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Jean-Marc Larouche : Religion, éthique et société
Jean-Marc Larouche et Guy Ménard
I. Traditions religieuses de l’Humanité
II. Textes sacrés et traditions religieuses anciennes
III. Nouvelles manifestations du religieux dans la culture
IV. Religion, pratiques sociales et productions culturelles

Religion, éthique et société

Jean-Marc Larouche

S’il est un domaine des vastes terres de l’étude de la religion au Québec dont les frontières n’ont cessé de se déplacer — tant celles délimitant son objet même que celles se rapportant aux approches mises en oeuvre pour son étude —, c’est bien celui des rapports entre religion, éthique et société1. D’une certaine manière, ce domaine déborde largement les frontières mêmes de l’étude de la religion tant il se confond avec l’étude de la société dans son ensemble. En effet, tout comme Max Weber et Émile Durkheim ont cherché à expliquer et à comprendre, au début du XXe siècle, l’avènement de la société moderne en portant une attention particulière aux transformations des rapports entre religion et éthique, on peut certes dire que la compréhension et l’interprétation en termes de modernisation de la société québécoise au cours des années soixante se sont également appuyées et exprimées via l’étude des transformations vécues par ce couple tantôt béni, tantôt honni. Ainsi, on ne saurait évoquer des études et des travaux particuliers sans d’abord prendre la mesure du changement d’ordre socio-épistémique qui a marqué l’ensemble des approches, tant celles qui s’inscrivent dans une visée normative (par exemple, la théologie morale, l’éthique religieuse, la praxéologie) que celles animées par des visées descriptive / explicative / compréhensive (par exemple, histoire et sociologie de l’éthique). Pour désigner ce changement, ici comme en ailleurs en Occident, c’est le terme de sécularisation qui a été adopté. Entendu de manière canonique comme «  un processus d’autonomisation d’un champ qui échappe à la domination des significations et institutions religieuses  » (Berger et Luckmann, 1967), la sécularisation ne s’est pas limitée aux champs du politique et de l’économique, elle a aussi atteint les rives mêmes de la conscience morale. Tel est grosso modo le diagnostic qui s’est imposé au Québec au tournant des années 1960-1970 où commence notre parcours. On le poursuivra en identifiant, au fil des décennies, les principaux développements et en faisant ressortir les principaux axes d’étude et de recherche ainsi que les travaux et les publications qui en sont exemplaires.

Fin d’une religion, quête d’une éthique

Dans sa magistrale étude d’une paroisse canadienne-française du milieu des années soixante publiée sous le titre évocateur de Fin d’une religion, la sociologue Colette Moreux (1968) rapporte, dans le chapitre consacré à «  La morale familiale et sexuelle de la femme  », que plus de la moitié de ses informatrices transgressaient les prescriptions de l’Église en matière de régulation des naissances, illustrant ainsi le passage, fort bien décrit ailleurs par Jean-Guy Nadeau (faculté de théologie, U. de Montréal), d’une morale cléricale — élaborée, authentifiée et communiquée par des clercs à des laïcs — à une morale laïque «  où la vérité n’y est plus reçue, contemplée et répétée, mais [où] elle y est élaborée et expérimentée  » (Nadeau, 1985, p. 238-239). Si cette inadéquation entre la morale prescrite et la morale vécue éclata au grand jour avec la publication de l’encyclique Humanae vitae en 1968, elle n’a cependant pas été le fruit d’une génération spontanée. Pour la période de l’entre-deux-guerres, l’étude d’Andrée Lévesque (1989) sur la déviance des femmes par rapport aux normes illustre et témoigne du phénomène, alors que, pour la période de 1945 à 1960, on se permet de signaler les actes d’un colloque organisé sur ce thème à l’U. d’Ottawa en mars 1990 par l’historien Pierre Savard (CRCCF, 1991). On y trouvera une dizaine de textes — témoignages et analyses —, dont le nôtre, sur l’émergence d’un modèle socio-éthique rompant avec la morale sexuelle prescrite et annonçant un nouveau type de discours, la sexologie morale (Larouche, 1991a).

