui emprunte manifestement.

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