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Études françaises

Direction : Lucie Bourassa (directeur)

Éditeur : Les Presses de l'Université de Montréal

ISSN : 0014-2085 (imprimé) 1492-1405 (numérique)

etudfr

Volume 41, numéro 1, 2005, p. 5-124Le personnage de roman

Sous la direction de Isabelle Daunais

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Isabelle Daunais

Présentation

Pages 5–7

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Isabelle Daunais

Le personnage et ses qualités

Pages 9–25

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Résumé

Si le personnage de roman peut être défini comme celui qui, en quittant le monde mythique de l’épopée, a rompu avec l’idée de destin, cette idée ne s’est pour autant pas effacée de sa mémoire et continue de le guider tout au long de ses aventures, comme un repère qui à la fois entretient ses illusions et détermine, par contraste ou effet-repoussoir, le territoire d’infinies possibilités qui est le sien. Mais au fur et à mesure que l’idée de destin, à force d’appartenir à un monde révolu, s’estompe et s’amoindrit, c’est face à une autre borne que le personnage romanesque doit contenir le domaine de son action : l’apparition d’un monde indifférencié où toute entreprise et toute existence cesseraient d’être singulières devient en effet l’horizon contre lequel le personnage doit se défendre s’il veut poursuivre son aventure. C’est par ses capacités à se maintenir entre ces deux rives — du destin et d’un monde indifférencié —, qui sont aussi ses deux écueils, que le personnage romanesque peut être défini.

   

Michel Biron

L’effacement du personnage contemporain : l’exemple de Michel Houellebecq

Pages 27–41

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Résumé

Cet article examine le rapport que l’individu entretient avec la société dans le roman contemporain. Comme le suggèrent les romans de Michel Houellebecq, le personnage contemporain ne se définit plus par le combat qu’il mène dans un monde opposé à ses désirs, comme ce fut le cas dans la tradition réaliste, mais par un combat d’un autre type en vertu duquel l’individu contemporain ne cesse de retomber en lui-même, de s’affaisser dans sa stérile lucidité. Mais comment cet individu triste et dépressif peut-il devenir un héros romanesque ? Houellebecq pose explicitement cette question et propose d’élargir le domaine de la lutte à tous les domaines de la vie humaine en décrivant les moindres rapports affectifs sur le modèle d’une vaste compétition sociale. À ce jeu toutefois, le seul combat possible est celui de l’effacement de soi. Chaque personnage de Houellebecq finit ainsi par disparaître sans laisser de traces, au milieu de la nuit et au plus près du néant, comme une dernière protestation contre le vide de l’existence.

   

Tiphaine Samoyault

Les trois lingères de Kafka. L’espace du personnage secondaire

Pages 43–54

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Résumé

Dans l’une des premières pages du Journal, Kafka explique que son identification aux personnages secondaires tient à leur exclusion, à l’interdiction qui leur est faite d’entrer dans la fiction. Cet article tente alors de définir l’espace du personnage secondaire comme un dehors de la fiction qui ne soit pas seulement un moyen de poser une borne, mais qui soit en lui-même un espace plein, dont on puisse dresser la cartographie, analyser les coutumes, étudier le peuplement. Les lingères devant l’arche comme K. devant l’entrée du Château déterminent un espace du dehors qui met en question la clôture de l’univers fictionnel tout en l’établissant. Le « quelque chose d’obscur » qu’installe leur présence devant la fenêtre ou à la porte invite à réfléchir à la façon dont les récits, comme les sociétés, ont besoin de l’exclusion pour être. Pensé ainsi, le personnage secondaire mis au ban de la fiction imprime sur certains textes une poétique moins de l’écart que de l’incertitude et de la mise à l’écart, qui est peut-être le propre des univers instables, des mondes problématiques et incomplets, des récits modernes.

   

Jacques Neefs

Silhouettes et arrière-fonds

Pages 55–64

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Résumé

Qu’est-ce que donner consistance à des personnages, dans la prose narrative ? Quelles figures de la pensée et de l’affect trament l’apparition et la vision qui font un corps aux êtres de fiction ? La lecture du début du Chiendent de Raymond Queneau permet de dessiner une sorte de « théorie » du personnage, comme apparition sous un regard, comme distinction d’un « être » parmi d’autres. Quelques exemples retenus dans Flaubert permettent de montrer le jeu de conscience, d’expression, de visibilité et d’inaccessibilité qui fait la densité évanescente d’un personnage, effet de vision et de mémoire à la fois. Ce régime d’apparition sensible du personnage est un moment de la prose narrative, de Flaubert à Proust, marqué par une profonde concurrence avec l’ordre pictural.

