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Anthropologie et Sociétés

Volume 39, numéro 1-2, 2015, p. 165-178

Liaisons animales : question d'affects

Sous la direction de Frédéric Laugrand, Michèle Cros et Julien Bondaz

Connecting with Animals : the Dynamics of Affects

Vínculos con los animales : cuestiones de afecto

Direction : Frédéric Laugrand (directeur)

Éditeur : Département d’anthropologie de l’Université Laval

ISSN : 0702-8997 (imprimé)  1703-7921 (numérique)

DOI : 10.7202/1030844ar

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Article

De l’animal au trophéeRéification ou relation amoureuse ?

Maxime Michaud

Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse, Château du Vivier BP 25, 69131 Écully cedex, France

Maxime.Michaud@institutpaulbocuse.com

http://www.maximemichaud.fr/

Résumé

Dans l’industrie de la « chasse au trophée » telle que pratiquée de nos jours, il semblerait que l’animal soit largement réduit à une marchandise dont la valeur dépend du trophée potentiel qu’il représente : on est ainsi facilement tenté de croire que ce type de pratique constitue le niveau zéro de la relation à l’animal, en tout cas vu sous l’angle des considérations affectives. Mais une approche ethnographique permet de constater que le statut de l’animal dans cette situation est bien plus complexe : le trophée se conquiert au prix de constructions symboliques qui, plutôt que de nier le caractère vivant de l’animal, semblent au contraire tournées vers sa mise en condition pour pouvoir être abattu, ou plutôt être « fait trophée ». Du cadre physique (la zone de chasse et le campement) au cadre pratique (contraintes éthiques, évitements), tout est fait pour qu’il incarne le sauvage le plus authentique qui soit et qu’il prenne une grande valeur symbolique. Le trophée devient alors pour le chasseur une forme de sublimation de l’animal, dont son propriétaire s’approprie l’existence pour en jouir éternellement, à la manière d’un amant transi. Finalement, le safari de chasse incarne un type de relation à l’animal sauvage que l’on semble retrouver plus largement dans le monde occidental et qui se manifeste à travers d’autres types d’activités comme le safari-photo.

Mots clés : Michaud, safari, chasse, trophée, Afrique, tourisme, ethnologie, chasse sportive, safari-photo

Abstract

From Animal to Trophy

Reification or Romantic Relationship ?

In today’s trophy hunting industry, the animal seems to be considered only as a commodity, which value depends on the potential trophy it represents. It is thus easy conclude that this activity forms the most basic kind of relationship with the animal, at least from an affective point of view. But an ethnographic approach allows us to note that in this situation, the status of the animal is more complex : the conquest of the trophy implies symbolic constructions which aim is, more than denying the livingness of the animal, to make it into peak condition for being killed, or, more precisely, for being changed into a trophy. From the physical frame (the hunting area and the basecamp) to the practical one (ethic constraints, avoidance), everything converges in order for this trophy to embody the most authentic wilderness, and to allow it to gain a grand symbolic value. The trophy becomes then for the hunter a kind of sublimation of the animal, which existence is appropriated by the owner so that he can eternally enjoy it, just like a bashful lover. Finally, the hunting safari embodies a kind of relationship to the wild animal that seems to exist more widely in the Western world, and that can be found especially in camera safaris.

Keywords: Michaud, Safari, Hunting, Trophy, Africa, Tourism, Ethnology, Sport Hunting, Camera Safari

Resumen

Del animal al trofeo

¿ Reificación o relación amorosa ?

En la industria de la « caza del trofeo » tal y como se practica en la actualidad, parecería que el animal ha sido ampliamente reducido a una mercancía cuyo valor depende del trofeo potencial que represente : eso nos hace pensar que ese tipo de práctica constituye el nivel cero de la relación con el animal, en todo caso, visto desde el ángulo de las consideraciones afectivas. Pero un acercamiento etnográfico permite constatar que el estatus del animal en dicha situación es bastante más complejo : el trofeo se conquista a costa de construcciones simbólicas que, más que negar el carácter vivo del animal, parecen al contrario volcarse hacia el condicionamiento para poder abatirlo o más bien para convertirlo « trofeo ». Del ámbito físico (la zona de caza, el campamento) al ámbito práctico (obligaciones éticas, precauciones), todo está hecho para que el animal encarne lo salvaje más auténtico posible y que adquiera un gran valor simbólico. El trofeo deviene así, para el cazador, una forma de sublimación del animal, cuyo propietario se apropia de su existencia para gozarla eternamente, como lo haría un amante aterido. Finalmente, el safari de caza encarna un tipo de relación con el animal salvaje que parece ampliamente difundida en el mundo occidental y que se manifiesta a través de otros tipos de actividades como el safari-foto.

Palabras clave: Michaud, safari, caza, trofeo, África, turismo, etnología, caza deportiva, safari-foto

Auteur : Maxime Michaud
Titre : De l’animal au trophée : réification ou relation amoureuse ?
Revue : Anthropologie et Sociétés, Volume 39, numéro 1-2, 2015, p. 165-178
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1030844ar
DOI : 10.7202/1030844ar

Tous droits réservés © Anthropologie et Sociétés, Université Laval, 2015

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