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Études internationales

Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 128-130

Le retour des murs en relations internationales

Sous la direction de Charles-Philippe David et Élisabeth Vallet

Direction : Gordon Mace (directeur) et Richard Ouellet (directeur adjoint)

Rédaction : Pauline Curien (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/1009152ar

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Compte rendu

Transparency and American Primacy in World Politics, James J. Marquardt, 2011, Burlington, VT, Ashgate, 215 p.

Luc Sindjoun

Université de Yaoundé II

Résumé | Extrait

Certains thèmes de recherche en relations internationales sont pourvus d’une charge explosive et d’un coefficient de curiosité particulièrement élevé. Ainsi en est-il de la transparence et de la puissance en général, de la transparence et de la puissance américaine en particulier. La curiosité que charrie un tel thème n’est pas propre aux relations internationales. L’anthropologie politique a longtemps fait son miel de l’idée suivant laquelle il n’est pas de pouvoir sans mystère ; le mystère qui entoure le pouvoir et la mystification qui accompagne sa mise en scène contribuent en partie à faciliter l’obéissance. Dans ce contexte paradigmatique établi notamment par les travaux de Georges Balandier et de Marc Abélès, pouvoir et transparence semblent antithétiques notamment parce que rendre le pouvoir transparent, c’est le démystifier et par là même l’affaiblir. Aussi comprend-on aisément la puissance d’évocation de la recherche entreprise par James J. Marquardt sur la transparence et la puissance américaine dans les relations internationales. A priori, on aurait pu penser que l’anarchie internationale dans laquelle s’impose la puissance américaine est rebelle à la transparence notamment parce que, d’une part, moins les ressorts d’une puissance sont connus et maîtrisés, plus elle est efficace et que, d’autre part, moins une puissance est connue, moins elle est prévisible et peut continuer à surprendre les autres régulièrement à son avantage.

Les considérations générales et prénotions plus ou moins savantes qui précèdent sont remises en cause par l’ouvrage de James J. Marquardt. En effet, l’approche choisie est originale : il ne s’agit pas de penser en position d’extériorité, puissance américaine et transparence, mais de poser la transparence comme un instrument de la puissance américaine. La transparence est pensée ici comme un moyen par lequel les États-Unis imposent leur volonté au monde. C’est une ressource de la puissance qui a été négligée par l’analyse réaliste des relations internationales. Ce retournement de la transparence procède d’une rupture réussie avec l’approche transnationaliste qui aurait consisté à opposer la transparence à la puissance américaine. Bien au contraire, l’option américaine pour une institutionnalisation de la transparence dans les relations internationales est justiciable d’une approche réaliste. Analyser la puissance américaine dans les relations internationales depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à la fin de la guerre froide revient aussi à prendre en compte la promotion de la transparence par le biais des institutions multilatérales et les accords bilatéraux comme modalité de normaliser et de légitimer la prépondérance des États-Unis. C’est ici qu’apparaît le principal mérite épistémologique de l’ouvrage de James J. Marquardt à travers le dépassement du clivage artificiel soft power/hard power.

L’option prise par Marquardt est fondée sur une...

Auteur : Luc Sindjoun
Ouvrage recensé : Transparency and American Primacy in World Politics, James J. Marquardt, 2011, Burlington, VT, Ashgate, 215 p.
Revue : Études internationales, Volume 43, numéro 1, mars 2012, p. 128-130
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1009152ar
DOI : 10.7202/1009152ar

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