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Études internationales

Volume 42, numéro 4, décembre 2011, p. 539-540

Direction : Gordon Mace (directeur) et Richard Ouellet (directeur adjoint)

Rédaction : Pauline Curien (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/1007558ar

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Compte rendu

The Rise of China and the Capitalist World Order, Xing Li (dir.), 2010, Burlington, vt, Ashgate, 212 p.

Charles-Louis Labrecque

Département de science politique Université Laval, Québec


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L’impact économique de la montée en puissance de la Chine se fait désormais ressentir aux quatre coins du monde. Sa demande intérieure affecte plus que jamais le marché international de plusieurs matières premières et ses diverses politiques, qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales, ont des implications qui vont bien au-delà de ses frontières nationales. Bref, la montée en puissance de la Chine influence et défie plus que jamais l’ordre international. L’argument principal avancé dans cet ouvrage stipule que, pour bien saisir cette émergence de la Chine, il faut l’analyser en parallèle avec l’évolution du système international comme le résultat d’un processus concomitant ; la Chine subit parallèlement l’influence des institutions qu’elle est appelée à bouleverser. Partant de cette prémisse, The Rise of China and the Capitalist World Order tente d’expliquer la dialectique de l’évolution de la Chine au sein de l’ordre international au moyen d’un schéma d’analyse qui prend en compte le développement synchronique de la Chine et de l’ordre international.

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The Rise of China and the Capitalist World Order, un livre sous la direction de Li Xing, comprend une introduction et huit chapitres distincts. Professeur au Département d’études sociales et in-ternationales de l’Université Aalborg au Danemark, Li Xing consacre l’introduction à la présentation de son cadre d’analyse, qu’il nomme le « schéma des quatre Chines ». Ce schéma identifie quatre périodes dans l’évolution historique de la Chine et de sa relation avec l’Occident. Ces périodes – la « Chine historico-culturelle », la « Chine révolutionnaire », la « Chine économique » et la « Chine politique » –, de même que leur transition, s’expliquent selon l’auteur par ses facteurs similaires. Li Xing soutient également que l’étude de l’évolution de la Chine tout au long de ces quatre périodes permet de faire ressortir les nombreuses variables affectant la montée en puissance de la Chine et qu’elle explique son comportement face à l’ordre actuel.

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Les autres chapitres du livre cons-tituent une série d’études de cas traitant de différents défis que pose la montée en puissance de la Chine. Ces nombreuses situations, toutes examinées à la lumière de l’interaction dynamique entre différents facteurs internes et externes, touchent à plusieurs sphères des relations internationales. Par exemple, dans le troisième chapitre, Paul Opoku-Mensah explore l’ampleur de l’influence de la Chine sur le système international d’attribution de l’aide internationale. Opoku-Mensah rend compte de l’influence qu’a eue la Chine sur la façon dont les pays receveurs de l’aide internationale envisagent désormais les conditions rattachées à l’attribution de cette aide. Il soulève également le fait qu’au-delà de l’influence qu’a eue la Chine sur ce système, l’influence du système d’aide sur la Chine est non négligeable. L’auteur conclut finalement qu’il est peu probable que l’on assiste à la sinisation de l’aide internationale ou à une socialisation complète de la Chine aux normes du système. Il envisage plutôt une évolution concomitante de la Chine et du système d’aide.

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Même son de cloche dans un autre chapitre, dans lequel Stig Thøgersen et Clemens Stubbe Østergaard expliquent non seulement la façon dont la mondialisation a affecté l’évolution de la Chine, mais également comment l’évolution de la Chine a influé sur le processus de mondialisation. Ces auteurs en arrivent à une conclusion, similaire à celle d’Opoku-Mensah, qui met l’accent sur le caractère non statique de la mondialisation, de même que sur l’incertitude qui plane sur la direction que prendra la montée en puissance de la Chine ; ces deux processus s’influençant mutuellement.

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De nombreuses études ont évalué différentes facettes de la montée en puissance de la Chine et de son influence sur le système international. The Rise of China and the Capitalist World Order se différencie de ces nombreuses analyses par son explication interactive, qui tient compte de l’impact simultané de la Chine sur le système et de l’influence du système sur la Chine. Son apport à la littérature sur le sujet vient de cette mise en exergue, qui se justifie pleinement par la situation imbriquée de la Chine et du système. La conclusion générale de l’ouvrage avance que l’ordre international ne sera pas complètement bouleversé par la montée en puissance de la Chine et cette dernière ne s’imprégnera qu’en partie des normes du système actuel.

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L’évolution de la Chine, de même que celle du système international, captive autant la communauté des chercheurs que le public en général. Cependant, l’ouvrage dirigé par Li Xing s’adresse à un public restreint. Le volet historique du cadre théorique est trop limité pour satisfaire un historien de la Chine et la mécanique de ce cadre théorique est à la fois trop imprécise et trop fondée sur une lecture historique de l’évolution de la Chine pour intéresser le spécialiste de relations internationales.


Auteur : Charles-Louis Labrecque
Ouvrage recensé : The Rise of China and the Capitalist World Order, Xing Li (dir.), 2010, Burlington, vt, Ashgate, 212 p.
Revue : Études internationales, Volume 42, numéro 4, décembre 2011, p. 539-540
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1007558ar
DOI : 10.7202/1007558ar

Tous droits réservés © Études internationales, 2011

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