Au début des années soixante-dix, ce phénomène n’est cependant pas interprété par les chercheurs en théologie et en sciences religieuses qu’en termes de crise morale mais aussi comme une crise de la conscience morale (Lemieux, 1972  ; Relations, 377, 1972). Intitulé «  Crise et conscience dans l’éthique d’aujourd’hui  », le texte de Raymond Lemieux (U. Laval) est présenté «  en guise de relecture du rapport Dumont  » dont le rapport synthèse L’Église du Québec, un héritage, un projet venait à peine d’être publié. Rétrospectivement, cette relecture du rapport Dumont par Lemieux est des plus fascinantes dans la mesure où son propos apparaît emblématique d’une lecture articulant l’analyse sociologique et les exigences d’une philosophie sociale que de futurs travaux, tant de Raymond Lemieux lui-même (1987, 1990) que de Fernand Dumont (1987) et de Jacques Grand’Maison (1977) déplieront. Y domine l’idée que la crise religieuse n’est qu’«  un aspect, une perspective d’analyse particulière, concernant une crise globale de la culture qui l’enveloppe  » (Lemieux, 1972, p. 194) et que «  l’état de crise repose sur une certaine conscience des enjeux d’une société et implique le développement d’une conscience. (…) Ainsi, toute crise sociale devient une crise morale, et dès lors une crise de la conscience morale.  » (p. 196) Ce diagnostic appelle un pronostic qui, on le verra plus loin, ralliera les éthiciens dans l’élaboration «  d’une éthique dans l’engagement, dans la quotidienneté, et dans la solidarité à la base  » (p. 202).

Quant au dossier de la revue Relations sur l’évolution de la conscience morale au Québec, celui-ci est introduit en ces termes  : «  Nous ne sommes plus aujourd’hui en face du clivage habituel entre “progressistes” et “conservateurs”, entre “laxistes” et “rigoristes” ou “intégristes” (…). La crise se situe aujourd’hui au niveau de la façon dont on fonde la morale et ses exigences, au niveau de la conscience elle-même désemparée.  » (Relations, 377, 1972, p. 323) On voit donc clairement apparaître la tâche de ceux qui, moralistes, deviendront des éthiciens, c’est-à-dire non plus des hérauts du code moral, mais des chercheurs de nouveaux fondements, des passeurs de frontières en quête d’une nouvelle éthique (Grand’Maison, 1977). En effet, si certains adoptent cette posture dans le cadre confessionnel de la théologie morale catholique, par ailleurs cohérente avec une interprétation libérale de certaines avancées suscitées par le concile du Vatican II, d’autres délaisseront ce cadre confessionnel au profit d’une recherche éthique dite «  autonome  » ou encore «  séculière  » (Couture, 1983, 1989, 1993). Dans le premier cas, on pense, entre autres et à titre exemplaire, aux travaux d’André Guindon (U. Saint-Paul) en matière d’éthique sexuelle2  ; dans le deuxième cas, on pense, entre autres et toujours à titre exemplaire, à Guy Bourgeault (U. de Montréal). Dans le numéro précité de la revue Relations, Bourgeault (1972) signe un article intitulé «  Le personnalisme… et au delà… certitudes et incertitudes de la conscience contemporaine  »  ; il y convie les philosophes et les théologiens à dépasser non seulement la morale traditionnelle, mais aussi la morale personnaliste — trop contaminée, à son avis, par l’idéologie libérale — au profit d’une morale communautaire, d’«  une volonté de participation active au devenir communautaire de l’homme  » (Bourgeault, 1972, p. 326). Dans la même revue, G. Bourgeault signe quelques mois plus tard (1973a, 1973b) deux autres articles où, comme il l’a écrit quelque vingt ans plus tard, il a cherché à élaborer «  une vision d’une évolution de la conscience morale en trois temps correspondant à trois accents dominants ou à trois modes de l’éthique  » (Bourgeault, 1990, p. 72, n. 1). Si, au milieu des années soixante-dix, se consolide le deuxième temps, celui d’une libération de l’éthique du modèle clérical traditionnel, les années quatre-vingt apporteront de nouvelles exigences suscitées par les questions reliées à l’environnement et au développement des techno-sciences auxquelles cherchera à répondre une nouvelle «  éthique de la responsabilité partagée, à la fois solidaire et différenciée  » (Bourgeault, 1990, p. 72).

