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Richard Lougheed : Les traditions protestantes
Jean-Marc Larouche et Guy Ménard
I. Traditions religieuses de l’Humanité
II. Textes sacrés et traditions religieuses anciennes
III. Nouvelles manifestations du religieux dans la culture
IV. Religion, pratiques sociales et productions culturelles

Les traditions protestantes

Richard Lougheed

Dès leurs débuts en 1517 avec les célèbres thèses de Martin Luther, les Églises protestantes ont toujours eu des formes multiples. Parmi les grandes Églises protestantes on peut distinguer l’Église d’Angleterre (ou anglicane), l’Église luthérienne d’Allemagne et de Scandinavie, les diverses Églises réformées (calvinistes) de Suisse, de France, des Pays-Bas et d’Écosse (cette dernière étant appelée presbytérienne). À part ces Églises historiquement reliées à l’État, on trouve au Québec d’autres Églises historiques dont les Méthodistes, les Congrégationalistes et, depuis 1925, l’Église Unie du Canada, née d’un regroupement de ces deux dernières dénominations et de l’Église presbytérienne. Signalons enfin un troisième groupe d’Églises, dont une caractéristique fondamentale est de ne baptiser que ceux qui ont la capacité de professer leur propre foi, en excluant du coup le baptême des jeunes enfants  ; parmi plusieurs, citons les Mennonites, les Baptistes, les Pentecôtistes, les Frères, ainsi que l’Alliance chrétienne et missionnaire. À notre époque, par ailleurs, le clivage le plus important partage les «  protestants  » entre ceux qui adoptent une théologie «  libérale  » (où se combinent une priorité pour la justice, un encouragement du pluralisme et une minimisation de la dimension surnaturelle) et ceux qui, s’appelant eux-mêmes «  évangéliques  », se perçoivent en continuité avec l’orthodoxie de la Réforme, croyant en la priorité de l’autorité de la Bible et en la justification par la foi seule, tout en ajoutant la nécessité d’une «  nouvelle naissance  ».

Présence protestante au Québec

La présence protestante au Québec a commencé très tôt, avec des matelots ayant accompagné Jacques Cartier dans ses voyages. Entre 1541 et 1627, ce sont des huguenots (protestants francophones) qui contrôlaient le commerce de la fourrure et le poste de gouverneur, en Nouvelle-France. Même après leur exclusion officielle de la colonie par décret royal, en 1627, ceux-ci y sont fréquemment venus pour le commerce, voire pour trouver un lieu malgré tout plus accueillant que la mère-patrie. Après la Conquête anglaise de 1760, quelques huguenots ont travaillé pour le gouvernement britannique au sein de l’armée, de l’administration ou de la justice, là où on avait besoin de francophones. Cependant, puisqu’aucune confession autre que l’Église catholique, à l’époque, n’offrait de culte ou d’éducation en langue française, presque tous les huguenots ont été assimilés à la langue et à la culture anglaises. Les Églises anglicane et presbytérienne, avec l’aide de l’État, se sont tranquillement établies parmi les immigrés anglophones. Au début du XIXe siècle une vague évangélique a amené des missionnaires baptistes et méthodistes pour faire de l’évangélisation parmi les immigrants anglais. Entre 1830 et 1840, d’autres missionnaires, de France et de Suisse ceux-là, sont également venus pour évangéliser mais, cette-fois ci, en milieu francophone.

