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Laval théologique et philosophique

Volume 63, numéro 3, octobre 2007, p. 473-493

Direction : Guy Bonneau (directeur)

Rédaction : Thomas De Koninck (rédacteur en chef) et Paul-Hubert Poirier (rédacteur en chef)

Éditeurs : Faculté de philosophie, Université Laval et Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval

ISSN : 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)

DOI : 10.7202/018173ar

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Article

Shestov : Faith Against Reason

Adam Drozdek

Department of Mathematics and Computer Science

Duquesne University, Pittsburgh

Abstract

According to Shestov, knowledge is incompatible with freedom which can be found only through faith because it establishes its truths through the principle of necessity and universality. In fact, the original sin lies in the desire to know, in which not only scientific knowledge is meant, but also knowledge of everyday life. The fall is biblically expressed as a desire to know good and evil. However, it seems that the domain of the moral dimension should not be beyond good and evil, as Shestov suggests, but beyond rationality. Contrasting faith and reason as strongly as Shestov does leads only to a schizophrenic concept of man : man has two faculties that are irreconcilable and even hostile toward one another. It seems that the image of Jerusalem and Athens should be replaced with the image of St. Paul and Minneapolis : different cities that are very close together, not in hostile relationship, but cooperating in a friendly arrangement. Also, Shestov allows for a most irrational expression of freedom. However, he hardly addresses the problem of practical consequences of such a view in social life.

Résumé

Selon Chestov, la connaissance est incompatible avec la liberté, qui ne peut être trouvée que grâce à la foi, parce qu’elle établit ses vérités en vertu des principes de nécessité et d’universalité. En fait, le péché originel résiderait dans le désir de connaître, où non seulement la connaissance scientifique est visée, mais aussi la connaissance de la vie quotidienne. La chute s’exprime bibliquement comme un désir de connaître le bien et le mal. Or il semble bien, au contraire, que le domaine de la dimension morale ne devrait pas être au-delà du bien et du mal, ainsi que le suggère Chestov, mais au-delà de la rationalité. Contraster la foi et la raison aussi fortement que le fait Chestov ne peut que conduire à un concept schizophrénique de l’être humain, selon lequel ce dernier posséderait deux facultés irréconciliables, voire hostiles l’une envers l’autre. On peut penser que l’image de Jérusalem et d’Athènes devrait être remplacée par celle de St. Paul et de Minneapolis aux États-Unis : deux cités différentes, à la fois très proches l’une de l’autre et qui ne sont pas dans une relation hostile, mais coopèrent au sein d’une entente amicale. De plus, Chestov privilégie une expression très irrationnelle de la liberté, et ne fait guère face aux conséquences pratiques d’un tel point de vue dans la vie sociale.

Auteur : Adam Drozdek
Titre : Shestov : Faith Against Reason
Revue : Laval théologique et philosophique, Volume 63, numéro 3, octobre 2007, p. 473-493
URI : http://id.erudit.org/iderudit/018173ar
DOI : 10.7202/018173ar

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 2007

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