Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Institution :

Usager en libre accès

Études internationales

Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 5-25

Le retour des murs en relations internationales

Sous la direction de Charles-Philippe David et Élisabeth Vallet

Direction : Gordon Mace (directeur) et Richard Ouellet (directeur adjoint)

Rédaction : Pauline Curien (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/1009137ar

ei
 Suivant >

Abonnement requis!

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Toutes les archives des revues diffusées sur Érudit sont en accès libre (barrière mobile de 2 ou 3 ans). Pour plus d’information, consulter la page Abonnements et politique d’accès.

Pour abonner votre institution : erudit-abonnements@umontreal.ca.
En cas de problème d’accès : erudit@umontreal.ca.

Connexion (abonné individuel)

 

Introduction. Du retour des murs frontaliers en relations internationales

Élisabeth Vallet

Département de géographie, Université du Québec à Montréal, C. P. 8888, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 3P8

vallet.elisabeth@uqam.ca

Charles-Philippe David

Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Université du Québec à Montréal, C. P. 8888, succursale Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 3P8

david.charles-philippe@uqam.ca

Résumé | Extrait

Lorsque le premier empereur de Chine, Qin Shihuang, choisit d’unifier les murs des trois États du Nord (Qin, Zhao et Yan), au troisième siècle avant notre ère, il réalise le Wan Li Chang Cheng (le mur de 10 000 li – 5000 km), prélude à une construction qui s’étalera jusqu’à la fin de la dynastie Ming, au 17e siècle, pour former la Grande Muraille de Chine. Si ce chef-d’oeuvre d’architecture militaire scarifie encore le sol chinois, et est remarquable tant par son aspect (il prend parfois la forme d’un double rempart), sa longueur (6 200 km aujourd’hui, 50 000 km cumulés au cours du temps selon les estimations officielles) et la durée de sa construction (20 siècles), il n’est pas le seul à avoir marqué l’Histoire. En effet, d’autres civilisations ont cherché à construire des murs protecteurs : ainsi en va-t-il de l’Empire romain et de son limes (composé notamment des murs d’Hadrien et d’Antonin en Écosse, élevés au 2e siècle après J.-C., et du fossatum Africae, moins hermétique et dont la construction s’étend du 1er au 3e siècle), des royautés au Moyen Âge (comme la digue d’Offa en Mercie au 8e siècle qui a préfiguré la frontière entre le pays de Galles et l’Angleterre, le Danevirk érigé au 9e siècle pour protéger les Vikings du roi Godfried des Francs de Charlemagne, ou encore le Genkobori construit dans le nord de l’île de Kyushu par les Japonais au 13e siècle pour prévenir les invasions mongoles). Les fortifications féodales sont de même nature en cherchant à protéger un territoire désormais fragmenté : les murs « appartiennent aux plus anciens vestiges archéologiques » (Paquot 2006).

Tant et si bien qu’un mur a fini par incarner et définir le système international durant toute la deuxième moitié du 20e siècle : lorsque le mur de Berlin est tombé, sonnant le glas de la guerre froide, beaucoup d’observateurs ont cru à la métamorphose du monde (Paasi 2009 : 216). La fin de la guerre froide a consacré la fin du système bipolaire, articulé autour de deux allégeances et décliné en conflits et différends frontaliers. Avec la chute du mur de Berlin et la recomposition du système international, s’ouvrait une ère où la mondialisation condamnait irrémédiablement les États à n’appartenir qu’au passé (Badie 1999 et 2000), et l’on assistait à l’avènement d’un monde sans frontières (Ohmae 1990 ; Galli 2001 ; Zolo, 2004 ; Schroer, 2006).

Pour sortir du « piège territorial » (Agnew 1994), les théoriciens ont cherché à aller au-delà de la lecture traditionnellement statocentrée de la géopolitique internationale (Paasi, 1998 : 70-71). Dans ce cadre, la mobilité devenait le nouveau cadre d’analyse du système mondial (Balibar et Badie 2006). En se doublant de la disparition de la souveraineté (Badie 1999), elle consacrait la disparition du territoire (Badie 2000) et, ce faisant, des frontières étatiques. Rien, dans la doctrine, ne laissait préfigurer le retour du « mur » frontalier (Lévy 2005 : 40). Or,...

Auteurs : Élisabeth Vallet et Charles-Philippe David
Titre : Introduction. Du retour des murs frontaliers en relations internationales
Revue : Études internationales, Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 5-25
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1009137ar
DOI : 10.7202/1009137ar

Tous droits réservés © Études internationales, 2012

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2014