Depuis cette brèche, vers 1840, l’expansion franco-protestante fut lente mais néanmoins assez substantielle pour inquiéter les autorités catholiques. Après un sommet démographique autour de 1905, le déclin des effectifs franco-protestants s’est poursuivi tout au long du XXe siècle. Notons le départ de la majorité des protestants anglophones et francophones, compte tenu de la prédominance du catholicisme au Québec. Le déplacement graduel — de Montréal vers Toronto — des sièges sociaux de plusieurs Églises protestantes a eu entre autres conséquences la marginalisation de la situation particulière des protestants au Québec. Les tentatives de regroupement entre protestants, pour rivaliser avec le catholicisme et exercer une influence sur les nouveaux immigrants, a abouti à la création, en 1925, de la plus grande dénomination protestante canadienne — l’Église Unie du Canada. À travers les décennies, plusieurs ont par ailleurs lutté contre l’assimilation des enfants franco-protestants, rendue en bonne partie inévitable en raison du refus des commissions scolaires protestantes d’offrir des écoles de langue française. On peut ajouter que la Révolution tranquille des années soixante a hâté le départ d’un bon nombre d’anglo-protestants tout en ouvrant des nouvelles possibilités aux franco-protestants. Le concile de Vatican II a également éliminé nombre de barrières et facilité une évolution des choses dont on peut retenir ici deux voies principales  : d’une part, le fait que les Églises protestantes «  traditionnelles  » aient poursuivi un important dialogue oecuménique (voir de Mestral, 1983), comme en témoigne notamment la réalisation conjointe du Pavillon chrétien de l’Expo 67  ; et, d’autre part, une expansion rapide des Églises évangéliques (Lougheed, Peach et Smith, 1999) qui rassemblent de nos jours les protestants les plus visibles au Québec.

L’étude du protestantisme au Québec

Monde anglo-protestant

L’histoire de l’impact anglo-protestant au Canada est bien documentée. Au Québec les anglo-protestants se sont toujours vus comme différents de leurs coreligionaires ailleurs au Canada, du fait de leur statut minoritaire soumis à un gouvernement catholique, guidé par les évêques. Le survol récent de George Rawlyk, The Canadian Protestant Experience (1990), est excellent mais il ne fait qu’effleurer le Québec et surtout le fait franco-protestant. Denis Fortin (1995), pour sa part, étudie le monde peu connu des adventistes. Jane Greenlaw (1989) a étudié les non-conformistes de Montréal au XIXe siècle et Françoise Noël (1988) a examiné l’évangélisation dans les Cantons-de-l’Est. Bien que Robert Black (1989) ait éclairé plusieurs aspects des missions anglicanes dirigées vers les franco-protestants, il s’est toutefois limité aux commentaires des Anglais. Pour la meilleure liste des assemblées, pasteurs et organismes voir le Christian Directory (Montréal, Direction chrétienne, annuel)  ; pour des statistiques par dénomination entre 1950 et 1997, voir Lougheed, Peach et Smith (1999). On constate en particulier un déclin dans le nombre d’Églises depuis 1960, sauf au sein des groupes évangéliques. Voir également les actes du congrès de 1999 de la Société canadienne d’histoire de l’Église catholique (SCHÉC, 2000).

Monde franco-protestant

a) Institutions protestantes

Le champ d’étude qui paraît en pleine expansion concerne donc un petit groupe franco-protestant, doublement minoritaire — face à la majorité québécoise catholique et face à la majorité anglophone au sein des diverses dénominations protestantes. À ce sujet, on trouve plus de mémoires de maîtrise que de thèses doctorales, de même qu’on recense plus d’articles que de monographies. C’est seulement vers les années soixante-dix qu’on commence à voir apparaître des études plus objectives, qui délaissent les perspectives confessionnelles avec leur caractère polémique ou hagiographique. Cela dit, les volumes de Duclos (1912, 1913) restent des sources riches, tandis que les albums populaires de Fines (1972, 1988) constituent de bons points de départ pour retracer les origines des groupements actuels. Enfin, le Répertoire chrétien (annuel) donne les meilleures listes des assemblées, pasteurs et organismes avec une catégorisation par groupe ethnique et par ville ou quartier.

