Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Anthropologie et Sociétés

Volume 33, numéro 3, 2009, p. 193-210

Anthropologie de la morale et de l'éthique / Anthropology of ethics and moralities / Anthropología de la moral y de la ética

Sous la direction de Raymond Massé

Direction : Francine Saillant (directrice)

Éditeur : Département d'anthropologie de l'Université Laval

ISSN : 0702-8997 (imprimé)  1703-7921 (numérique)

DOI : 10.7202/039688ar

as
< PrécédentSuivant >
Article

De la tragédie collective à l’individuation du malheurL’expérience de fin de légitimité de la condition de victime des sinistrés de la catastrophe La Tragedia (1999) au Venezuela

Paula Vásquez Lezama

IRIS (Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les Enjeux Sociaux)

Sciences sociales, politique, santé

UMR 8156 CNRS – Inserm – EHESS Université Paris 13

IUT – Université Paris V-Descartes

143, avenue de Versailles

75016 Paris

France

paula.vasquez@parisdescartes.fr

Résumé

L’incendie d’une chambrette dans un entrepôt vétuste à Caracas ouvre cette analyse sur le processus de relégation et de mise en cause morale d’une centaine de familles sinistrées de la catastrophe, nommée localement La Tragedia, qui affecta le Venezuela en décembre 1999. Cette contribution s’inscrit dans une réflexion sur la conjugaison de la violence sociale et institutionnelle avec les biographies et les trajectoires institutionnelles et sociales des sinistrés. Elle est le fruit d’une enquête ethnographique, menée dans les « refuges » des sinistrés de La Tragedia entre 2000 et 2004. La trajectoire des femmes sinistrées interrogées témoigne de la manière dont des facteurs tels que la localisation, l’infrastructure et l’organisation sociopolitique jouent de concert pour produire des conditions de vie d’une vulnérabilité extrême. La fin de la légitimité de la condition de victime d’une catastrophe devient une expérience violente, ancrée dans la vie quotidienne. En voulant contribuer à une anthropologie de la catastrophe, cet article montre comment le rapport à l’État des sinistrés révèle des conditions d’assujettissement marquées par une temporalité différente de celle de l’urgence ainsi que par la fin de la légitimité sociale et politique du statut de victime.

Mots clés : Vasquez, anthropologie de la catastrophe, sinistrés, violence, subjectivation, assujettissement, révolution bolivarienne, Venezuela

Abstract

From Collective Tragedy to Individual Misfortune

The Ending of the Legitimacy of the Status of Victim, as Experienced by Those Affected by the Disaster of La Tragedia (1999) in Venezuela

An accidental fire in a room in one of the victims’ shelters in Caracas forms the starting point for this analysis of the process of social relegation and moral questioning of the families affected by the disaster which hit Venezuela in December 1999 (known locally as La Tragedia). This article grows out of a reflection on the articulation of social and institutional violence with the lives and institutional trajectories of the victims, and is based on ethnographic research carried out in the shelters between 2000 and 2004. The experience of the female victims interviewed shows how factors such as localisation, infrastructure and socio-political organisation combine to produce highly unstable living conditions. Moreover, as the status of disaster victim loses its legitimacy, the experience can be one of violence set within everyday life. The article offers a contribution to an anthropology of disaster, showing that the subjection of victims in these shelters is marked by a temporality different from that of the emergency, and by the ending of the political and social legitimacy of the status of victim.

Keywords: Vasquez, Anthropology of Disaster, Victims, Violence, Subjectivation, Subjection, Bolivarian Revolution, Venezuela

Resumen

De la tragedia colectiva a la desgracia individual

La experiencia del fin de la legitimidad de la condición de víctima de los damnificados de la catástrofe La Tragedia (1999) en Venezuela

Un incendio accidental en la habitación de un refugio de damnificados en Caracas abre este análisis sobre le proceso de relegación social y cuestionamiento moral de las familias damnificadas de una catástrofe, localmente llamada La Tragedia, que afectó a Venezuela en diciembre de 1999. Esta contribución se inscribe en una reflexión sobre la conjugación de la violencia social e institucional con las biografías y trayectorias institucionales de los damnificados, y es el fruto de una investigación etnográfica desarrollada en los refugios entre los años 2000 y 2004. La trayectoria de las mujeres damnificadas que fueron interrogadas muestra cómo factores tales como la localización, la infraestructura y la organización sociopolítica producen condiciones de vida extremadamente vulnerables. Además, el fin de la legitimidad de la condición de víctima de una catástrofe puede volverse una experiencia violenta de la vida cotidiana. A partir de una antropología de la catástrofe, el artículo muestra que la sujeción de las víctimas en estos refugios está marcada por una temporalidad diferente a la de la emergencia y por el fin de la legitimidad política y social de la condición de víctima.

Palabras clave: Vasquez, antropología de la catástrofe, damnificados, violencia, subjetivación, sujeción, revolución bolivariana, Venezuela

Auteur : Paula Vásquez Lezama
Titre : De la tragédie collective à l’individuation du malheur : l’expérience de fin de légitimité de la condition de victime des sinistrés de la catastrophe La Tragedia (1999) au Venezuela
Revue : Anthropologie et Sociétés, Volume 33, numéro 3, 2009, p. 193-210
URI : http://id.erudit.org/iderudit/039688ar
DOI : 10.7202/039688ar

Tous droits réservés © Anthropologie et Sociétés, Université Laval, 2009

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016