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Anthropologie et Sociétés

Volume 39, numéro 3, 2015, p. 91-114

Spéculations langagières / Language Deals / Especulaciones linguisticas

Sous la direction de Alexandre Duchêne et Michelle Daveluy

Direction : Frédéric Laugrand (directeur)

Éditeur : Département d’anthropologie de l’Université Laval

ISSN : 0702-8997 (imprimé)  1703-7921 (numérique)

DOI : 10.7202/1034761ar

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Article

La « diversité » comme capitalLa re-conceptualisation néolibérale de la différence linguistique et sociale

Bonnie Urciuoli

Anthropology Department, 198 College Hill Road, Hamilton College, Clinton NY 13323, États-Unis

burciuol@hamilton.edu

Texte inédit en français traduit par

Anne-Hélène Kerbiriou

Sonia Engberts

Résumé

Dans les discours néolibéraux sur le travail, les travailleurs sont imaginés comme des faisceaux de compétences, certaines étant dites « formelles » (le savoir et les techniques), d’autres « informelles » (les aptitudes et les caractéristiques sociales). Dans cette conception, tout attribut pensé en termes de travail productif, même les différentes formes de se comporter socialement, peut être considéré comme une compétence. En particulier, les marqueurs de différences sociales peuvent être considérés comme des compétences, y compris les marqueurs raciaux, ethniques et linguistiques, pour autant qu’on puisse supposer qu’ils apportent une valeur à l’entreprise. Des différences que l’on pourrait par ailleurs interpréter comme des indications de race, d’ethnicité ou d’identité nationale sont ré-imaginées comme des propriétés appartenant à des individus. De plus, les salariés sont rendus responsables de la conversion de leurs propres marqueurs de désavantage social en marqueurs de valeur ajoutée. De manière générale, les différences langagières et raciales/ethniques fonctionnent de manière complémentaire dans le monde du travail issu de la globalisation : les différences linguistiques opèrent comme des compétences « formelles » et les caractéristiques sociales identitaires de la « diversité » comme des compétences « informelles ».

Mots clés : Urciuoli, discours, néolibéralisme, travail, compétences, diversité, langue

Abstract

Capitalizing « Diversity »

Neoliberal Reimagining of Linguistic and Social Difference

In neoliberalized labor discourses, workers are imagined as bundles of skills, some « hard » (knowledge and techniques) and some « soft » (social abilities and characteristics). In such imagining, any attribute that can be imagined in terms of productive labor can be cast as a skill, including forms of social being. In particular, forms of social difference can be imagined as skills, including racial/ethnic markedness and language markedness, so long as they can be cast as providing corporate value. Forms of difference that would otherwise be interpretable as indices of race, ethnic or national identity are reimagined as properties belonging to individuals. Moreover, workers are in effect responsible for recasting their own markers of social disadvantage as markers of added value. By and large, language and race/ethnic differences operate in complement to each other in globalized labor regimes : language difference operating as « hard » skills and social identity forms of « diversity » operating as « soft » skills.

Keywords: Urciuoli, Discourse, Neoliberalism, Labor, Skills, Diversity, Language

Resumen

La « diversidad » como capital

La re-conceptualización neoliberal de la diferencia lingüística y social

En los discursos neoliberales sobre el trabajo, los trabajadores han sido imaginados como haces de competencia, algunas « tangibles » (el conocimiento y las técnicas), otras « intangibles » (las aptitudes y las características sociales). Para ese tipo de concepción, todo atributo que se pueda concebir en términos de trabajo productivo puede ser calificado de competencia, incluyendo las formas del ser social. De manera particular, las formas de diferencia social pueden ser imaginadas como competencias, incluyendo los marcadores raciales, étnicos y lingüísticos, en la medida en que se supone que agregan un valor a la empresa. Las formas de diferencia que se podrían interpretar como marcadores de la raza, la identidad o la identidad nacional se re-imaginan como una propiedad de los individuos. Además, los asalariados están encargados de transformar sus propios marcadores de la desventaja social en indicadores con valor agregado. En forma general, las diferencias lingüísticas y raciales/étnicas funcionan de manera complementaria en los regímenes globalizados del trabajo : las diferencias lingüísticas operan como competencias « tangibles » y las formas de identidad social de la « diversidad » como competencias « intangibles ».

Palabras clave: Urciuoli, discurso, neoliberalismo, trabajo, competencias, diversidad, lengua

Auteur : Bonnie Urciuoli
Titre : La « diversité » comme capital : la re-conceptualisation néolibérale de la différence linguistique et sociale
Revue : Anthropologie et Sociétés, Volume 39, numéro 3, 2015, p. 91-114
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1034761ar
DOI : 10.7202/1034761ar

Tous droits réservés © Anthropologie et Sociétés, Université Laval, 2015

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