Le paradigme émancipatoire  : éthique de la libération, libération de l’éthique

Lorsque les remparts du grand récit de l’ordre et du code moral auquel il fallait se conformer se sont effrités et que les écarts ressentis entre les identités individuelles et le modèle culturel jusque là dominant ne se sont plus modulés sur le registre de la culpabilité (morale cléricale), on avait là les conditions d’émergence de nouveaux discours et de l’éclosion d’une autre symbolique socio-éthique (morale laïque). Celle-ci se rapporte alors aux récits de libération individuelle et sociale, et les pratiques universitaires dans le domaine de l’éthique (recherches, programmes, colloques, etc.) ne sont pas restées sur la touche, faisant de l’éthique un champ d’étude, de recherche et d’intervention sociale de plus en plus autonome. Ouverte aux diverses grilles d’analyse du social, notamment le marxisme, sensible aux divers mouvements sociaux et nationaux de libération qui marquent la fin des années soixante et le début des années soixante-dix (Ménard, 1977, 1978, 1980), une nouvelle génération d’éthiciens et d’éthiciennes fait son apparition dans les départements de théologie et de sciences religieuses. Abordant des thématiques telles le développement régional, le droit à l’autodétermination politique de la collectivité québécoise, les droits linguistiques, le monde du travail et de l’économie, l’école, les rapports entre les femmes et les hommes, une nouvelle éthique se conjugue au gré des récits émancipatoires alors en pleine effervescence — et qu’Éric Volant présente comme autant de «  points chauds de l’éthique au Québec aujourd’hui  » (Volant, 1979).

C’est dans ce contexte que l’on peut situer la création du programme d’études universitaires de 2e cycle en éthique au département des sciences religieuses de l’U. du Québec à Rimouski3. Le premier numéro des Cahiers éthicologiques de l’UQAR (1974), publié trois ans avant l’inauguration du programme, en 1977, en témoigne. Dans l’éditorial, Rodrigue Bélanger souligne qu’«  il n’est pas exagéré de parler d’un véritable renouveau de la recherche éthique, suscité principalement par l’émergence des problèmes inédits qui se posent à la conscience contemporaine. (...) Libre de toute servilité à l’égard de la loi, le discours éthique doit avant tout dire oui au déploiement de la vie et à la dynamique de l’histoire.  » (Bélanger, 1980 [1974], p. 4) Dans la même publication, Pierre Fortin exprime pour sa part le caractère émancipatoire de l’éthique à faire  : «  Au service de la libération de l’homme, l’éthicien évitera, après cette vaste entreprise analytique et synthétique, de demeurer bien au chaud dans les salons de l’académisme. Pour être digne de confiance, son discours doit porter les marques de ses engagements, de ses inquiétudes, de son espérance et de sa joie. Il ne peut pas se réfugier bien longtemps derrière la froidure d’un système quel qu’il soit.  » (P. Fortin, 1980 [1974], p. 42-43 ) Dans un autre article intitulé «  Pour une éthique québécoise  » — nous sommes alors en 1976 à l’aube de l’élection d’un gouvernement prônant la souveraineté politique du Québec —, Pierre Fortin reprend ce thème émancipatoire de l’éthique en signalant au passage l’émancipation même de l’éthique  : «  Une première constatation s’impose à mon esprit  : les éthiciens et les moralistes québécois répètent plus ou moins heureusement ce qui se pense ailleurs. D’où l’urgence de l’instauration d’un discours éthique québécois qui s’enracine dans notre histoire, et qui soit au service de la libération des hommes et des femmes d’ici.  » (P. Fortin, 1976, p. 73) Une étude exemplaire de la même époque et du même milieu est celle de Monique Dumais sur le rôle d’une éthique théologique et ecclésiale dans un contexte de changement social. Monique Dumais s’est intéressée à celle qui marqua, dans les années soixante et soixante-dix, les Opérations-dignité — résistance aux projets technocratiques de fermetures de villages du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (M. Dumais, 1978).

