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Études internationales

Volume 43, numéro 3, septembre 2012, p. 463-465

Raymond Aron et les relations internationales : 50 ans après Paix et guerre entre les nations

Sous la direction de Jean-Vincent Holeindre

Direction : Louis Bélanger (directeur) et Richard Ouellet (directeur adjoint)

Rédaction : Pauline Curien (rédactrice en chef)

Éditeur : Institut québécois des hautes études internationales

ISSN : 0014-2123 (imprimé)  1703-7891 (numérique)

DOI : 10.7202/1012817ar

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Compte rendu

Le droit international libéral-providence. Une histoire du droit international, Emmanuelle Jouannet, 2011, Bruxelles, Université libre de Bruxelles et Bruylant, 351 p.

Guillaume Durou

Université du Québec à Montréal

Résumé | Extrait

Emmanuelle Jouannet propose une étude particulièrement pertinente pour le champ de la philosophie politique, de l’histoire et du droit international. Dans Le droit international libéral-providence. Une histoire du droit international, elle soutient qu’il importe de « retravailler l’histoire des finalités du droit international ». Elle pose en ce sens que le droit international classique s’est développé jusqu’à aujourd’hui sous l’influence libérale dont les principes prescrivaient une coexistence pacifique et bénéfique entre les États européens, alors même qu’à l’origine ce droit était aussi providence. Cette notion plus large qu’un simple droit assurantiel recouvre les principes d’utilité, de bonheur, de bien-être ainsi que de perfectionnement moral et matériel. Avec ces contenus philosophiques en tête, Emmanuelle Jouannet pose la question qui traverse toute son étude : « À quoi doit servir le droit international ? »

L’ouvrage est judicieusement segmenté en trois portions selon les périodes charnières du développement du droit international, à savoir le droit des gens au 18e siècle, le droit international classique à partir du 19e siècle ainsi que le droit international contemporain.

Jouannet amorce son analyse en puisant dans les premiers textes des Modernes où germèrent les notions cardinales du droit international qui ont à ce jour disparu pour ainsi dire de l’esprit qui, à l’origine, avait animé le débat sur les droits des hommes et des États. Après Étienne de Beaumont et Christian Thomasius, en passant par Emer de Vattel en 1758 sur le Droit des gens, on redécouvre les fondateurs majeurs, tels que Montesquieu et Adam Smith, ainsi que des penseurs mineurs, premiers hommes qui pensèrent la finalité du droit en fonction du bonheur et de la perfectibilité de l’homme. L’auteure dresse un premier portrait qui illustre la complexité du droit des gens et de son dispositif normatif fondé sur une légitimité du providentialisme et sur sa perfectibilité. Cette position théorique sera bien accueillie jusqu’au 19e siècle, puis elle s’effacera comme doctrine dominante. C’est à juste titre cette perte de sens du droit des gens évincée par l’historiographie classique et pourtant constitutive du débat sur le droit international qu’il semble utile de ramener dans l’analyse contemporaine. On constate rapidement la préoccupation chez Jouannet de conserver cet esprit et d’en faire usage comme d’un instrument critique du droit international contemporain.

Le dualisme entre les juristes du droit des gens et les aspirations politiques des États souverains au 18e siècle sera enterré pour de bon. L’avènement du siècle de l’industrialisation, de la démocratie et des nationalismes va visiblement configurer autrement la doctrine du droit. Ainsi, une logique « strictement interétatique » va naître en même temps que « le nouveau concept de nation ». Entre le « triomphe de la finalité libérale du droit...

Auteur : Guillaume Durou
Ouvrage recensé : Le droit international libéral-providence. Une histoire du droit international, Emmanuelle Jouannet, 2011, Bruxelles, Université libre de Bruxelles et Bruylant, 351 p.
Revue : Études internationales, Volume 43, numéro 3, septembre 2012, p. 463-465
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1012817ar
DOI : 10.7202/1012817ar

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