Pendant les années soixante-dix, une première vague d’intérêt s’est manifestée pour l’histoire encore largement ignorée de la communauté protestante. Marc-André Bédard (1978), étudiant à l’U. Laval, a creusé des registres d’abjuration, pour révéler la présence de plusieurs protestants pendant les années d’exclusion, soit entre 1627 et 1759. Au même moment, John Bosher a publié la première de plusieurs études d’histoire sociale et économique (1974, 1994) sur la dominance économique des marchands huguenots de France au Québec. Quant à René Hardy, professeur au département d’histoire et chercheur au Centre d’études québécoises de l’UQTR, ses intérêts se sont portés vers une réévaluation de l’effet du «  prosélytisme  » protestant du XIXe siècle parmi les francophones (1975). Si les historiens cléricaux n’ont discerné aucun impact significatif, Hardy, en utilisant des sources missionnaires de Suisse, a décrit les enjeux et les résultats avec plus d’objectivité, comparant les efforts des Anglais (French Canadian Missionary Society) et des Suisses (Mission de la Grande Ligne). Tous ces ouvrages ont vu le jour au cours de cette décennie où le dialogue oecuménique entre les grandes Églises a commencé et où l’expansion des assemblées franco-protestantes a rendu plus manifeste leur présence contemporaine.

Cette présence accrue a produit des institutions franco-protestantes ayant un intérêt pour leur propre histoire. Pour la première fois depuis 1925, est apparue la possibilité d’étudier au niveau universitaire — et en français — la théologie et l’histoire protestantes. À partir de 1982, le Centre d’études de théologie évangélique (CÉTÉ, devenu la Faculté de théologie évangélique en 1994), affilié à l’U. Acadia (Nouvelle-Écosse), a été dirigé par Nelson Thomson, historien de formation et pasteur baptiste expérimenté en milieu francophone. Tout en recueillant des documents, journaux et archives, Thomson a recommencé l’interprétation du fait franco-protestant de l’intérieur, publiant plusieurs articles en anglais ainsi que des chroniques des Églises locales, pour leur anniversaire. Si les priorités de Thomson furent l’organisation académique et la vie de l’Église franco-protestante d’alors, celui-ci a ouvert plusieurs pistes, estimant en particulier que l’Église franco-protestante ne peut prospérer que si elle est en mesure de former ses ouvriers1 ici même, en français, et dans la mesure où elle s’autofinance, s’autopropage et s’autodirige.

b) L’École de Trois-Rivières

René Hardy et Thierry Ruddel n’ont pas terminé leur projet des années soixante-dix en vue de publier une histoire des franco-protestants du XIXe siècle. Toutefois, nous avons un article substantiel de Hardy sur ce sujet (republié sous forme de monographie en 1998) et une étude publiée par Ruddel (1983). Ce dernier a produit une introduction à l’anti-protestantisme, phénomène courant au Québec français au cours du XIXe siècle. Si les Québécois catholiques évitaient tout simplement les anglo-protestants, en revanche, la polémique était de mise face aux franco-protestants. De plus, cette étude contient de longs extraits des journaux privés de deux missionnaires franco-protestants  : un colporteur réformé au XIXe (Joseph Vessot) et un pasteur baptiste au début du XXe (Alphonse Therrien). Hardy a également encouragé l’étude de communautés en Mauricie, faisant état d’une présence franco-protestante dans cette région (Bellier, 1994  ; Brisson, 1990).

c) L’École de Montréal

L’U. du Québec à Montréal a également contribué à l’avancement de l’étude des franco-protestants. Louis Rousseau, du département des sciences religieuses, a étudié pendant une décennie les pratiques religieuses catholiques dans la partie sud-ouest du Québec au XIXe siècle. Cette étude impliquait plusieurs de ses étudiants dans des disciplines différentes (sciences religieuses, géographie, histoire). Jean-Patrice Arès a ainsi produit un mémoire de maîtrise où apparaît la première mention «  positive  » de Charles Chiniquy en dehors du milieu protestant. Son mémoire (1990) a présenté l’Apôtre de la Tempérance comme un déclencheur du réveil catholique des années 1840. En même temps, Frédéric Castel a produit pour sa part une étude admirable sur la géographie de la mission franco-protestante et les Églises anglo-protestantes (conférences non publiées). On trouve néanmoins un résumé de ces deux études dans l’excellent Atlas historique des pratiques religieuses (Rousseau et Remiggi, 1998), le point culminant des efforts du groupe de Rousseau.

