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Études littéraires

Volume 33, numéro 3, automne 2001, p. 229-250

Algérie à plus d’une langue

Sous la direction de Mireille Calle-Gruber

Direction : Éric Van der Schueren (directeur)

Rédaction : Nicholas Dion (adjoint à la rédaction)

Éditeur : Département des littératures de l'Université Laval

ISSN : 0014-214X (imprimé)  1708-9069 (numérique)

DOI : 10.7202/501321ar

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Article

Merleau-Ponty et la guerre. Un aspect des rapports de la philosophie de la perception et de la politique.

Jean-Pierre Cléro

Résumé

Ce texte, qui se lit en lui-même, aurait pu être le dernier chapitre de notre livre La théorie de la perception , paru aux Presses universitaires de France en 2000, ou son appendice. Il se propose de montrer le rapport entre l'autorité des perceptions et celle qui entre en ligne de compte dans les relations politiques - sous la forme de la violence quand il s'agit de la Guerre. La perception met en jeu des éléments symboliques, qui lui servent de fond : en ce sens, Lacan dit la vérité de Merleau-Ponty et l'auteur s'est arrêté trop tôt dans son analyse. Plutôt que de parler de la chair du monde comme s'il s'agissait de l'écran de nos perceptions, il conviendrait plutôt de dire que c'est un tissage de langage qui leur donne sens. C'est peut-être en allant plus nettement jusque-là que Merleau-Ponty aurait mieux fixé son discours sur la perception et moins raté la jonction avec la politique qu'il se promettait. Il est vrai que le marxisme - qu'il a adopté, durant quelques années pendant et après la Guerre - était sans doute la philosophie politique la plus menaçante pour sa philosophie de la perception. Il n'empêche que cette tentative ouvre des voies qui méritent d'être poursuivies.

Abstract

The following text may be read in itself ; but it could have been the last chapter of La théorie de la perception I wrote in 2000, or an appendix of this book. I intend to show the relation and the bond between the authority of perceptions and the authority which enters political communications and became sheer violence during the Second World War. Perception displays symbolic elements which, gathered in a set, acts as its screen : in this way, Lacan reaches the truth of La phénoménologie de la perception's author, and Merleau-Ponty ceased his analysis too soon. Instead of speaking of the things of the world as a sort of absolute screen for our perception, he should have pointed out a web of language with the same function. If he has reached up to this point, he would have both better stabilized his discourse on perception and less missed the junction with politics he expected to aim. Marxism, indeed, was probably, among political philosophies, the most subversive of the author's design and the most incompatible with Merleau-Ponty's reflexion about perception. Nevertheless, Merleau-Ponty's philosophy has opened up fields and roads which might still be laboured at to-day.

Auteur : Jean-Pierre Cléro
Titre : Merleau-Ponty et la guerre. Un aspect des rapports de la philosophie de la perception et de la politique.
Revue : Études littéraires, Volume 33, numéro 3, automne 2001, p. 229-250
URI : http://id.erudit.org/iderudit/501321ar
DOI : 10.7202/501321ar

Tous droits réservés © Département des littératures de l'Université Laval, 2001

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