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Études littéraires africaines

Numéro 41, 2016, p. 9-22

Le théâtre de Sony Labou Tansi

Sous la direction de Julie Peghini et Xavier Garnier

Direction : Pierre Halen (directeur)

Rédaction : Nathalie Carré (rédactrice en chef)

Éditeur : Association pour l'Étude des Littératures africaines (APELA)

ISSN : 0769-4563 (imprimé)  2270-0374 (numérique)

DOI : 10.7202/1037786ar

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Sommes-nous sortis du monde, Sony Labou Tansi ? Le théâtre, la scène, la fable

Julie Peghini

Xavier Garnier

Résumé | Extrait

Sommes-nous sortis du monde, Sony Labou Tansi ? Le théâtre, la scène, la fable « Le théâtre est peut-être la seule manière de redorer le blason de l’existence sans cesse délavé par l’institution civile – C’est un lieu de rencontre avec la vie et la mort et peut-être la seule occasion pour un être “humain” de serrer la main fortement à ces deux inconnues. En cela il me paraît être un lieu sacré. Le sacré étant pour moi ce qui permet de joindre la respiration de la chair à celle de l’idée, autorisant ainsi la cohabitation lumineuse entre la poétique du muscle et celle de l’idée […]. Nous assistons toujours à une manière d’immolation : l’acteur prête son corps, en cela il est holocauste. Le public prendra ce corps pour voguer vers des ailleurs qui tous les comptes faits sont d’ici. » Propos de répétitions, 8 novembre 1984 1 Le théâtre est au coeur de la conception que l’écrivain congolais Sony Labou Tansi se fait de l’écriture car, comme celle-ci mais plus directement que celle-ci, il établit un lien physique, voire érotique, entre les mots et les corps, confondus alors en « chair-mots-de-passe » 2. Dans sa quête d’une expérience incarnée du verbe, Sony cherchait à rendre vivante toute parole. Le kairos de la représentation théâtrale est, en ce sens, la visée de toute sa démarche créatrice, l’accomplissement de la force de vie qu’il cherche à donner au verbe. Si on trouve une dimension dramaturgique et scénique, de « visualité » ou de performance, jusque dans ses romans, poésies, lettres et conférences, c’est peut-être au théâtre que s’allume le moteur de son énergie créatrice, que s’accomplit et s’entend pleine-ment sa « folie de nommer ». Le dossier que nous présentons ici propose une traversée de cette écriture théâtrale, qui s’est déployée sans discontinuer pendant plus de vingt-cinq ans, de 1969 à 1995, en lien étroit avec des hommes et des lieux. Après la mort du dramaturge et la dissolution du Rocado Zulu Théâtre, qui avait porté glorieusement ses textes sur les scènes du monde entier au cours des années 80, les pièces de Sony sem-blent être remisées, peu rééditées et peu jouées. Comme si leur moment était passé et que nul n’osait plus les reprendre. En novembre 2013, nous avons, avec Jean-Damien Barbin, le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique et le labex Arts H2H, organisé des rencontres intitulées : « Sony Labou Tansi en scène(s), une expérience théâtrale du monde ». Ce dossier en est la prolongation. L’année 2015 a été riche en mises en scène de ces textes, pour le vingtième anniversaire de sa mort et dans le cadre de différents événements organisés ici et là, entre la France et le Congo-Brazzaville. Preuve que le théâtre novateur de Sony Labou Tansi, qui donne d’indispensables clés pour une lecture du reste de l’oeuvre, a été et peut encore être pratiqué par tous ceux qu’il cherchait obstinément à interpeller de pièce en pièce. Parce qu’une importante mémoire des mises en scène risque de se perdre, notamment pour des textes qui n’ont pas encore fait l’objet d’une publication, et parce que l’impact de son écriture théâtrale sur les dramaturges africains qui lui ont succédé est immense, il est important de prendre la mesure de ce que le théâtre représentait pour Sony Labou Tansi. Sylvie Chalaye ouvre ce dossier en évoquant le parcours et le rêve singulier du dramaturge, et la manière dont il a « réveillé » la langue et éclairé le chemin de toute une génération de jeunes auteurs prêts à en découdre avec les modèles dramatiques imposés. Cette influence est d’autant plus réelle que Sony a lui-même théorisé sa pratique du théâtre : conçu d’abord comme un moyen de parler au plus grand nombre possible, comme un théâtre « d’utilité publique » 3, il le voyait aussi comme une action artisanale, par laquelle des hommes entraient en contact avec d’autres hommes, et comme un théâtre-monde avant la lettre.

Auteurs : Julie Peghini et Xavier Garnier
Titre : Sommes-nous sortis du monde, Sony Labou Tansi ? Le théâtre, la scène, la fable
Revue : Études littéraires africaines, Numéro 41, 2016, p. 9-22
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1037786ar
DOI : 10.7202/1037786ar

Tous droits réservés © Association pour l'Étude des Littératures africaines (APELA), 2016

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