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Études internationales

Volume 36, numéro 2, juin 2005, p. 280-282

Direction : Gordon Mace (directeur)

Rédaction : Claude Basset (rédactrice en chef)

Éditeur : IQHEI

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/011434ar

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Compte rendu

Rodriguez, Maria Joao (dir.), Vers une société européenne de la connaissance. La stratégie de Lisbonne (2000-2010), coll. Études européennes, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2004, 305 p.

Jérôme Montes

Conseil général des Pyrénées-Atlantiques

Pau, France


1

La connaissance est en passe de devenir une des sources fondamentales du développement économique et social. Mais elle peut devenir, aussi, une source d’inégalités sociales internes ainsi que de nouvelles hiérarchies de pouvoir international. Quelle stratégie adopter pour concilier innovation technologique et réforme de l’État providence ? C’est sur cette interrogation que se sont penchés les contributeurs de cet ouvrage collectif dirigé par Maria Joao Rodriguez. L’une des originalités de ce livre tient au fait que ses auteurs, aux nationalités et spécialités diverses, aient été sollicités par la présidence portugaise de l’Union européenne dans le cadre de la stratégie de Lisbonne (2000-2010) pour laquelle nous arrivons à l’évaluation de mi-parcours. En visant à renouveler le modèle socio-économique européen dans le contexte de globalisation, cette stratégie se situe, en effet, au coeur de l’agenda européen.

2

Afin d’éclaircir les questions qui seront débattues dans les chapitres suivants, madame Rodriguez expose, dans un propos introductif, comment l’interaction entre les agendas scientifique et politique a inspiré la stratégie de Lisbonne, avec pour dessein le développement d’une économie de la connaissance à cohésion sociale renforcée. Les enjeux multiples et variés de cette stratégie sont soumis à l’expertise des différents contributeurs de l’ouvrage.

3

Luc Soete démontre qu’un fossé important s’est creusé, au cours des années quatre-vingt-dix, entre les États-Unis et le Vieux continent en matière d’investissements dans la connaissance, en particulier dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (tic). Tirant les enseignements de ce décalage, il recommande un effort d’investissement accru dans la recherche et développement, les télécommunications, l’éducation et la formation, ainsi qu’une adaptation institutionnelle fondée sur la mise en réseau en matière scientifique et technologique. Dans le deuxième chapitre, Gosta Esping-Andersen dessine les contours d’un nouveau modèle social européen, davantage adapté au type d’économie et de société qui est en train d’émerger. S’appuyant sur la vision rawlsienne de l’optimisation de l’État providence, l’auteur préconise de repenser les droits sociaux comme un ensemble de garanties offertes tout au long de la vie, la précarité étant acceptable à condition de demeurer temporaire. La question de l’emploi en Europe est au centre des réflexions présentées dans les chapitres 3 et 4. D’une part, Robert Lindley montre comment la société de la connaissance va accroître la complexité de l’interaction entre l’enseignement, la formation et la mobilité au sein de l’entreprise, les structures en réseau de l’emploi et le marché du travail extérieur. D’autre part, Robert Boyer juge venu le temps des réformes institutionnelles pour promouvoir la croissance, l’emploi et la cohésion sociale.

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Dans le chapitre suivant, Lundvall et Tomlinson montrent qu’en tant que processus de comparaison et d’évaluation, le benchmarking – étalonnage – est l’instrument idoine de l’apprentissage politique et stratégique. Dans le chapitre 6, Manuel Castells esquisse des pistes de discussion pour faire avancer la construction de l’identité européenne, telles que l’éducation, la diffusion d’Internet, des politiques paneuropéennes dans les domaines des langues et des médias, la mobilité géographique, le multiethnisme, la multiplication de réseaux paneuropéens au niveau des institutions, des organisations professionnelles ou des associations. M. Castells insiste, aussi, sur le déficit démocratique européen et l’importance de se doter d’une politique étrangère et de sécurité commune. Rédigé par Mario Telo, le dernier chapitre aborde la question, intrinsèque à la stratégie de Lisbonne, de la réorganisation de la gouvernance et du gouvernement de l’Union européenne, en vue de renforcer la convergence au niveau régional. L’Union européenne y est présentée comme étant le laboratoire d’une gouvernance mondiale plus symétrique et moins morcelée, dès lors qu’elle constitue la principale référence des autres institutions régionales. Le document de la présidence portugaise de l’Union européenne et les conclusions du Conseil européen de Lisbonne en 2000 figurent en annexes.

5

L’ouvrage reflète le haut niveau de spécialisation de ses auteurs, ce qui ne l’empêche nullement de s’adresser à un large public. Il convient, à cet égard, de saluer la présence de nombreux graphiques et de données chiffrées qui viennent étayer les démonstrations, même si d’aucuns pourront regretter l’absence de bibliographie et la pénurie de notes de bas de pages.


Auteur : Jérôme Montes
Ouvrage recensé : Rodriguez, Maria Joao (dir.), Vers une société européenne de la connaissance. La stratégie de Lisbonne (2000-2010), coll. Études européennes, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2004, 305 p.
Revue : Études internationales, Volume 36, numéro 2, juin 2005, p. 280-282
URI : http://id.erudit.org/iderudit/011434ar
DOI : 10.7202/011434ar

Tous droits réservés © Études internationales, 2005

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