Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Bulletin d'histoire politique

Volume 24, numéro 1, automne 2015, p. 125-158

Le Québec des années 1950

Sous la direction de Dominique Foisy-Geoffroy

Direction : Stéphane Savard (directeur)

Éditeurs : Association québécoise d'histoire politique et VLB éditeur

ISSN : 1201-0421 (imprimé)  1929-7653 (numérique)

DOI : 10.7202/1033397ar

bhp
< PrécédentSuivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Pour abonner votre institution : erudit-abonnements@umontreal.ca.
En cas de problème d’accès : erudit@umontreal.ca.

Connexion (abonné individuel)

Article

Aux sources de la Révolution tranquille : le congrès d’orientation du Parti libéral du Québec du 10 et 11 juin 1938

Jacques Rouillard

Département d’histoire, Université de Montréal

Résumé | Extrait

Aux sources de la Révolution tranquille : le congrès d’orientation du Parti libéral du Québec du 10 et 11 juin 1938* Jacques Rouillard1 Département d’histoire, Université de Montréal La Révolution tranquille survenue dans les années 1960 représente sans aucun doute une date charnière dans l’histoire de la société québécoise. C’est un virage majeur qu’on groupe habituellement avec la défaite de 1759, les Rébellions de 1837-1838 et la création de la fédération canadienne en 1867. Elle représente certainement l’ancrage définitif du Québec francophone dans la modernité quoique sa mise en place, comme nous le verrons, s’est effectuée graduellement. La dernière étape de cette « révolution » s’est déroulée pendant une décennie qui a vu la société francophone se transformer profondément. Il va de soi que des intellectuels ont cherché à en trouver les origines à une époque plus lointaine, car une révolution, même tranquille, ne peut s’expliquer par une soudaine éruption. Et à mesure qu’on prend du recul par rapport à un événement aussi significatif, il en ressort non seulement des analyses divergentes de ses bienfaits ou de ses malheurs, mais aussi des représentations différentes de ses origines2. Il est étonnant que la plupart des intellectuels et des historiens qui en ont cherché les origines n’aient pas sondé du côté du Parti libéral qui l’a mise en oeuvre de 1960 à 19663. Ils l’ont plutôt découvert du côté de groupes proches de l’Église catholique, chez les « catholiques de gauche » autour principalement du journal Le Devoir et des mouvements d’action catholique spécialisée à partir de la fin des années 19304. C’est paradoxal, car les transformations subies par la société québécoise étaient largement dirigées contre l’enseignement de l’Église et son emprise sur la société québécoise. C’est comme si ces travaux partent du point de vue qu’on ne peut trouver de force d’opposition au monde clérical en dehors des cercles catholiques. Cette représentation continue de guider bon nombre d’historiens et d’imprégner la mémoire collective5. Mon propos dans cet article est de montrer que la Révolution tranquille tire principalement ses origines non pas de ces groupes, mais du Parti libéral lui-même qui a adopté en 1938 un programme profondément réformiste en réponse à la volonté de changement issue de la Grande Dépression. Le parti veut se renouveler en présentant une option politique distincte de celle que le gouvernement de l’Union nationale a incarnée depuis son élection en 1936. Le programme est adopté lors d’un vaste congrès dans la Ville de Québec, au Palais Montcalm, les 10 et 11 juin 1938. Organisé pour en faire un congrès d’orientation, il réunit près de 1000 délégués venus de toutes les régions du Québec. Les résolutions adoptées démocratiquement en assemblée générale proposent une vision nouvelle du rôle de l’État aux antipodes des politiques du gouvernement de Maurice Duplessis. Inscrites dans la mouvance sociale-démocrate, elles font partie de la plate-forme électorale du Parti libéral aux élections de 1939. Élu avec une majorité confortable, le parti fait adopter les réformes les plus significatives tirées de ce programme par l’Assemblée législative de 1939 à 1944. Le Québec effectue ainsi une première révolution tranquille avant celle de 1960. Le programme de 1938 est un événement méconnu dans l’historiographie ; il représente certainement un angle mort de notre histoire6. J’en trace l’historique pour montrer que, dans les années 1930, en réponse à la crise économique, les politiciens québécois ne sont pas sourds aux réformes inscrites à gauche de l’échiquier politique. Contrairement à ce qu’on a pu écrire, ils sont porteurs d’un nouveau projet politique très bien défini sur le plan des idées7. Le Québec n’a rien d’un « désert » au plan idéologique face « au vaste projet de re-christianisation » de l’Action catholique8.

 Remerciements

Cet article scientifique a été évalué par deux experts anonymes externes, que le Comité de rédaction tient à remercier.

Auteur : Jacques Rouillard
Titre : Aux sources de la Révolution tranquille : le congrès d’orientation du Parti libéral du Québec du 10 et 11 juin 1938
Revue : Bulletin d'histoire politique, Volume 24, numéro 1, automne 2015, p. 125-158
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1033397ar
DOI : 10.7202/1033397ar

Tous droits réservés © Association québécoise d'histoire politique et VLB Éditeur, 2015

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2016