L. Rousseau a également dirigé les recherches de Dominique Vogt-Raguy, de l’U. de Bordeaux. Se basant en grande partie sur les rapports annuels et des registres, cette immense thèse (1996) tente de couvrir toute l’histoire franco-protestante québécoise — ce qui a bien sûr pour conséquence que le traitement des thèmes abordés est limité. Cependant, ses cartes, ses statistiques, ses biographies, ses évaluations et ses index constituent maintenant le point de départ pour les recherches de la période de 1834 à 19252.

d) L’École évangélique

On remarque que si, autrefois, les grandes Églises (presbytérienne et unie, notamment) ont dominé les milieux d’études et de l’histoire (Duclos, Fines, etc.), ce sont maintenant les seules Églises évangéliques qui financent des programmes de théologie en français, lesquels accueillent des centaines d’étudiants. On commence à voir des écrits populaires provenant du personnel des collèges bibliques de l’Association baptiste (SEMBEQ), des Frères (Béthel), des Pentecôtistes (Bérée, puis IBQ) et des Réformés (Farel). Mais ce sont les programmes universitaires de l’École théologique évangélique de Montréal (ÉTÉM)3 et de la Faculté de théologie évangélique (FTÉ)4 qui sont les plus productifs5. Dans le domaine des publications, notons la présence des Éditions la Clairière, des Éditions Impact et de Denis Remon, éditeur.

Le fait que presque tous les écrits suivants proviennent de pasteurs ou d’«  ouvriers  » à temps plein soulève certes la question de leur objectivité. Par contre, l’enthousiasme, l’accès plus facile aux sources et la compréhension plus grande du milieu constituent des atouts considérables.

  • L’histoire

Même si l’histoire paraît souvent un luxe pour une petite Église, c’est tout de même le domaine historique que la plupart des études récentes abordent le plus volontiers. Notons toutefois l’absence de noms français parmi les auteurs suivants. Ceci peut sans doute en partie s’expliquer en raison du manque de programmes en français entre 1925 et 1982, comme en raison du temps qu’il faut pour former des chercheurs de haut calibre. Nelson Thomson (1988) a produit plusieurs historiques et quelques articles importants en anglais. Richard Strout, professeur et «  ouvrier  » du milieu des Frères, a étudié l’éducation franco-protestante et les dirigeants de la mission francophone presbytérienne (1986). Dan Shute, bibliothécaire au Collège presbytérien et professeur à la FTÉ, a étudié la vie du premier professeur du département français du Collège presbytérien, Daniel Coussirat (1994).

Encouragé par toutes ces personnes, je pouvais difficilement moi-même éviter Charles Chiniquy pour sujet de ma thèse doctorale à l’U. de Montréal. Toute l’histoire franco-protestante québécoise et toute la perception catholique de celle-ci tournaient autour de ce personnage (Lougheed, 1999). En 1993, je me suis joint à un projet du doyen Amar Djaballah en vue de créer un programme de maîtrise à la FTÉ avec deux orientations principales  : l’histoire des franco-protestants au Québec et la théologie de la Réforme. Nous verrons que ces deux domaines vont susciter plusieurs écrits par la suite.

Le seul cours universitaire abordant l’histoire des franco-protestants au Québec a commencé à la FTÉ en 1994. Depuis lors, chaque année, les étudiants de maîtrise de cette institution abordent des éléments différents de l’histoire franco-protestante de manière à constituer un fonds de recherche. Peu de ces étudiants ont une formation poussée en histoire mais les fruits sont tout de même intéressants. Déjà, Pierre Rannou a publié sur les protestants de Longueuil (1998) et Jean-Philippe Dobrowolskyj sur le journalisme franco-protestant (dans Remon, 1998). L’évidence d’une autre histoire encore plus négligée a motivé Wilner Cayo à entreprendre l’écriture d’une histoire des Églises haïtiennes évangéliques (dans Remon, 1998). Roland Grimard, des milieux baptistes, a fourni une étude intéressante des raisons du déclin des franco-protestants entre 1910 et 1960 (publication à venir). Jeanne Djaballah termine un mémoire sur la spiritualité franco-protestante du XIXe siècle vue à travers les cantiques québécois. Un presbytérien, Charles Hamelin, vient de terminer (2001) une étude plus approfondie de Daniel Coussirat.

