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Enfances, Familles, Générations

Numéro 2, printemps 2005

La famille et l’argent

Sous la direction de Hélène Belleau et Françoise-Romaine Ouellette

Direction : Gilles Pronovost (directeur)

Éditeur : Conseil de développement de la recherche sur la famille du Québec (CDRFQ)

ISSN : 1708-6310 (numérique)

DOI : 10.7202/010917ar

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Article

Argent, circuits, relations intimes

Viviana A. Zelizer

Princeton University, É-U

Département de sociologie

vzelizer@princeton.edu

Résumé

La dichotomie entre les relations intimes et les relations impersonnelles s’inscrit dans une tradition de longue date. Pour échapper à cette dichotomie, l’article propose une approche fondée sur la prise en considération des circuits interpersonnels. Pour en illustrer la portée, quatre domaines sont étudiés : 1) les circuits organisationnels ; 2) les monnaies locales ; 3) les soins personnels rétribués et 4) la participation des enfants à l’économie familiale. L’auteure en conclut que les transactions, tant intimes qu’impersonnelles, passent souvent par des circuits que les participants délimitent entre eux par le biais de pratiques, d’ententes et de symboles bien ancrés qui diffèrent quelque peu d’un circuit à l’autre. Loin de déterminer la nature des relations interpersonnelles, les instruments d’échange (y compris la monnaie légale) incorporés dans ces circuits prennent des connotations particulières selon les ententes, les pratiques et les symboles qui font partie intégrante de ces circuits. Tels sont les moyens dont on se sert pour franchir le fossé apparemment infranchissable entre la solidarité sociale et les transactions monétisées. Ils constituent le point d’intersection entre l’argent et l’intimité.

Abstract

The dichotomy between intimate and interpersonal relationships stems from a longstanding tradition. As an alternative to this dichotomy, the present article proposes an approach based on the recognition of interpersonal circuits. To illustrate the range of this concept, four areas are taken under consideration: 1) corporate circuits; 2) local currencies; 3) paid personal care, and 4) children’s participation in family economies. The author concludes that both intimate and impersonal transactions frequently work through circuits that participants mark off amongst each other through well-established practices, understandings and representations that differ from one circuit to the next. Far from determining the nature of interpersonal relations, the media of exchange (including legal tenders) incorporated within the circuits take on specific connotations according to the understandings, practices, and representations embedded in these circuits. These are the means by which people bridge the apparently unbridgeable gap between social solidarity and monetized transactions. They form the crossroads of money and intimacy.

Auteur : Viviana A. Zelizer
Titre : Argent, circuits, relations intimes
Revue : Enfances, Familles, Générations, Numéro 2, printemps 2005
URI : http://id.erudit.org/iderudit/010917ar
DOI : 10.7202/010917ar

Tous droits réservés © CDRFQ, 2005

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