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Cahiers de géographie du Québec

Volume 23, numéro 60, 1979, p. 419-434

 

Rédaction : Luc Bureau (rédacteur en chef)

Éditeur : Département de géographie de l'Université Laval

ISSN : 0007-9766 (imprimé)  1708-8968 (numérique)

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Article

Des engrais pour du riz : qui gagne, qui perd? Contribution à l’analyse de la dépendance en Malaysia et en Indonésie

Rodolphe De Koninck

Lise Audet

Résumé

Jusqu'à la fin des années cinquante, les techniques de culture du riz inondé en Asie du Sud-Est étaient relativement autonomes et devaient peu à la technologie d'origine industrielle. Avec la révolution verte a été accélérée la soumission de la riziculture et des riziculteurs aux intérêts industriels, par le biais en bonne partie de l'utilisation des engrais chimiques. Pendant une vingtaine d'années, l'essentiel de ces engrais utilisés dans la riziculture paysanne en Malaysia et en Indonésie ont été importés des pays industriels. Suite à des hausses de prix substantielles au milieu des années soixante-dix, la production locale d'engrais s'est grandement accélérée et l'Indonésie est même autosuffisante sur ce plan aujourd'hui. L'étude des aléas de cette évolution permet d'identifier une série d'étapes successives. 1) Alors que le commerce intra-régional décline, la dépendance commerciale s'accroît à l'endroit des pays industriels producteurs d'engrais, lesquels atteignent des prix prohibitifs. 2) Les besoins ainsi créés doivent donc être comblés par la production locale. 3) Celle-ci ne peut être mise en place sans l'apport d'une aide extérieure massive : ainsi est consolidée la dépendance financière et technologique. 4) Enfin, étape ultime et fondamentale, l'échange inégal s'effectue désormais directement entre l'industrie locale, sous contrôle étranger, et la rizière, assurant ainsi encore plus la capture du travail paysan.

Mots-clés : riziculture, révolution verte, utilisation et industrie des engrais, marché mondial, paysannerie, dépendance, rôle de l'État, Malaysia, Indonésie

Abstract

Until the end of the fifties, the techniques of wet rice cultivation in Southeast Asia remained relatively autonomous, owing little to industrial technology. With the green revolution has been accelerated the submission of rice agriculture and of rice producers to industrial interests, particularly through the use of chemical fertilizers. During nearly twenty years, the bulk of these fertilizers used by Malaysian and Indonesian rice peasants has been imported from industrial countries. Following sharp price increases in the middle of the seventies, local fertilizer production was raised significantly, in Indonesia to the extent of assuring actual self-sufficiency. The examination of the conditions of this evolution allows the identification of a set of successive stages. 1) Along with the decline of intra regional trade, the commercial dependency at the hands of the fertilizer producing industrial countries increases. 2) The increasingly expensive needs thus created must then be met by local production. 3) Highly capital-intensive, such an industry cannot be established without massive external aid: thus is Consolidated financial and technological dependency. 4) The ultimate and final stage is reached: the unequal exchange, now occurring directly between local foreign-controlled industry and the padi fields, insures more solidly the capture of peasant labour.

Keywords: Rice cultivation, green revolution, fertilizer use and industry, world market, peasantry, dependency, role of the State, Malaysia, Indonesia

Auteurs : Rodolphe De Koninck et Lise Audet
Titre : Des engrais pour du riz : qui gagne, qui perd? Contribution à l’analyse de la dépendance en Malaysia et en Indonésie
Revue : Cahiers de géographie du Québec, Volume 23, numéro 60, 1979, p. 419-434
URI : http://id.erudit.org/iderudit/021448ar

Tous droits réservés ©  Cahiers de géographie du Québec, 1979

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