De plus, la proposition et l’utilisation du néologisme éthicologie pour désigner l’approche préconisée à l’UQÀR témoignent de façon significative de cette volonté d’émanciper et d’élargir le discours sur l’éthique. Ce néologisme ayant été proposé par Pierre Fortin (1981a, 1981b, 1983, 1985), l’équipe rimouskoise a fait preuve, en l’adoptant, d’une hardiesse bien caractéristique des universitaires québécois qui n’ont pas craint, à l’époque, de former des néologismes pour identifier de nouvelles disciplines ou de nouvelles approches dans un champ donné, dont l’exemple connexe est celui de la religiologie pour désigner l’étude du phénomène religieux au département des sciences religieuses de l’U. du Québec à Montréal. Sur le voisinage de ces deux perspectives d’étude de l’éthique et de la religion, la conclusion d’un article de Louis Rousseau (UQÀM) publié en 1974 dans la revue Sciences religieuses /Studies in Religion est des plus éloquente  :

On tendrait donc à répondre par l’affirmative à la question de l’appartenance du discours éthique aux réseaux du mythe et de l’utopie qui forment l’essentiel d’une vision du monde. Mais alors le travail de celui qu’on propose de nommer l’éthicologue devrait s’étendre jusqu’à l’élucidation des fondements symboliques fondamentaux des conduites éthiques empiriquement analysées. Et nous retrouverions alors un voisinage de l’éthicologue et du religiologue dont l’ensemble de ce texte, transgressant largement les frontières habituelles de l’historiographie, pose la nécessité. (Rousseau, 1974, p. 346).

Ce voisinage espéré n’aura cependant pas lieu, ainsi que nous l’avons déjà explicité dans une courte analyse des projets éthicologique et religiologique (Larouche, 1994). Si la perspective éthicologique a pris plus tard ses distances avec une visée éthique émancipatoire, son inscription et son utilisation dans le curriculum d’enseignement et de recherche sont, au départ, des signes d’une émancipation de la pratique universitaire dans le champ éthique. En effet, que ce nouveau programme ait été initié par un département de sciences religieuses (offrant des programmes en théologie) témoigne du fait que, dans les années soixante-dix, au Québec, c’est au sein des départements de théologie et de sciences religieuses que la pratique universitaire dans le domaine éthique s’est le plus renouvelée, au point même de se séculariser. Les cours en éthique se sont multipliés, la recherche s’est engagée sur des voies que lui apportaient les expériences de terrain et elle s’est souvent transformée en recherche-action, menant du même coup l’universitaire à participer directement à des processus de changement social (Grand’Maison, 1979  ; Bertrand, 1979).

Ce développement n’a pas échappé à l’attention des Européens, ainsi qu’en témoigne un numéro de la revue française Le Supplément (128, septembre 1979) entièrement consacré à l’éthique au Québec. En plus des textes de Jacques Grand’Maison, de Guy-M. Bertrand et d’Éric Volant que avons déjà signalés, on peut y lire ceux d’Anita Caron sur l’enseignement moral dans l’école québécoise, de David Roy sur la bioéthique alors en pleine émergence, de Monique Dumais sur le développement régional, et enfin celui de René Desrosiers et de Pierre Fortin sur le programme de maîtrise en éthique de l’UQÀR. Présentant l’ensemble de ces textes, le théologien français René Simon ne manqua pas de souligner que ceux-ci «  présentent un intérêt évident, dans la mesure, notamment, où la recherche d’une identité culturelle et linguistique se voit obligée d’assumer la particularité de l’enracinement dans le sol d’un pays, d’une histoire, d’une économie, d’une politique et d’une existence religieuse déterminés, et l’ouverture sur le grand large  ; ni replis particulariste  ; ni extension par perte de sa propre substance  ; dans les deux cas, il y aurait risque de mort.  » (Simon, 1979, p. 5)