Malgré le fait que les pentecôtistes sont de loin les protestants les plus nombreux au Québec, il nous manquait des ouvrages en français sur leur présence au Québec. L’ancien pasteur (et maintenant professeur) Michael Di Giacomo a produit un mémoire de maîtrise sur l’histoire du pentecôtisme au Canada, et poursuivi sa recherche doctorale (1999) en s’intéressant à l’histoire de l’oeuvre pentecôtiste francophone au Québec (surtout les années soixante-dix).

J’ai sauté du XIXe au XXe siècle pour aborder le réveil franco-protestant des années soixante-dix et quatre-vingt, qui a triplé le nombre d’assemblées et qui a étendu le mouvement dans toutes les régions (Lougheed, Peach et Smith, 1999). Dans cette étude, nous avons établi des statistiques fiables de nombre d’Églises ainsi qu’un début d’histoire du franco-protestantisme divisée par régions du Québec.

  • La théologie pratique

Parmi les premiers franco-protestants à compléter des études doctorales, Jean Théorêt, professeur à l’ÉTÉM, a étudié la transformation organisationnelle dans un collège du Manitoba (1995). Pasteur en milieu évangélique francophone, Wesley Peach (2001) a travaillé pour sa part en interaction avec l’équipe catholique de Jacques Grand’Maison pour étudier le suivi pastoral des nouveaux convertis franco-protestants. Sa thèse, employant l’approche anthropologique de Wallace, a eu une influence non négligeable à la FTÉ où il enseigne. Une application plus grande de cette thèse à l’Église franco-protestante se trouve dans le collectif récent qu’il a codirigé (Lougheed, Peach et Smith,1999). Peach y rassure les leaders protestants en soutenant qu’il est normal qu’un cycle de croissance implique à un moment donné un certain plafonnement. Glenn Smith, directeur d’un organisme de communication franco-protestante interconfessionnelle et également professeur à la FTÉ et l’ÉTÉM, a beaucoup écrit sur la communauté franco-protestante. Notons en particulier ici sa thèse touchant la mission urbaine à Montréal (U. de Chicago, 1991) et sa contribution à Lougheed, Peach et Smith (1999), qui nous aide à mieux comprendre la culture québécoise et les défis que celle-ci pose à l’Église. Guy Brouillet (1998), un autre professeur à la FTÉ, a produit un mémoire démontrant le besoin d’une déontologie pour les pasteurs, dans un contexte où les structures sont largement décentralisées et où les leaders sont souvent très indépendants. Dans la même veine, Vilus Pierre (1998) a touché la question de l’autorité du pasteur en milieu haïtien.

  • La recherche en éducation

Denis Remon, professeur et auteur, a contribué de plusieurs manières à l’avancement du savoir dans le domaine de l’éducation. Sa thèse aborde la formation des pasteurs (1999)  ; Remon a joué un rôle de premier plan dans l’organisation d’un colloque de l’Acfas (1997) sur l’identité franco-protestante. Ce colloque a permis de mettre en contact plusieurs chercheurs actifs en histoire et en éducation. En dirigeant la publication des actes de cette rencontre scientifique et en poursuivant la promotion d’autres ouvrages historiques, Remon a encouragé des chercheurs évangéliques — et d’autres traditions — à s’intéresser à ce domaine.

Rejetée par les franco-catholiques et les anglo-protestants, une structure scolaire franco-protestante financée par l’État n’a eu qu’une existence très courte (de 1973 à 1998) et, en outre, limitée à quelques régions. Dans les actes du colloque cité, le volet «  éducation  » a abordé la situation contemporaine, s’arrêtant en particulier aux efforts en vue de préserver les quelques écoles ayant encore une forte identité franco-protestante. Glenn Smith et al. (1998) ont poursuivi cet intérêt pour la question des rapports entre la foi protestante et le monde scolaire.

