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Études littéraires

Volume 37, numéro 3, 2006, p. 37-56

Les Européens des lumières face aux indigènes : image et textualité

Sous la direction de Monique Moser-Verrey et Peggy Davis

Direction : Anne-Marie Fortier (directeur)

Éditeur : Département des littératures de l'Université Laval

ISSN : 0014-214X (imprimé)  1708-9069 (numérique)

DOI : 10.7202/014103ar

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Article

La représentation de la population des îles Canaries dans les récits de voyage

Cristina G. de Uriarte

Résumé

La reproduction du monde dans le récit de voyage s’est opérée par le langage mais aussi par le canal de l’image. Si dans un premier moment son importance reste limitée, bientôt de nombreux récits donnent à voir les peuples du monde ainsi que les gestes des découvreurs. En effet, à côté des vues de villes, des reproductions de curiosités naturelles et de monuments, la représentation de l’homme occupe une place de plus en plus importante, car elle apporte un supplément d’information et sert à interpréter le texte.

Les expéditions scientifiques du XVIIIsiècle comptent parmi leurs membres des dessinateurs reconnus qui, suivant les instructions rédigées pour ce type de campagnes, sont requis pour effectuer des dessins botaniques et zoologiques mais aussi ethnographiques.

L’escale aux Canaries au commencement du voyage constitue la première occasion pour l’artiste de représenter des étrangers dans leur milieu naturel. Les dessins de Louis Feuillée mais surtout ceux de Nicolas-Martin Petit et Charles-Alexandre Lesueur, qui illustrent le livre de bord de Nicolas Baudin, commandant de l’expédition aux Terres Australes, montrent des images prises sur le vif, saisies au quotidien où l’absence de tout décor rehausse le discours ethnographique du voyageur.

Notre travail porte sur l’analyse des conditions dans lesquelles ont été représentés les habitants des Îles Canaries. Une attention particulière sera portée au regard sur la population de l’Archipel construit à partir de l’observation directe mais aussi d’une idée préétablie de la société insulaire.

Abstract

Depiction of the world in travel writing is achieved by means of both language and image. Although visual elements in travel writing were initially of lesser importance, they later came to figure prominently in numerous texts describing both the world’s peoples and the achievements of their discoverers. In fact, aside from images of towns, of natural curiosities and monuments, the depiction of human beings comes to gain greater and greater prominence as it both supplements the written text and provides a means of interpreting that text.

In the 18th century, scientific expeditions included well-known illustrators who, in keeping with written instructions for these journeys, were to produce botanical, zoological and ethnographic illustrations.

The first port of call in the Canary Islands gave the artist a first opportunity to depict foreign peoples in their natural environment. Examples of this are the drawings of Louis Feuillée and those of Nicolas-Martin Petit and Charles-Alexandre Lesueur. The latter illustrated the ship’s log during Nicolas Boudin’s southern expedition, creating vivid, unframed snapshots of daily life that contribute to the ethnographic discourse of the traveler.

Our study analyses the living conditions of the inhabitants of the Canary Islands as depicted in those illustrations, with a particular focus on the results of direct observation as well as pre-established notions of island society.

Auteur : Cristina G. de Uriarte
Titre : La représentation de la population des îles Canaries dans les récits de voyage
Revue : Études littéraires, Volume 37, numéro 3, 2006, p. 37-56
URI : http://id.erudit.org/iderudit/014103ar
DOI : 10.7202/014103ar

Tous droits réservés © Université Laval, 2006

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