Les éthiques sectorielles

Avec les résultats du référendum proposé en 1976 par le gouvernement québécois sur la souveraineté-association du Québec, les discours de libération (dont celle du Québec au plan politique avait nourri l’imaginaire social) s’essoufflent, et une demande ambiguë de normativité succède aux visées émancipatoires de l’éthique et à la quête de sens qu’elle portait. Faute de sens où se ressourcer pour orienter l’action, certains évoquent alors le passage du souffle moral au code (Doucet, 1983). L’expertise juridique tend à se substituer à l’interpellation éthique et les déontologies se multiplient sans qu’une cohérence et une visée commune soient nécessairement assurées. À défaut de bien commun, chacun protège le sien et le social se vide de l’intérieur. On est à un pas de proclamer la fin même de l’éthique (Chamberland, 1986) alors que plusieurs se gaussent de son retour. La symbolique socio-éthique prend alors la figure de l’être désenchanté que le politologue Jean-Marc Piotte rapporte à «  l’héritage que transmettent des soixante-huitards à la jeune génération  : un monde objectivement en crise assumé subjectivement dans le non espoir et la non foi par la solidarité ponctuelle de solitaires  » (Piotte, 1990, p. 77 ). C’est dans ce contexte que surgit le développement de nouvelles orientations dont celle de l’éthique appliquée ou des éthiques sectorielles, dans lesquelles se recomposent de nouvelles articulations entre éthique et religion (Larouche, 1995). Trois principaux chantiers sont alors en friche  : la bioéthique, l’éthique professionnelle et celle des affaires, l’éthique de l’environnement. Ce dernier domaine étant traité dans ce collectif par le texte de Jean-Guy Vaillancourt («  Religion et environnement  »), nous nous limiterons ici aux deux autres.

Pour la bioéthique — déjà introduite par le texte de David Roy dans la revue Le Supplément (128, 1979) —, plusieurs spécialistes de l’éthique, tant en théologie qu’en sciences religieuses, investissent ce nouveau domaine de la cure des âmes au sein même de celui de la cure des corps (Larouche, 1993a). Pour les théologiens, Hubert Doucet s’est imposé comme une figure clé, d’abord à l’U. Saint-Paul et, par la suite, à l’U. de Montréal. Outre de nombreux textes abordant des problèmes de bioéthique sans nécessairement faire intervenir le facteur religieux, il s’est attardé spécifiquement à mieux saisir l’articulation de la religion et de l’éthique via le travail et la présence du théologien en ce domaine (1983, 1995, 1996a, 1997, 2000) et via l’analyse des positions éthiques promues par diverses instances confessionnelles sur des sujets particuliers (1984, 1986, 1987, 1998). Mais c’est dans le cadre du numéro thématique de Religiologiques sur «  Questions d’éthique en sciences des religions  » (13, 1996), qu’il présente un texte synthèse sur la place qu’occupe la religion en bioéthique. Guy Durand, de la faculté de théologie de l’U. de Montréal, a également joué un rôle de premier plan dans le développement des programmes de bioéthique et a publié de nombreux articles et livres (1986, 1989, 1992, 1999). Du côté de la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’U. Laval, il nous faut mentionner les travaux de Bernard Keating (1978, 1990, 1993, 1995) et du côté de l’U. de Sherbrooke, ceux de Jean-François Malherbe (1996, 1999) et de Jean Desclos (1993). Dans une perspective éthico-religiologique, on référera notamment au texte de d’Éric Volant sur «  le diagnostic prénatal et les formes contemporaines du sacré  » (1989) de même qu’à son texte sur «  le souci de moralité  » en bioéthique qu’il présente davantage, et avec une audace bien appuyée sur Heidegger et Jonas, comme un essai de symbioéthique (1991).

Du coté de l’éthique des affaires, la légitimité de l’éthique théologique dans ce champ a notamment été analysée et explorée par Pierre Lecours (1994, 1995, 1999) et plus particulièrement développée avec les travaux de Michel Dion de la faculté de théologie, d’éthique et de philosophie de l’U. de Sherbrooke (1996, 1998a, 1998b, 1998c, 1998d, 2000). Plus récemment, l’intérêt pour la prise en compte du facteur religieux dans le champ du management et des affaires est le fait même des chercheurs en sciences de l’administration tel Thierry Pauchant (2000). Du côté anglophone, Frederick Bird, du département de religion de l’U. Concordia, a publié depuis 1986, et sur une base régulière, de nombreux articles dans la revue spécialisée Journal of Business Ethics de même que des livres en solo et en collaboration (1991a, 1991b, 1996).

