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Études littéraires

Volume 34, numéro 1-2, hiver 2002, p. 315-332

Espaces classiques

Sous la direction de Patrick Dandrey

Direction : Isabelle Daunais (directeur)

Éditeur : Département des littératures

ISSN : 0014-214X (imprimé)  1708-9069 (numérique)

DOI : 10.7202/007569ar

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Article

Sous « la longue logique de l’histoire » : Les métaphores temporaliséesÀ propos de Bela Jai, de Marc Cholodenko

Lucie Bourassa

Résumé

La présente étude porte sur un texte de Marc Cholodenko, Bela Jai, qui est une fable sur le temps, l’histoire et la narration. Mettant en scène un personnage d’écrivain, Gaspadin Pissatiel, qui, d’un côté, est le « maître de la longue logique de l’histoire » et abat « les questions au fur que le temps avance irrésistiblement » et, de l’autre, souhaite composer « une histoire sans narration », ce « roman » semble à la fois réitérer et contester l’axiome de Ricoeur selon lequel « le récit est le gardien du temps ». Pour l’analyser, nous prendrons comme point de départ les conclusions de Temps et récit, dans lesquelles Ricoeur, constatant les limites de l’intrigue face au mystère de la temporalité, fait l’hypothèse que d’autres aspects du discours viennent relayer la narration lorsque celle-ci ne peut plus dire le temps : il songe alors à des « échanges » entre refiguration narrative et redescription lyrique (métaphore, louange et plainte). C’est bien à la faveur de tels échanges que Bela Jai propose sa réplique particulière aux énigmes du temps : cependant, les échanges n’impliquent pas seulement le dispositif narratif et les métaphores, mais également d’autres modes de signification que Ricoeur n’aborde pas, notamment le rythme.

Abstract

The present study deals with a text by Marc Cholodenko, Bela Jai, which is a fable about time, history, and narration. This novel presents the character of Gaspadin Pissatiel, a writer who, on the one hand, is the “ master of the long logic of history ” and clears away “ questions in pace with the irresistible advances of time ”, and who, on the other hand, wishes to compose “ a history without narration ”. As such, it appears both to reiterate and contradict Ricoeur’s axiom according to which “ narrative is the guardian of time ”. As a basis for my analysis, I draw on the conclusions of Time and Narrative, in which Ricoeur, noting the limits of plot in terms of dealing with the mystery of temporality, hypothesizes that other aspects of discourse takes over from narration whenever the latter is no longer able to (literally) tell time. He then takes up “ transfers ” between narrative refiguration and lyric redescription (metaphor and songs of praise and lamentation). Such transfers very much enable Bela Jai to propose its particular answer to the riddles of time. However, they involve not only a narrative system and metaphors but also other modes of meaning that are not taken up by Ricoeur, rhythm in particular.

Auteur : Lucie Bourassa
Titre : Sous « la longue logique de l’histoire » : Les métaphores temporalisées : à propos de Bela Jai, de Marc Cholodenko
Revue : Études littéraires, Volume 34, numéro 1-2, hiver 2002, p. 315-332
URI : http://id.erudit.org/iderudit/007569ar
DOI : 10.7202/007569ar

Tous droits réservés © Université Laval, 2002

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