   

Christophe Pradeau

Le répertoire des figures

Pages 65–77

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Résumé

Balzac ne cesse de rattacher ses personnages aux grandes figures du passé, de celles qui sont recueillies dans ces répertoires biographiques que goûte tant la librairie romantique (ainsi de la Biographie Michaud). Les appositions (« Troubert, l’Alexandre VI de Tours »), les antonomases (« une nouvelle Diane de Poitiers »), les listes exemplaires et autres opérateurs analogiques inscrivent les personnages balzaciens dans un jeu dynamique de liaisons, d’apparentements, comme s’il s’agissait de leur donner une légitimité qui leur ferait défaut. Ces traits stylistiques nous disent quelque chose du personnage de roman, de son statut, de la légitimité fragile qui est la sienne au regard des personnages de la fable, des figures héritées de la tradition : sa présence incertaine dans nos mémoires est toujours près d’être dénoncée comme une usurpation.

   

Yannick Roy

La marionnette et le personnage

Pages 79–88

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Résumé

Les discours dont le roman fait l’objet sont souvent marqués par une certaine ambivalence et semblent souligner tantôt le caractère critique d’un art qui vise essentiellement à découvrir une vérité, tantôt la frivolité d’un genre qui, réduit à l’essentiel, relèverait essentiellement du potin. On peut évidemment distinguer, à l’intérieur de l’ensemble vaste et touffu que désigne le mot « roman », les oeuvres « sérieuses » de celles qui ne visent qu’à divertir le lecteur en le berçant d’illusions ou en flattant sa vanité ; mais cette distinction est peut-être plus fragile qu’il n’y paraît de prime abord. L’ambivalence du roman ne se laisse pas résoudre aussi facilement que le laisse entendre René Girard, par exemple, quand il sépare la « vérité romanesque » du « mensonge romantique », et on peut même considérer cette ambivalence comme la condition nécessaire de l’humour romanesque, en rappelant la célèbre définition bergsonienne du rire suivant laquelle on rirait du « mécanique plaqué sur du vivant ». Si le personnage romanesque est comique, c’est parce qu’il se présente à la fois comme un pantin sans vie, conformément à la « vérité romanesque », et comme un être vivant, ce qui suppose un reste d’illusion romantique.

 

Exercices de lecture  

   

David Vrydaghs

Pierre Michon et la corporation des écrivains : une lecture de Corps du roi

Pages 91–106

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Résumé

Dans Corps du roi, paru en 2002, l’écrivain français Pierre Michon développe l’idée que les écrivains appartiennent, au-delà du temps terrestre, à un même corps : celui de la littérature. Cette idée est, dans le même temps, contestée. Nous montrons alors, par une analyse des cinq textes de ce recueil, que l’ambivalence de Michon pose la question de la croyance en la littérature et met en évidence la fragilité de celle-ci, en même temps que sa nécessité.

   

Emmanuelle Tremblay

Une identité frontalière. Altérité et désir métis chez Robert Lalonde et Louis Hamelin

Pages 107–124

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Résumé

La présente lecture de Sept lacs plus au nord (1993), de Robert Lalonde, et Cowboy (1993), de Louis Hamelin, vise à alimenter la réflexion actuelle sur la problématique transculturelle à partir d’un examen des formes de l’altérité Blanc/Amérindien. Plus spécifiquement, seront dégagées les constituantes symboliques d’un « désir métis », métaphore heuristique qui rend compte d’une volonté de devenir autre au contact de la réalité autochtone. Par la reconstruction de l’Indien imaginaire, et en regard des récits de la Nouvelle-France, il sera démontré que le roman contemporain met en scène une ambivalence identitaire. Cette dernière est représentée par des héros québécois francophones hybrides, partagés entre un besoin de régénération et une angoisse de dissolution. Elle tient en l’occurrence lieu d’une identité frontalière où se joue une rencontre avec l’Histoire : entre fantasme d’une origine métisse retrouvée et conflits ethniques.

URI : http://www.erudit.org/revue/etudfr/2005/v41/n1/

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