Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Études internationales

Volume 38, numéro 3, septembre 2007, p. 434-435

Direction : Gordon Mace (directeur)

Rédaction : Claude Basset (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/016561ar

ei
< PrécédentSuivant >
Compte rendu

Gendron, Corinne, Le développement durable comme compromis. La modernisation écologique de l’économie à l’ère de la mondialisation, coll. Pratique et politiques sociales, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2006, 279 p.

Lincoln Bizzozero

Faculté de sciences sociales

Universidad de la República, Uruguay


1

L’ouvrage de Corinne Gendron suscite déjà l’intérêt par son sujet, qui se trouve au premier rang des priorités de l’agenda international et des sociétés nationales. L’objectif de l’ouvrage est double : démontrer tout d’abord que les propositions avancées par les économistes de l’environnement ne servent pas à expliquer les transformations induites par la crise écologique, et deuxièmement se rapprocher des dirigeants d’entreprise pour examiner leur positionnement par rapport à la problématique écologique tout en faisant le tour des idées sur l’émergence d’un nouveau modèle de société qui tienne compte des questions environnementales.

2

Pour faire ce parcours, Corinne Gendron divise l’ouvrage en deux parties : une première théorique et une deuxième où l’auteure présente les résultats de recherches faites avec des chefs d’entreprises. La première partie est consacrée à un compte rendu sur la dynamique entourant l’éventualité de la transformation du système économique à partir de la crise écologique. La deuxième partie essaie pour sa part de montrer la complexité des défis que la société doit relever, notamment face aux changements dus à la nouvelle situation écologique.

3

L’axe central de la première partie de l’ouvrage est la théorie de la régulation, qui sert à analyser les approches économiques sur la crise écologique. Le problème soulevé par cette démarche, qui tente de faire une critique des approches issues de l’économie néolibérale, est que la théorie de la régulation a comme orientation la volonté de réintroduire dans l’analyse le social (acteurs et facteurs). L’auteure fait donc une analyse de quelques travaux sociologiques portant sur l’action collective. Cette approche a permis la rencontre d’économistes de différentes écoles, limitant leurs initiatives à des actions menées par les mouvements sociaux pour entre autres obtenir des ressources, établir des programmes, ou concrétiser des objectifs.

4

Les résultats de cette première partie semblent s’éloigner des problèmes écologiques et du sujet même : la modernisation écologique, les transformations, le développement durable. La théorie de la régulation reste finalement une théorie de l’équilibre et on ne voit pas le noeud vital du sujet. Néanmoins, le lecteur perçoit bien l’importance du rôle des acteurs sociaux dans d’éventuels changements sociaux.

5

La deuxième partie est plus originale et va au coeur du sujet : ce que pensent les dirigeants d’entreprises des problèmes de l’environnement, des possibilités de changement et d’adaptation et plus largement, leur conception du développement économique. On voit dès le début de la deuxième partie la variété des idées et surtout des représentations forgées par les différents groupes sociaux du développement et de nos sociétés.

6

Les résultats de la recherche de Corinne Gendron sont intéressants et permettent d’identifier certaines catégories de chefs d’entreprises, au nombre de deux, face aux problèmes de l’environnement : des dirigeants sensibilisés et d’autres qui le sont beaucoup moins. Dans une autre catégorisation à l’égard de l’État et la mondialisation, il y a aussi deux groupes de chefs d’entreprise : les interventionnistes et les non-interventionnistes. Finalement l’auteure interroge ces dirigeants sur le développement durable en associant les conceptions générales avec des problèmes environnementaux concrets. Les résultats de ces démarches montrent que le développement durable reste un sujet important pour les chefs d’entreprise même s’ils ne voient pas de changement radical au comportement économique ; et que les problèmes les plus cités sont l’air et l’eau, qui ne soulèvent aucune contestation (le politiquement correct).

7

L’ouvrage mérite d’être lu dans la mesure où il apporte une contribution aux recherches sur le débat entre le développement social, la croissance et les besoins économiques, et la transformation sociale. La complexité du sujet, très bien exposé par Gendron au début de la deuxième partie qui met en lumière l’importance des représentations sociales, et l’originalité de sa recherche menée sur les dirigeants d’entreprise, la situation écologique, le développement durable et la transformation sociale permettent d’entrevoir le début de débats sur le sujet et de possibles transformations à venir.


Auteur : Lincoln Bizzozero
Ouvrage recensé : Gendron, Corinne, Le développement durable comme compromis. La modernisation écologique de l’économie à l’ère de la mondialisation, coll. Pratique et politiques sociales, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2006, 279 p.
Revue : Études internationales, Volume 38, numéro 3, septembre 2007, p. 434-435
URI : http://id.erudit.org/iderudit/016561ar
DOI : 10.7202/016561ar

Tous droits réservés © Études internationales, 2007

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014