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Études/Inuit/Studies

Volume 28, numéro 1, 2004, p. 109-132

Art et représentation / Art and representation

Direction : Murielle Nagy (directeur)

Rédaction : Murielle Nagy (rédacteur en chef)

Éditeur : Association Inuksiutiit Katimajiit Inc.

ISSN : 0701-1008 (imprimé)  1708-5268 (numérique)

DOI : 10.7202/012642ar

etudinuit
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Article

Bois flottés et archéologie de l’Arctique: contribution à la préhistoire récente du détroit de Béring

Claire Alix

University of Alaska Museum,

907 Yukon Drive,

P.O. Box 756960,

Fairbanks,

Alaska 99775-6960,

USA.

fncma@uaf.edu

Résumé

Jusqu’à la vente de bois commerciaux venus du sud, les populations installées le long des côtes des régions septentrionales d’Amérique du Nord et de Sibérie allaient régulièrement sur les plages s’approvisionner en bois flottés, principale source de ligneux dans ces régions dénuées d’arbres. Dans les sites archéologiques arctiques et particulièrement dans les dépôts des 2 000 dernières années, la conservation des vestiges en bois est souvent remarquable et fournit aux archéologues des assemblages numériquement représentatifs. Pourtant, ces vestiges ont rarement fait l’objet d’études approfondies malgré l’intérêt d’étudier l’exploitation d’une telle ressource dans des régions qui ne la produisent pas. Cet article discute de la nécessité de connaître la nature des accumulations de bois flotté (modalités de formation des dépôts naturels, propriétés des matériaux disponibles, etc.) afin de mieux comprendre: 1) la formation des assemblages archéologiques en bois, 2) la disponibilité des bois d’oeuvre à l’époque d’occupation du site, et 3) les variables de la sélection des bois par les occupants des sites. L'article présente aussi les résultats d’un premier inventaire de la disponibilité et de la composition actuelle des amas naturels de bois flotté dans le détroit de Béring et dans le sud de la péninsule des Tchouktches. Il s’appuie sur l’étude de collections archéologiques de sites alaskiens datés du 6e et du 11e-15e siècles ap. J.-C. pour montrer comment l’établissement de tels référentiels sur les bois flottés devrait à long terme améliorer l’interprétation chronologique, technique, voire sociale, des vestiges en bois des sites de l’Arctique.

Abstract

Driftwood and Arctic archaeology: Contribution to the Early Prehistory of Bering Strait

Until the introduction of commercial wood, driftwood was the main wood resource for people along the coasts of northern North America and Siberia. In Arctic archaeological sites and particularly in the last 2,000 years deposits, wood remains are often well preserved and provide archaeologists with large and representative samples of what was used at a site. However these remains have not been analyzed in great detail despite the interest of studying the use of wood in regions lacking trees. This paper discusses the importance of recording systematic and precise data on driftwood accumulations and wood use in order to better understand: 1) the formation of wooden assemblages, 2) driftwood availability at the time the site was occupied, and 3) users’ selection choices. A survey of modern driftwood accumulations, distribution, Availability and composition in Bering Strait and southern Chukchi Peninsula is also presented. It draws on the study of archaeological collections of Alaskan sites dated to the 6th century and the 11th-15th centuries A.D. to show how establishing such data bases should, in the long run, improve the chronological, technical or even social interpretation of wood remains from arctic sites.

 Remerciements

Cette recherche s’est déroulée dans le cadre d’un projet post-doctoral financé par la Fondation Fyssen (France). Une partie des informations utilisées dans cet article a été obtenue par la suite lors d’un projet financé par l’Institut Polaire français (IPEV), l’International Arctic Research Center (directeur S. Akasofu) et le fond Geist de l’University of Alaska Museum. Je remercie particulièrement Owen Mason, Dave Norton, Glenn Sheehan, Anne Jensen et Gary Laursen sans l’aide précieuse desquels les études de terrain n’auraient pas eu lieu. Je remercie toutes les personnes des communautés d’Alaska et de Tchoukotka dans lesquelles j’ai eu la chance de travailler pour les nombreuses informations qu’elles ont accepté de partager. Owen Mason et Pete Bowers m’ont confié l’étude des collections archéologiques de Qitchauvik, Uivvaq et Deering et je leur en suis reconnaissante. En Tchoukotka, Sveta Yamin a eu la gentillesse d’être mon interprète russe alors qu’elle avait aussi son propre terrain à conduire. J’ai bénéficié des conseils et de nombreuses discussions stimulantes avec plusieurs chercheurs de l’Université d’Alaska et je tiens tout particulièrement à remercier Owen Mason, Dave Norton, Glenn Juday, David Koester et Karen Brewster. Je remercie également l’Alaska Quaternary Center (Paul Matheus), l’University of Alaska Museum (Molly Lee et Dan Odess) et le département de Sciences Forestières (Glenn Juday) de l’University of Alaska Fairbanks de m’avoir si bien accueillie dans leurs départements. Je remercie enfin deux évaluateurs anonymes pour leurs judicieux commentaires et leurs corrections, et demeure seule responsable des erreurs qui ont pu se glisser dans ce texte.

Auteur : Claire Alix
Titre : Bois flottés et archéologie de l’Arctique: contribution à la préhistoire récente du détroit de Béring
Revue : Études/Inuit/Studies, Volume 28, numéro 1, 2004, p. 109-132
URI : http://id.erudit.org/iderudit/012642ar
DOI : 10.7202/012642ar

Tous droits réservés © La revue Études/Inuit/Studies, 2004

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