  • La théologie

Raymond Perron, pasteur baptiste réformé et professeur à la FTÉ, a examiné l’apologétique d’un théologien américain, Cornelius van Til (1996). Son collègue André Pinard propose une analyse de l’influence calviniste dans des confessions de foi québécoises (dans Remon, 1998). Le calvinisme demeure au coeur de plusieurs recherches franco-protestantes, y compris des thèses à venir de Pinard et de René Paquin (dans Remon, 1998). La théologie calviniste permet de toucher des racines historiques du fait français mais aussi de contester des aspects d’une théologie populaire américaine sans profondeur. L’évangéliste et pasteur Walter de Sousa a exploré l’identité évangélique en théologie (dans Remon, 1998). Dans tous ces textes, l’histoire joue encore un rôle majeur.

Éric Wingender, doyen de l’ÉTÉM, réagit contre le fondamentalisme et cherche une spiritualité évangélique plus ancrée dans la culture québécoise (dans Remon, 1998). L’urgence d’une apologétique dans un monde post-chrétien inspire le mémoire d’André Bachand sur Paul Ricoeur (2000). Un autre (encore à venir, à la FTÉ), de Wilner Cayo, porte sur une approche évangélique du postmodernisme.

e) Pionniers solitaires en histoire

Quelques chercheurs sont plus difficiles à classer dans un groupe. Alayn Ouellet, dans un mémoire de l’U. Laval sous la direction de Jean Simard (1984), a étudié la formation d’un schisme ayant donné naissance à une Église franco-protestante au Lac-Saint-Jean. Claude Gilbert, professeur à l’U. du Québec à Chicoutimi, a examiné la communauté franco-protestante de Namur dans son mémoire (1990)  ; sa thèse doctorale (en préparation) s’intéresse à l’oeuvre francophone de l’Église presbytérienne au XIXe siècle. Gilbert a également fourni la bibliographie et d’importants matériaux en vue de la production d’un manuel d’histoire qui, pour la première fois, accorde une attention substantielle aux franco-protestants. Malheureusement, ce livre, produit par Murphy et Perin (1996), n’existe encore qu’en anglais. Christine Hudon, pour sa part, éclaire la polémique autour des «  apostats  » (1995) et le franco-protestantisme en Nouvelle-Angleterre (congrès de la SCHÉC, 1999). Robert Larin retrace la généalogie de plusieurs familles québécoises et avance le fait que plusieurs pionniers d’origine protestante sont venus s’établir en Nouvelle-France, contrée plus accueillante pour eux que la mère-patrie française (1998). Les chapitres 6 et 7 de son livre, portant sur les origines huguenotes de plusieurs familles québécoises, sont particulièrement stimulants.

Avec un intérêt surtout socio-économique, John Bosher (1994), par le biais de la généalogie, avance quelques propositions assez étonnantes avec sa description de la survie des huguenots comme marchands en Nouvelle-France malgré l’exclusion officielle en 1627. Benoît Lavigne (1995) a étudié des registres et recensements en vue d’offrir un portrait plus exact de l’identité sociale des convertis franco-protestants de la région du Richelieu. Il nous manque toujours des statistiques fiables quant au nombre des franco-protestants au cours du XIXe et même du XXe siècle. Il semble que la majorité des protestants aient fini par quitter la province, lors même que, très souvent, les responsables des recensements inscrivaient automatiquement les habitants francophones comme «  catholiques  ».

Hélène Bergevin (1981) a examiné l’architecture des bâtiments anglo-protestants dans les Cantons de l’Est. Marie-Claude Rocher a suscité beaucoup d’intérêt pour ses expositions muséologiques à Nicolet et à Québec ainsi que pour son livre d’histoire populaire qui les accompagnait (1993). Cette dernière a poursuivi ses recherches avec une étude de l’architecture des églises et de certaines maisons de franco-protestants autour du Richelieu (dans Remon, 1998).

Jean Levasseur (2000), de l’U. Bishop’s, a produit une excellente étude historique et littéraire d’un roman franco-protestant du XIXe siècle. Signalons enfin la parution prochaine, chez Fides, sous la plume de Jean-Louis Lalonde, du premier survol de toute l’histoire franco-protestante.