Le facteur religieux en éthique

Si l’étude de la religion croise, comme on vient de le voir, les développements des éthiques sectorielles, elle ne peut faire l’économie de l’étude des éthiques religieuses dans la mesure où celles-ci s’incorporent dans des pratiques individuelles et collectives, des éthos dont les composantes axiologiques et normatives sont à mettre en relation avec les représentations et les croyances religieuses. Les praticiens des sciences humaines sont ici convoqués, tant ceux qui se situent dans le champ des sciences religieuses (religiologie, sciences humaines et sociales des religions) qu’à l’extérieur de celui-ci. L’abord est donc moins l’éthique en tant que science se rapportant à l’action (visée normative) que l’éthique comme objet d’étude en tant qu’il est relié au religieux — visée explicative / compréhensive (Larouche, 1993b).

Ainsi avons-nous nous-même étudié l’émergence de la sexologie et de la thanatologie dans leur rapport à l’éthico-religieux (Larouche, 1991b). Dans la foulée des travaux de Robert N. Bellah sur l’individualisme et les «  habitudes du coeur  » des Américains (1985), plusieurs professeurs et étudiants du département des sciences religieuses de l’U. du Québec à Montréal ont produit et publié sur l’actualisation théorique et empirique de ces thèmes en contexte québécois (Caron et Campeau, 1990  ; Chagnon, 1986, 1990  ; Prades, 1989, 1991, 1993  ; Tessier, 1991). Si ces travaux s’inscrivaient dans une recherche compréhensive du facteur éthico-religieux dans la modernité, d’autres professeurs et étudiants du même département s’attarderont plus tard au facteur éthico-religieux dans la postmodernité (Jeffrey, 1993, 1994, 1996, 1998  ; Ménard, 1999).

Si les approches qui précèdent se modulaient davantage sous le mode de l’analyse sociologique, les historiens n’ont pas manqué d’étudier la moralité vécue. Du département des sciences religieuses de l’UQÀM, Louis Rousseau y a consacré plusieurs études qui, de sa thèse doctorale (1976) à son dernier ouvrage publié en 1998, en ont abordé divers aspects. Dans l’ouvrage de 1998, il signe, en collaboration avec Fréderic Castel, un chapitre des plus pertinents («  Les conduites qui désolent  ») où il est question de la vie des auberges, de l’encadrement parental, des mauvaises paroles, des vices économiques, des moeurs sexuelles et de l’amour des biens matériels. Parmi les historiens qui ne sont pas associés à des départements de sciences religieuses, on ne peut manquer de souligner les travaux réalisés par Serge Gagnon et René Hardy du Centre d’études québécoises de l’U. du Québec à Trois-Rivières. Le premier s’est investi dans un vaste projet de recherche sur la morale amorcé dès 1984 dans un article intitulé «  Morales d’aujourd’hui, morales d’hier  » et en quelque sorte bouclé par la publication, en 1999, d’un livre au titre des plus appropriés pour notre propos  : Religion, moralité, modernité. Durant cette période, Gagnon s’est proposé d’étudier le passé éthico-religieux des Québécois. Les résultats de sa recherche forment une trilogie portant sur les attitudes et pratiques reliées à la mort (1987) et sur celles reliées à la sexualité (1990, 1993 — voir également, à ce propos, l’article de Guy Ménard et Roger Lussier dans ce livre sur «  religion et sexualité  »). René Hardy s’est pour sa part intéressé au charivari (1993) et au juron religieux (1998) avant de publier (1999) un ouvrage synthèse intitulé Contrôle social et mutation de la culture religieuse au Québec, 1830-1930.

