Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Drogues, santé et société

Volume 7, numéro 1, juin 2008, p. 91-126

Détournement, abus, dopage : d’autres usages des médicaments

Sous la direction de Joseph J. Lévy, Janine Pierret et Christine Thoër

Direction : Michel Landry (directeur)

Éditeur : Drogues, santé et société

ISSN : 1703-8839 (imprimé)  1703-8847 (numérique)

DOI : 10.7202/019620ar

dss
< PrécédentSuivant >
Article

Psychostimulants : au-delà de l’usage médical, l’usage anthropotechnique

Jérôme Goffette

Université de Lyon, France, Université Lyon 1, EA 4148, LEPS, France

Correspondance : Service Commun de Sciences Humaines et Sociales, Université Lyon 1, 8, avenue Rockefeller, 69 373 LYON Cedex 08, France

goffette@sante.univ-lyon1.fr

Résumé

L’augmentation des facultés psychiques est une aspiration humaine très profonde. Depuis quelques décennies, une nouvelle réponse a vu le jour avec la banalisation des « smart drugs » aux États-Unis et des « psychostimulants » en France. Cet article est une étude philosophique des dictionnaires pratiques de psychostimulation. Plusieurs particularités doivent être remarquées. Premièrement, ces livres ont du succès : le phénomène n’est pas marginal. Deuxièmement, ils associent savoir scientifique, informations pratiques et rêves de science, voire un espoir de génialité. Troisièmement, ils s’adressent à des individus en bonne santé : car ils ne traitent pas de pratiques médicales, mais de pratiques anthropotechniques. Quatrièmement, celles-ci changent notre propre conception de l’humanitude : nous sommes à la fois sujets et objets des techniques, à la fois acteurs autonomes et produits modulaires. Les psychostimulants impliquent des potentialités ambivalentes. D’un côté, améliorer l’intelligence et accroître la mémoire forment des buts positifs. De l’autre, la toxicité et l’addiction ne sont pas des problèmes négligeables, surtout lorsque ces usages viennent en réponse à des pressions professionnelles de performance.

Mots-clés : psychostimulant, anthropotechnique, amélioration, dopage, « enhancement »

Abstract

Psychostimulants : beyond medical uses anthropotechnical uses

Enhancing mind appears as a very common expectation of humanity. Since the eighties a new response has been emerging with the widespread use of psychostimulants. By a philosophical approach, this paper examines general public books devoted to present “smart drugs” (USA) and “psychostimulants” (France). The first result is the success of these books. It denotes that the phenomenon is socialy important. Secondly, the presentations and the contents of these books express both a pragmatical and professionnal use and a kind of dream of science, of genius accomplishment. Thirdly, these books clearly target healthy persons. In that case, medications are used for “anthropotechnical” aims and not for medical purposes. Thus, such a phenomenon contributes to the change of the conception of humanness. Psychostimulants involve positive and negative potential aspects. On the one hand, improving intelligence and increasing memories are positive purposes. On the other hand, toxicity and addiction are not unsignificant problems, especially under the professional stress of performance.

Keywords: psychostimulant, anthropotechnics, improvement, drug abuse, enhancement

Resumen

Psicoestimulantes: más allá del uso medicinal, el uso antropotécnico

El aumento de las facultades psíquicas es una aspiración humana muy profunda. Hace algunas décadas nació una nueva respuesta con la banalización de las “drogas inteligentes” en Estados Unidos y de los “psicoestimulantes” en Francia. Este artículo es un estudio filosófico de los diccionarios prácticos de la psicoestimulación. Deben destacarse varias particularidades: en primer lugar, estos libros tienen éxito, el fenómeno no es marginal. En segundo lugar, asocian conocimientos científicos, informaciones prácticas y sueños de ciencia, incluso una esperanza de genialidad. En tercer lugar, se dirigen a personas en buena salud, ya que no se refieren a prácticas médicas sino antropotécnicas. En cuarto lugar, estas prácticas cambian nuestra propia concepción de la humanitud: somos al mismo tiempo sujeto y objeto de las técnicas, a la vez actores autónomos y productos modulares. Los psicoestimulantes implican potencialidades ambivalentes. Por una parte, el mejoramiento de la inteligencia y el desarrollo de la memoria constituyen objetivos positivos pero, por otra parte, la toxicidad y la adicción no son problemas desdeñables, sobre todo cuando el uso de los psicoestimulantes es una respuesta a presiones profesionales de rendimiento.

Palabras clave: psicoestimulante, antropotécnico, mejoramiento, dopaje, “enhancement”

Auteur : Jérôme Goffette
Titre : Psychostimulants : au-delà de l’usage médical, l’usage anthropotechnique
Revue : Drogues, santé et société, Volume 7, numéro 1, juin 2008, p. 91-126
URI : http://id.erudit.org/iderudit/019620ar
DOI : 10.7202/019620ar

Tous droits réservés © Drogues, santé et société, 2008

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014