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Laval théologique et philosophique

Volume 61, numéro 2, juin 2005, p. 412

La théorie de la réception

Direction : Luc Langlois (directeur)

Rédaction : Thomas De Koninck (rédacteur en chef) et Paul-Hubert Poirier (rédacteur en chef)

Éditeurs : Faculté de philosophie, Université Laval et Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval

ISSN : 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)

DOI : 10.7202/011834ar

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Compte rendu

Henry Mottu, Dietrich Bonhoeffer. Paris, Les Éditions du Cerf (coll. « Initiations aux théologiens »), 2002, 219 p.

Gilles Routhier

Université Laval, Québec


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Au début de mes études en théologie, c’est avec joie que j’avais lu Résistance et soumission. Ce qu’on y trouvait correspondait bien au climat du début des années 1970 et de la théologie de « l’après mort de Dieu ». Quelques années plus tard, j’avais lu le petit traité de Bonhoeffer, De la vie communautaire, y retrouvant un autre Bonhoeffer. Il y a plusieurs lectures de Bonhoeffer, comme le souligne l’introduction (p. 7-8). De fait, suivant les oeuvres qu’on a lues (et tout est loin d’être traduit en français) ou la période que l’on privilégie dans l’oeuvre de Bonhoeffer, une conception particulière du théologien allemand émerge. Henry Mottu, qui reconnaît que Bonhoeffer a été à la fois le militant politique, le prédicateur et l’homme de foi, veut nous présenter tout cela à la fois. Il ne s’agit pourtant pas de trois Bonhoeffer, mais du même, dont l’ensemble de la pensée a une dimension oecuménique et internationale, ce que l’on ne met pas suffisamment en lumière. Surtout, Mottu nous indique à quel point l’ensemble de l’oeuvre est traversé par une réflexion sur l’Église qui connaît quatre grandes étapes : la découverte de l’Église, l’oecuménicité de l’Église, la mise à l’épreuve de l’Église et l’Église incognito et celle de l’avenir.

2

Aujourd’hui, Bonhoeffer est un théologien de plus en plus lu et, comme s’il n’avait pas vieilli, les travaux sur son oeuvre sont de plus en plus nombreux. Pas étonnant, puisqu’il nous engage à réfléchir à ce que signifie croire en notre monde, être Église, avec qui, pour qui et où, en ces temps où il nous faut reprendre une à une ces questions. Dommage qu’il ait fallu attendre si longtemps pour avoir accès, en français, à plusieurs de ses oeuvres et qu’on commença souvent à le lire par ses dernières oeuvres, oubliant tout le parcours intellectuel qui avait été le sien et gauchissant souvent sa pensée par une interprétation qui convenait à l’époque de la théologie de la mort de Dieu. C’est la richesse de ce petit livre de Henry Mottu de nous faire parcourir l’ensemble de l’itinéraire intellectuel de Bonhoeffer.

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Un livre très abordable, à la hauteur de la collection, et qui donnera à plusieurs le goût de replonger dans la lecture des textes de Bonhoeffer.


Auteur : Gilles Routhier
Ouvrage recensé : Henry Mottu, Dietrich Bonhoeffer. Paris, Les Éditions du Cerf (coll. « Initiations aux théologiens »), 2002, 219 p.
Revue : Laval théologique et philosophique, Volume 61, numéro 2, juin 2005, p. 412
URI : http://id.erudit.org/iderudit/011834ar
DOI : 10.7202/011834ar

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 2005

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