Si l’étude des moeurs des Québécois est l’affaire des chercheurs francophones, l’étude comparative des éthiques religieuses est celle des chercheurs anglophones et l’on doit souligner l’importante contribution des professeurs Frederick Bird, David Miller et Jack Lightstone, du département de religion de l’U. Concordia  ; ceux-ci, en 1981, publient chacun un article dans le cadre d’un dossier de l’importante revue américaine The Journal of Religious Ethics. En 1990, 1993 et 1996, F. Bird ajoute trois importantes publications sur ce sujet. On signale également l’étude récente parue dans la même revue par Arvind Sharma, «  Birks professor of comparative religion  » à la faculté des sciences religieuses de l’U. McGill (1999).

Outre ces approches relevant de la triple visée descriptive  /  explicative  /compréhensive propre aux sciences humaines, certains, en sciences religieuses, se sont engagés dans une autre perspective théorique, celle de l’analyse conceptuelle, soit l’élucidation des concepts fondamentaux en jeu, en occurrence la religion et l’éthique. On retiendra, entre autres, l’article que Roger Lapointe a consacré à l’ouvrage de Michel Despland, La religion en Occident (Despland, 1979) où il fait justement ressortir le sous-thème de la morale (Lapointe, 1982). Éric Volant a également contribué à ce volet par quelques articles et son ouvrage intitulé Les Morales (1983, 1985, 1991, 1999). Plus récemment, la discussion s’est engagée sur le statut et la portée de l’éthique religieuse au sein de l’espace public et dans le cadre des théories sur l’identité morale. On pense notamment aux articles d’Anne Fortin à propos de Habermas, de Taylor et de Ricoeur (1989, 1991, 1995, 1998) et à ceux de Guy Jobin à propos de Jean-Marc Ferry et de John Rawls (1998, 1999, 2000) de même qu’à celui que nous avons nous-même publié avec Guy Jobin (Larouche et Jobin, 1999). Dans cette même veine s’inscrit le livre de Gregory Baum consacré à l’étude des perspectives éthiques et religieuses du nationalisme (1998)  ; sur l’ensemble de la contribution de ce dernier à l’éthique religieuse dans l’espace politique, on lira avec intérêt le numéro que lui a consacré en 1996 la revue Laval théologique et philosophique (52, 1). Du point de vue des sciences politiques, on lira avec profit l’article de Yves Boisvert (INRS), «  L’éthique est-elle une nouvelle “religio” civile au service de la démocratie  ?  » (1998).

On nous pardonnera de terminer ce bilan en mentionnant de nouveau le numéro 13 (1996) de Religiologiques que nous avons dirigé sur le thème «  Questions d’éthique en sciences des religions  ». Ses questions relèvent de l’effort réflexif des chercheurs en sciences religieuses à se reconnaître non seulement comme des sujets épistémiques mais aussi comme des sujets éthiques capables de saisir le rôle éthique de leur discipline dans le champ des savoirs en sciences humaines (voir en particuler les textes de Georges Tissot, Sheila McDonough) tout autant que capables de saisir les enjeux éthiques de la recherche en sciences religieuses (textes de Jean-Paul Rouleau, Alfred Dumais, Éric Volant). Raymond Lemieux a aussi contribué à ce volet (1994) avec, en écho du côté anglophone, les préoccupations de Marc P. Lalonde (1997).

Perspectives

Le parcours que nous avons fait montre que les préoccupations de recherche ont été tendanciellement — mais non exclusivement pour chacune des grandes périodes — d’ordre culturel (crise de la morale), social (éthiques sectorielles) et subjectif (le sujet éthique)  : c’est en lien avec ces catégories du monde vécu (la culture, la société, la personnalité) que nous dégagerons quelques perspectives d’avenir. Associées en premier lieu à la composante de la culture, la religion et l’éthique participent au processus de reproduction culturelle en tant que schèmes d’interprétation sociale  ; et s’il y a désarticulation entre elles, l’interprétation dominante se fait, comme nous l’avons montré dans la première partie de ce texte, en termes de crise ou de perte du sens au plan de la culture avec des effets de délégitimation au plan de la société et de crise dans l’orientation éducative des individus. Dans cette perspective, il semble que les sciences de la religion et de l’éthique soient encore tout indiquées pour contribuer à une transmission critique des savoirs culturels par l’étude des diverses traditions éthico-religieuses contemporaines qui sont venues enrichir l’espace socio-religieux du Québec. Dans le champ ouvert par l’insertion dans le cursus scolaire d’un programme d’éthique et de culture religieuse, de nombreux travaux de synthèse sont sans doute à faire afin de pouvoir compter sur du matériel d’ici.

