Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Ethnologies

Volume 31, numéro 1, 2009, p. 77-109

Passages

Sous la direction de Maria Mateoniu

Direction : Laurier Turgeon (directeur)

Rédaction : Laurier Turgeon (rédacteur en chef)

Éditeur : Association Canadienne d'Ethnologie et de Folklore

ISSN : 1481-5974 (imprimé)  1708-0401 (numérique)

DOI : 10.7202/038501ar

ethno
< PrécédentSuivant >
Article

Amener l’ailleurs chez soiPratiques architecturales domestiques au Pays d’Oas

Daniela Moisa

Université Laval

dalimoisa@yahoo.com

Résumé

Entre ici et là-bas, entre avant et après, la maison de la réussite du Pays d’Oas (Roumanie) apparaît comme la principale forme discursive par laquelle les gens traduisent l’expérience de plusieurs espaces en une appartenance locale gérée par des valeurs et pratiques anciennes (Clifford 1997). Puisque cette traduction n’est jamais définitivement accomplie, l’ailleurs, entendu comme Occident, la France notamment, est associé à la modernité réclamée par les Oseni en tant que nouvelle manière d’être et de vivre, et finit par être domestiqué (Goody 1979) dans et par le local. Ce qu’on voit aujourd’hui à Certeze, et plus généralement au Pays d’Oas, n’est pas une réflexion fidèle du va-et-vient des Oseni entre l’Europe et leur village, mais plutôt le résultat d’une incorporation de cette expérience à l’intérieur d’une autre, plus ancienne. Cette incorporation agit également en sens inverse, en déclenchant à son tour une mutation interne du local. La dynamique est si forte que le changement devient palpable d’une année sur l’autre. L’action de domestication des formes architecturales étrangères est donc ambivalente : une même maison peut ainsi dénoter autant la modernité apportée d’ailleurs que les marques d’une spécificité locale. Cette rencontre est d’autant plus perceptible dans la pratique d’aménagement et d’utilisation de la nouvelle maison.

Abstract

Caught between here and there, between before and after, the successful person’s house in the Oas Country of Romania emerges as the principal discursive form by which people represent the experience of multiple spaces within a local community guided by traditional values and practices (Clifford 1997). Since this translation is never definitively accomplished, the other, normally equated with the West – notably France – is associated with the modernity claimed by the people of Oas as the new way to be and to live, and which is eventually domesticated (Goody 1979) in and by the local community. What can be seen today in Certeze, and more generally throughout the Oas Country is not a faithful reflection of the back and forth of the people of Oas between Europe and their village, but rather the result of incorporating this experience within another, older one. This incorporation also acts in reverse, by in turn starting to change the local from within. This dynamic is so strong that the change is palpable from one year to the next. The domestication of foreign architectural forms is thus ambivalent: the same house can thus denote an imported modernity as well as being marked by the specifically local. This encounter is all the more perceptible in the furnishing and use of a new house.

Auteur : Daniela Moisa
Titre : Amener l’ailleurs chez soi : pratiques architecturales domestiques au Pays d’Oas
Revue : Ethnologies, Volume 31, numéro 1, 2009, p. 77-109
URI : http://id.erudit.org/iderudit/038501ar
DOI : 10.7202/038501ar

Tous droits réservés © Ethnologies, Université Laval, 2009

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2013