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Études internationales

Volume 30, numéro 2, 1999, p. 373-396

Les puissances majeures et les institutions internationales de sécurité, 1990-1997

Sous la direction de Onnig Beylerian et Jacques Lévesque

Direction : Louis Bélanger (directeur)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/704033ar

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Article

Les politiques canadiennes de sécurité : vers une « australisation » ?

Nelson Michaud

Louis Bélanger

Résumé

L'évolution générale de la politique étrangère canadienne durant les années 1990 laisse croire que le Canada a gardé intactes certaines de ses composantes alors qu'il en a changé substantiellement certaines autres. Ainsi, dans le domaine de la sécurité, le Canada semble avoir opté pour une doctrine qui exprime un certain scepticisme à l'égard de ce que l'ordre multilatéral actuel peut offrir pour répondre aux défis de l'après-guerre froide. La présente étude cherche donc à comprendre quelle est la stratégie institutionnelle poursuivie par le Canada en trois occasions différentes, soit lors de l'élaboration de la convention sur les mines antipersonnel, lors du règlement de la crise haïtienne et dans le cadre de la réforme du Conseil de sécurité de VONU. Cette analyse, de type pattern matching, repose sur une grille comparative établie par Cooper et qui permet de déterminer la nature et la portée des actions diplomatiques d'un pays donné en utilisant les comportements diplomatiques traditionnels du Canada et de l'Australie comme idéaux-types. Comme il sera donné de le constater dans chacun de ces cas, le Canada semble privilégier une action diplomatique qui sort de plus en plus des sentiers battus pour défendre des positions novatrices. Ceci tend à confirmer que, sans renier son engagement envers certains principes de sa politique étrangère qui font davantage appel à l'universalisation et à la routine, le Canada a, récemment, plutôt tenté de fonder sa politique étrangère sur de nouvelles bases qui se caractérisent par une action plus concentrée et d'une nature plus héroïque. En ce sens, nous pouvons conclure qu'effectivement, le Canada tend vers une attitude de plus en plus semblable à celle de l'Australie eu égard aux paramètres identifiés par Cooper.

Abstract

The overall recent development of Canadian foreign policy suggests that Canada has kept some elements of its foreign policy intact while substantially changing others. Particularly, in the area of security, Canada seems to have opted for a doctrine that expresses a certain level of scepticism towards what the multilateral order offers in terms of answers to the specific post-cold war challenges. This study is therefore aiming at understanding which institutional strategy Canada pursues in three different occasions : the elaboration of the anti-personnel landmines ban treaty, the resolution of the political crisis in Haiti, and the United Nations Security Council Reform. The analysis is typically a pattern matching that is based on an analytical grid established by Cooper. This framework allows to identify the nature and the scope of a given country's diplomatic action, Canada's and Australia's typical behaviours being considered as ideal-types. As it mil be possible to witness in each of the cases studied, Canada seems to favour a diplomatic action that breaks with its usual stance to defend innovative solutions, which seek to make use of modes of co-operation that go beyond the scope of already existing major international institutions. This tends to confirm that, notwithstanding a certain commitment towards principles that call for a routine form and a universal scope of action, Canada has recently tried to cast its foreign policy on new bases characterized by heroic and concentrated action. We therefore can conclude that, according to Cooper's parameters, Canada leans in fact towards a position closer to Australia's.

Auteurs : Nelson Michaud et Louis Bélanger
Titre : Les politiques canadiennes de sécurité : vers une « australisation » ?
Revue : Études internationales, Volume 30, numéro 2, 1999, p. 373-396
URI : http://id.erudit.org/iderudit/704033ar
DOI : 10.7202/704033ar

Tous droits réservés © Études internationales, 1999

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