Lorsque la religion et l’éthique sont associées en premier lieu à la société, l’enjeu se déplace  ; il ne s’agit plus de reproduction culturelle mais d’intégration sociale qui se manifeste par des relations interpersonnelles régulées par des normes légitimes. Lorsque celles-ci sont en déficit ou en crise, l’interprétation dominante évoque l’anomie  ; et ses effets, au plan de la culture, sont interprétés en termes d’insécurité identitaire et, au plan de la personne, en termes d’aliénation. L’enjeu devient proprement politique, et les sciences des religions et de l’éthique ont certes à contribuer à la compréhension des problématiques qui sont sur ce registre. La question des minorités religieuses et celle des rapports sociaux traversés par le pluralisme des identités religieuses constituent certes un enjeu éthique par lequel les chercheurs sont interpellés.

Enfin, lorsque la religion et l’éthique sont associées en premier lieu à la dynamique personnelle, la reproduction culturelle et l’intégration sociale font place à l’enjeu de la socialisation, à la formation de personnes autonomes et responsables dont le déficit s’interprète en termes de crise de l’identité personnelle, avec ses effets de rupture avec les traditions au plan de la culture et de désengagement au plan social. La formation personnelle et sociale est ici en jeu.

Par leur articulation à la culture, à la société et à la personne, les façons d’aborder la question des rapports entre éthique et religion seront donc différenciées et elles ouvrent autant de chantiers de recherche dont la pertinence sociale ne fait aucun doute. En plus des ces trois avenues, les recherches doivent continuer dans la foulée de ce que nous avons relevé dans le bilan. Ces différentes approches nous sont nécessaires pour dégager avec rigueur les différentes corrélations qui peuvent exister entre les croyances, les valeurs et les pratiques sur divers thèmes donnés, soit sur les inductions concrètes de la religion sur la conduite de la vie. Ainsi, les enquêtes récentes, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, illustrent divers phénomènes qui méritent d’être problématisés davantage qu’ils ne le sont  : individus chez qui se croisent religion et éthique «  à la carte  »  ; individus fort distants des institutions religieuses et de leurs référents mais qui accordent un grand intérêt à leur enseignement moral, notamment lorsque celui-ci concerne des problèmes à l’interface de l’éthique et du politique (tiers-monde, solidarité) ou encore lorsqu’il touche les cordes de la sensibilité contemporaine pour les questions du sens de la vie et de la mort.

Enfin, nous avons évoqué dès le début de ce texte les figures de Weber et de Durkheim. Le recours à ces classiques est en quelque sorte incontournable puisque ceux-ci ont consacré une part importante de leur oeuvre à l’étude de la religion et de l’éthique. Cependant, nous ne sommes plus dans les situations qui ont marqué leurs travaux, mais «  s’ils nous parlent encore, si nous sommes toujours concernés par leurs recherches, ce doit être parce que de nous à eux, par-dessous les différences de conjectures et de lieux, une même situation historique plus fondamentale nous tient ensemble, de même que subsistent de grandes interrogations toujours vivantes aujourd’hui  » (Dumont, 1990). À nous de les aborder  !

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1. L’auteur remercie Gabriel Lefebvre et Alexandre Méthé, étudiants en sciences des religions à l’UQÀM, pour leur collaboration à la recherche documentaire de cet article.

2. Voir dans ce collectif, à propos de André Guindon, l’article de Guy Ménard et de Roger Lussier sur l’étude des rapports entre religion et sexualité.

3. Nous reprenons ici librement ce que nous avons déjà écrit sur l’éthique à l’U. du Québec à Rimouski (voir Larouche, 1992).

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