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Enfances, Familles, Générations

Numéro 5, automne 2006, p. 1-12

Évolution des normes juridiques et nouvelles formes de régulation de la famille : regards croisés sur le couple et l’enfant

Sous la direction de Alain Roy

Direction : Alain Roy (directeur) et Hélène Belleau (directeur)

Éditeur : Conseil de développement de la recherche sur la famille du Québec (CDRFQ)

ISSN : 1708-6310 (numérique)

DOI : 10.7202/015782ar

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Article

Droits des enfants, droits des parents

Paola Ronfani

Professeure

Université de Milan (Italie)

Département de sociologie

paola.ronfani@unimi.it

Résumé

Dans la littérature la plus récente sur les familles contemporaines, les sociologues soulignent que les relations entre parents et enfants sont caractérisées par la communication émotionnelle et l’intimité ainsi que par la personnalisation de l’enfant. Ils soulignent aussi la complexité de ces relations, en ce qui concerne le rôle parental qui ne peut plus être identifié à celui d’exclusif leader expressif, pour la mère, et de leader instrumental, pour le père. Quant à l’enfant, on fait remarquer que pour s’épanouir il a besoin d’expérimenter des relations continues d’affection avec ses deux parents, lesquels doivent reconnaître sa double identité de sujet tantôt autonome, tantôt dépendant de leur protection, selon les différentes situations. La littérature sociologique décrit la famille contemporaine comme « individualiste » et « contractuelle », mais le lien de filiation n’est pas conçu comme précaire et révocable, car il est censé survivre au « démariage ». En outre, les représentations de la filiation soulignent la concordance non nécessaire entre le rôle de géniteur et celui de parent, qui est bien exprimée par la pluriparentalité dans la famille recomposée et dans l’adoption. Les législations contemporaines sur la famille des pays occidentaux cherchent à régler cette complexité en s’appuyant sur l’intérêt de l’enfant, mais elles reconnaissent aussi les droits subjectifs de l’enfant et des parents. Ce qui ouvre des scenarios de conflits potentiels entre ces mêmes droits qui sont interdépendants et enchevêtrés car les parents sont responsables de l’exercice des droits – de protection, mais aussi de liberté – de leurs enfants. Dans le but de démêler cet enchevêtrement, la culture juridique a récemment élaboré la perspective des droits relationnels avec des implications importantes sur le modèle et la pratique de la justice familiale.

Abstract

The most recent sociological literature on contemporary families stresses that relationships between parents and children are characterized by emotional communication, intimacy, and the individualization of the child. They also underline the complexity of these relationships as concerns the parental role, where the mother is no longer the sole model for expressive behaviour or the father the sole model for instrumental behaviour. As for the child itself, it should be noted that if it is to achieve self-realization, it must be able to experience an ongoing relationship of mutual affection with both parents and the latter must recognize their child's dual identity as a person who at once needs to be independent and to rely on their protection – as the situation demands. Sociological literature describes the contemporary family as individualist and contractual, but the child's filiation is not seen as something fragile and rescindable: it is intended to survive spousal breakdown. Moreover, representations of filiation underline the fact that there is no particular need for congruence between the role of genitor and that of parent, as is made clear by the co-parenting that characterizes both the blended family and adoption. Current family legislation in western countries is attempting to regulate these complex situations by invoking the best interests of the child, but it also recognizes the subjective rights of children and parents. And this opens up potentially conflictual scenarios bringing into play all these rights, which are both interdependent and tangled together, since it is the parents who are responsible for the exercise of these rights – the right to protection, but also the right to freedom – enjoyed by their children. In order to find a way through this maze, juristic culture has recently developed the perspective of relational rights, a development that has significant implications both for the model and for the practice of family justice.

Auteur : Paola Ronfani
Titre : Droits des enfants, droits des parents
Revue : Enfances, Familles, Générations, Numéro 5, automne 2006, p. 1-12
URI : http://id.erudit.org/iderudit/015782ar
DOI : 10.7202/015782ar

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