Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Études internationales

Volume 34, numéro 4, décembre 2003, p. 676-678

Direction : Gordon Mace (directeur)

Rédaction : Claude Basset (rédacteur en chef)

Éditeur : IQHEI

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/038701ar

ei
< PrécédentSuivant >
Compte rendu

Feinberg, Richard E. et Zhao Ye, Assessing apec’s Progress/Trade, Ecotech and Institutions, Singapour, Institute for Southeast Asian Studies, 2001, 206 p.

Laure Paquette

Department of Political Science

Lakehead University, Ontario, Canada


1

L’ouvrage en question évalue les dix premières années de la Coopération économique Asie-Pacifique (apec). Forum de vingt et un membres, qui inclut les États-Unis, le Japon, la République populaire de Chine, le Mexique, le Canada et la plupart des nations du Sud-Est asiatique, l’apec a-t-elle réalisé son plein potentiel ? Pour y répondre, des experts universitaires qui siègent dans les centres d’études de l’apec dans treize des pays membres de l’association, ont entrepris une série d’études détaillées portant sur des questions aussi centrales que les services entre nations membres, les politiques d’investissement, le développement des ressources humaines, les questions agroalimentaires, les politiques en matière d’énergie et la stabilité financière.

2

Les résultats de ces études sont présents dans un rapport, intitulé « Learning From Experience », très bien reçu par la critique et a fait l’objet d’examen très particulier des milieux officiels au plus haut niveau. Ce rapport a conclu, entre autres, que l’apec avait réussi à s’établir comme un forum de portée internationale qui avait épousé un concept cohérent. Par contre, il existe de nombreuses carences dans chacun des secteurs de libéralisation des investissements, de la coopération technique, de la coopération économique, ainsi que de la structure institutionnelle. Le rapport offre aussi des recommandations très détaillées pour pallier à ces carences. Le volume contient à la fois le rapport et les études plus détaillées. Il est le produit de l’apec International Assessment Network (apian), une collaboration autonome parmi les centres subventionnés par l’apec. Ces centres suivent et évaluent la mise en place des initiatives les plus importantes de l’apec.

3

L’apec promeut l’affirmation et la dissémination d’un ordre international favorisant l’ouverture régionale. L’apec croit à l’intégration régionale, qui marche de pair avec la mondialisation, autre phénomène qui est par définition positif. Parmi les fonctions de l’apec figurent la collecte de renseignements et la structuration de banques de données sur un grand nombre de questions. Parmi les recommandations en matière de commerce international, l’on retrouve : 1) la clarification et la priorité de ses initiatives en matière de commerce international ; 2) l’amélioration des plans d’action des États membres ; et 3) le rapport annuel pour chaque État membre sur ses engagements. Parmi les recommandations sur la coopération économique et technique figurent les trois suivantes : 1) la refonte des programmes pour les rendre plus simples et plus accessibles, et pour en améliorer la coordination ; 2) l’offre de plus d’argent pour soutenir cette coopération ; et 3) l’établissement d’un plan stratégique pour chapeauter le secteur tout entier. Parmi les recommandations portant sur les structures institutionnelles, il y a : 1) l’expansion du mandat et des pouvoirs du secrétariat ; 2) le développement de liens entre l’apec et d’autres organisations régionales ou internationales ; 3) l’intégration accrue des ministères des Finances des États membres dans le processus décisionnel ; 4) la consolidation des partenariats avec les groupes extérieurs ; 5) le soutien aux universitaires ; et 6) l’intensification de la publicité sur les initiatives et le mandat de l’apec.

4

Les rapports de recherche portent sur les questions suivantes : les tarifs, les services transfrontaliers, l’investissement étranger, la réforme, les règles de la concurrence commerciale, la mobilité des gens d’affaires, le développement du commerce, le développement des ressources humaines, le secteur agroalimentaire, la science et la technologie industrielles, le secteur énergétique, la gouvernance des sociétés commerciales et le secteur financier. La plupart des États membres ont réduit leurs tarifs, quoiqu’il ne soit pas possible d’attribuer avec certitude ce changement aux efforts de l’apec seule. L’appui politique pour la libéralisation s’est montré essentiel. Quant à la libre circulation des services transfrontaliers, les engagements à courte échéance pris par les États membres ont été appliqués à 97 %, quoique les engagements à longue échéance soient de beaucoup inférieurs en nombre. Les plans individuels des États membres ne sont pas clairs là-dessus. Des améliorations sensibles ont été réalisées sur les politiques favorisant l’investissement étranger, grâce à l’application des actions collectives. La réforme administrative de la concurrence commerciale a peu progressé, quoiqu’il existe un dialogue et un encadrement dont les principes dépassent largement ceux de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation pour la coopération et le développement économique. La mobilité des gens d’affaires n’a pas beaucoup joué non plus, ayant souffert d’un manque de participation. Le développement des ressources humaines a beaucoup augmenté depuis la création de l’apec en 1989, même si les budgets n’ont pas toujours suivi. Les chefs d’État réunis en 1999 ont demandé d’établir l’intégration de toutes les autres initiatives en matière agroalimentaire. Hormis le chapeautage, il n’y a aucune information rapportée qui signale le dépassement de ce projet d’intégration régionale. Du côté de la science et de la technologie industrielles, par contre, les nouvelles sont meilleures. Les faiblesses les plus marquées étaient l’absence d’intérêt du secteur des affaires dans ces activités et la diversité que l’on retrouve chez les membres de l’apec. Les groupes de travail sur l’énergie ont remporté d’importants succès, dont l’accent mis sur les partenariats avec le secteur privé. Les ministres des Finances des États membres ont joué un rôle important dans la réglementation des sociétés commerciales, et ont complété l’étape de l’établissement des définitions terminologiques et de l’énoncé des principes généraux. Enfin, la plupart des experts financiers prônent une nouvelle direction pour un organisme qui ne se préoccupait pas officiellement du secteur lors de sa fondation.

5

Le bilan est donc mixte et sensiblement inférieur si l’on exclut les déclarations et autres activités d’importance symbolique. Parmi les nombreux comptes rendus de cette première décennie, ce document fait figure d’évaluation plus ou moins officielle. Il serait donc important de considérer, en parallèle, une analyse qui ne serait pas commanditée par l’organisme lui-même à l’étude.


Auteur : Laure Paquette
Ouvrage recensé : Feinberg, Richard E. et Zhao Ye, Assessing apec’s Progress/Trade, Ecotech and Institutions, Singapour, Institute for Southeast Asian Studies, 2001, 206 p.
Revue : Études internationales, Volume 34, numéro 4, décembre 2003, p. 676-678
URI : http://id.erudit.org/iderudit/038701ar
DOI : 10.7202/038701ar

Tous droits réservés © Études internationales, 2003

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014