Prospective

Un point tournant est survenu au colloque de l’Acfas, en 1997 (voir Remon, 1998), où plusieurs chercheurs dans le domaine, protestants et non-protestants, se sont rencontrés. Même si un regroupement quelque peu organisé de chercheurs intéressés par l’étude du protestantisme québécois tarde à se produire, les échanges se multiplient depuis. L’avenir est clair  : il faut que les chercheurs d’origine évangélique atteignent plus d’objectivité scientifique, et il faut que les autres chercheurs emploient toutes les ressources présentes dans les milieux évangéliques. La communication et l’interaction profitent à tous.

Le congrès de la Société canadienne d’histoire de l’Église catholique (SCHÉC), en octobre 1999, consacré aux interactions historiques entre protestants et catholiques, a amené cette discussion dans le camp des principaux historiens religieux, avec l’encouragement de l’historien Guy Laperrière. Il faut espérer que l’on pourra bientôt compter sur un lieu d’étude commun, par exemple une société savante dont le nom et la mission ne renverraient pas seulement à l’histoire «  de l’Église catholique  ».

Afin de rejoindre des amateurs d’histoire religieuse et aussi de mettre en contact catholiques et évangéliques, une équipe interconfessionnelle a organisé une conférence populaire sur Chiniquy en octobre 1999. Louis Rousseau et l’U. du Québec à Montréal en ont accueilli le volet francophone alors qu’une séance en anglais avait lieu au Collège presbytérien de Montréal6. La FTÉ a également organisé des conférences historiques et théologiques pour vulgariser le savoir académique.

Bientôt, la grande majorité des chercheurs intéressés par l’étude du protestantisme québécois seront des Québécois eux-mêmes, quoique souvent de souche autre que française — haïtienne, hispanique ou russe, par exemple. Cela sera un grand pas en avant pour la capacité autointerprétative du protestantisme québécois. Mais on peut d’ores et déjà se demander quels sont les principaux défis à relever pour l’avenir.

Un besoin actuel et pressant concerne la question d’archives communes au Québec. Les documents de l’oeuvre franco-protestante continuent en effet le plus souvent d’être envoyés aux maisons-mères des diverses Églises — en Ontario, au Manitoba ou aux États-Unis. Cela se traduit par un accès difficile à ces sources, qui nuit aux chercheurs universitaires d’ici. Les Archives nationales pourraient-elles collaborer en ce sens avec les diverses Églises  ? Le prodigieux essor d’Internet peut-il contrinuer à changer la situation  ? Dans le passé, le Québec a eu peu d’intérêt pour préserver les journaux franco-protestants. Cette négligence a eu par exemple pour effet qu’on ne trouve même pas, au Québec, de bonne copie sur microfilm (ou mieux sur CDRom) de la publication protestante l’Aurore (1865-1988) et, encore moins, de l’excellent Semeur canadien (1851-61).

En revanche, la décision de la Bibliothèque nationale du Québec de numériser certains documents et de les rendre accessibles sur le Web est très encourageante. Encore plus louable est l’effort d’un historien amateur, Allan Pequegnat, pour produire des CDRom de haute définition rassemblant presque tous les documents des archives familiales Chiniquy, souvent inaccessibles auparavant, et d’une utilité inestimable pour les chercheurs7. J’ai rendu disponible sur l’Internet ma bibliographie du franco-protestantisme8.

