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Études internationales

Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 120-121

Le retour des murs en relations internationales

Sous la direction de Charles-Philippe David et Élisabeth Vallet

Direction : Gordon Mace (directeur) et Richard Ouellet (directeur adjoint)

Rédaction : Pauline Curien (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/1009147ar

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Compte rendu

Le commerce international. Théorie, politiques et perspectives industrielles, Emmanuel Nyahoho et Pierre-Paul Proulx, 2011, Presses de l’Université du Québec, 4e éd., 979 p.

Ali Laïdi

Institut de relations internationales et stratégiques (iris), Paris

Résumé | Extrait

Parfois, les rééditions n’ont guère d’intérêt. Celle-ci se justifie pleinement. Cinq ans après la précédente, cette quatrième édition de l’ouvrage d’Emmanuel Nyahoho et Pierre-Paul Proulx fait le point sur un commerce international bouleversé par une crise économique et financière sans précédent depuis 1929. Les auteurs rappellent les faits, implacables : des exportations en chute libre (12 %) en 2009, tandis que le pib mondial s’essoufflait à moins de 2 %. Pour 2010, le rebond est confirmé, mais il pourrait n’être que de courte durée vu les perspectives peu réjouissantes de 2011. Comme beaucoup d’observateurs attentifs à la situation, les auteurs s’interrogent sur la finalité de cette crise exceptionnelle : marquera-t-elle la fin d’une époque ? Ils n’apportent pas de réponse définitive, mais leur livre pousse le lecteur à la réflexion.

Pour l’heure, cette récession mondiale oblige les économistes à tirer quelques leçons. D’abord, affiner leurs statistiques sur la chaîne du commerce mondiale afin de mieux cerner l’impact de la crise sur l’intégration régionale, notamment celle de l’Asie. Ensuite, reconnaître définitivement le basculement de l’économie mondiale. Le coeur du commerce mondial ne bat plus aux États-Unis, affirment les auteurs. Mais Emmanuel Nyahoho et Pierre-Paul Proulx auraient dû oser aller plus loin et reconnaître dans le même élan que l’ère de la suprématie occidentale sur le commerce mondial s’est refermée avec la crise.

La conséquence est évidente : les pays émergents sont en train de prendre le relais. Et plus particulièrement la Chine et l’Inde, qui affichent des taux de croissance à faire pâlir de jalousie le vieil Occident : 10 % pour Pékin et 9,7 % pour Delhi en 2010. En comparant ces chiffres avec la moyenne poussive des pays riches – 2,7 % du pib –, on ne peut que s’incliner devant le vent de l’histoire. Un vent qui pousse la moitié des investissements dans le monde vers les pays émergents, alors qu’un quart en provient. Bref, nous assistons au basculement du monde qu’il y a encore cinq ans on ne voulait pas voir.

Quel est l’impact de ce renversement géoéconomique sur les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, les pays en voie de développement et les nouveaux pays industrialisés ? Comment certains marchés (agriculture, pétrole, automobile, textile, services…) se sont-ils comportés ces cinq dernières années ?

L’ouvrage apporte des réponses à toutes ces questions. Certes, les États-Unis ont perdu la main, mais le pays s’est protégé, comme il l’a toujours fait, en renforçant ses mesures protectionnistes et en étant encore plus agressif sur les marchés mondiaux. Le protectionnisme des États-Unis ne les empêche pas de prôner le libre-échange, ni d’évaluer et de surveiller les politiques commerciales des concurrents, notamment par le National Trade Estimate Report on Foreign Barriers. « On se permet donc, remarquent les auteurs, de demander...

Auteur : Ali Laïdi
Ouvrage recensé : Le commerce international. Théorie, politiques et perspectives industrielles, Emmanuel Nyahoho et Pierre-Paul Proulx, 2011, Presses de l’Université du Québec, 4e éd., 979 p.
Revue : Études internationales, Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 120-121
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1009147ar
DOI : 10.7202/1009147ar

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