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Études littéraires

Volume 41, numéro 3, 2010, p. 133-145

Littérature et anarchisme

Sous la direction de Sebastian Veg

Direction : Anne-Marie Fortier (directrice)

Éditeur : Département des littératures de l’Université Laval

ISSN : 0014-214X (imprimé)  1708-9069 (numérique)

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Albert Cohen et les séductions de la parole narrative

Maxime Decout

Résumé

Albert Cohen apparaît comme un écrivain sensible à tout ce qui bruit dans le réel. Romancier de l’oreille autant que de la bouche, il cherche au creux de discours comme une mélodie première où le dire serait à même de commander l’ordre du monde. Chez lui, le personnage est toujours une sorte de narrateur. C’est pourquoi la voix narrative s’auréole d’un attrait hors du commun. Proche du personnage sans pour autant disparaître, cette voix, toujours immatérielle et pourtant présente, parle le texte, et tisse des liens privilégiés avec les personnages et le lecteur vers qui elle semble s’avancer, autant pour murmurer à l’oreille que pour embrasser, grâce à la multiplication de métalepses. Certains personnages sont de la sorte élus et distingués par l’empathie affichée par le narrateur, afin de souligner l’essentialité des valeurs dont ils sont porteurs.

Abstract

Albert Cohen is sensitive to the murmur of the world and can thus be said to resort as much to sounds as to words. The latter seem to contain a kind of primal, harmonious melody that can utter the world into existence. Characters are always more or less narrators. The narrative voice is always deeply alluring in Cohen’s works: it is both close to that of the character and a voice in its own right, immaterial yet intensely audible. It utters the text, creating a link with both characters and readers. Numerous metalepses seem to suggest that this voice moves toward t he readers, whispers to them and embraces them. Meanwhile, some characters appear singled out by the narrator’s empathy toward them, which foregrounds the importance of the values they embody.

Auteur : Maxime Decout
Titre : Albert Cohen et les séductions de la parole narrative
Revue : Études littéraires, Volume 41, numéro 3, 2010, p. 133-145
URI : http://id.erudit.org/iderudit/1006019ar

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