Il nous manque encore des études sur la foi des franco-protestants du passé, en particulier celle des huguenots. Des études adéquates sur la présence de ceux-ci après la Conquête seraient également fort opportunes. Mais d’autres recherches attendent toujours qu’on les entreprenne  : sur les premiers missionnaires avant 1834, sur l’oeuvre de Henriette Feller et du Dr Côte (les franco-protestants tiennent à cette orthographe), sur le premier ministre Joly, sur les liens entretenus entre les anticléricaux et les franco-protestants. Chiniquy et la polémique qu’il a alimentée vont rester des sujets riches pendant longtemps. Le XXe siècle est à peine défriché avec le déclin franco-protestant et l’expansion de nouvelles Églises9. La mission française de l’Église Unie et des presbytériens depuis 1925 méritent bien des études10. Je continue pour ma part d’étudier le phénomène de l’anticatholicisme des franco-protestants, leur coopération entre eux et le rôle du financement dans le développement des oeuvres protestantes. On devrait par ailleurs, me semble-t-il, réexaminer l’accusation fréquemment adressée aux leaders anglais d’une intention d’«  assimilation  » (linguistique) par la conversion (religieuse)  : celle-ci ne repose que sur des preuves inadéquates — ce qui ne veut toutefois pas dire qu’il n’y a pas eu d’effet d’assimilation considérable.

L’emploi par presque tous les chercheurs non-évangéliques du terme «  prosélytisme  » pour décrire les missions protestantes continue le processus de dénigrement de toute idée de «  mission  » et, donc, de l’existence même des Églises évangéliques. Les catholiques n’ont pourtant pas été constamment accusés de «  prosélytisme  » face aux aborigènes ou face aux protestants autour de la question des mariages mixtes. Ce terme devrait donc être remplacé par un terme plus neutre. Les protestants, pour leur part, préfèrent «  évangélisation  » — qui soulève bien sûr d’autres problèmes. Dans la même veine, les termes «  sectes  » et «  fondamentalistes  » sont également imprécis et péjoratifs. Un autre mot d’usage longtemps péjoratif — «  apostat  » — tombe peu à peu en désuétude. Même s’il recouvre une réalité théologique indéniable, son emploi pour désigner les protestants a toujours suscité leur agacement.

Il reste à souhaiter que des chercheurs de plus en plus nombreux aient le désir d’étudier cette culture différente — et enracinée ici depuis longtemps — qu’est celle du protestantisme, en particulier dans sa version francophone.

Bibliographie

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Bédard, Marc-André, 1978, Les protestants en Nouvelle-France, coll. «  Cahiers d’histoire  », 31, Québec, Société historique de Québec, 141 p.

Bellier, Sandrine, 1994, «  Le schisme de Maskinongé  », mémoire de maîtrise (histoire), U. de Rennes 2, 104 p.

Bergevin, Hélène, 1981, Églises protestantes, Montréal, Éditions Libre Expression, 205 p.

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Brouillet, Guy, 1998, «  Pour une déontologie pastorale  », mémoire de maîtrise (théologie pratique), Faculté de théologie évangélique, 149 p.

Christian Directory, 2000 (publication annuelle), Montréal, Direction chrétienne, 27 p.

Di Giacomo, Michael, 1999, «  Les Pentecôtistes québécois, 1996-1995  : Histoire d’une réveil  », thèse de doctorat (théologie), U. Laval, 363 p.

Duclos, Rieul-P., 1913, Histoire du protestantisme français au Canada et aux États-Unis, 2 vol., Montréal, Librairie évangélique.

Fines, Hervé (dir.), 1976 et 1988, Album et 2e Album du Protestantisme Français en Amérique du Nord, Montréal, Éditions de l’Aurore.

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1. Ce terme d’«  ouvrier  », caractéristique du vocabulaire franco-protestant, désigne des fidèles actifs dans le domaine de l’action pastorale et missionnaire.

2. Noter les annexes et consulter l’index et la table des matières détaillée pour sauver du temps.

3. Fondé par les Frères mennonites en 1976.

4. Fondée par l’Union des Églises baptistes françaises.

5. D’importantes contributions dans le domaine des études bibliques ne figurent pas dans cet article. Voir les contributions de ce collectif sur l’étude de la Bible.

6. Aujourd’hui Credo, octobre et novembre 1999.

7. Voir la collection AP dans Lougheed, 1999.

8. 27 pages. Voir fteacadia.com.

9. Surtout les Frères, les Pentecôtistes, et l’Association baptiste.

10. En particulier en ce qui concerne le pasteur Jacques Smith.

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