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Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal

Volume 55, numéro 1, mars 2010, p. 147-157

Le parcours du sens : d’une langue à l’autre — Mélanges offerts à André Clas / The Way of Meaning: From a Language to Another — Collection of Articles Offered to André Clas

Sous la direction de Salah Mejri et Gaston Gross

Direction : Sylvie Vandaele (directrice)

Rédaction : Georges Bastin (rédacteur en chef)

Éditeur : Les Presses de l'Université de Montréal

ISSN : 0026-0452 (imprimé)  1492-1421 (numérique)

DOI : 10.7202/039609ar

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Article

Pourquoi une langue emprunte-t-elle des suffixes ? L’exemple du grec et du latin

Anna Anastassiadis-Syméonidis

Université Aristote de Thessalonique, Thessalonique, Grèce

ansym@lit.auth.gr

Résumé

Afin de déterminer les raisons pour lesquelles le grec a emprunté des suffixes au latin, nous examinons, en suivant le cadre théorique de Danielle Corbin, le suffixe -(i)ár(is) < du latin ‑arius, par exemple dans vromiaris [‘malpropre’], qui construit des adjectifs dénominaux à caractère [-savant/-soutenu]. En particulier, les adjectifs en -(i)ár(is) attribuent d’une manière permanente une qualité péjorative qui, dans le cadre de l’activité humaine quotidienne, dévie de la norme sociale d’une manière perceptible directement par les sens. Ce trait, lié à leur registre, résulte du fait que le suffixe est emprunté au latin, une langue sans prestige aux yeux des Grecs. Cette représentation stéréotypique de la latinité permet au grec de marquer les différences entre, d’un côté, le [+soutenu], l’officiel, l’objectif et, de l’autre, le [-soutenu], le quotidien, le subjectif, en conservant, dans le premier cas, les éléments d’origine grecque, et en utilisant, dans le second, des éléments empruntés.

Mots-clés : emprunt de suffixe, adjectif dénominal, péjoration, prestige linguistique, stéréotype

Abstract

In order to determine the reasons that lead Greek to borrow suffixes from Latin, we examine the suffix -(i)ár(is) < Latin -arius, e.g., vromiaris [‘dirty’], within the theoretical morphological framework of Danielle Corbin. This suffix creates denominal adjectives bearing the [-learned/-elevated] feature attributing in a permanent way a degrading or below the social norm quality in a way that can be perceived by the senses, along with the use of these adjectives in everyday life situations. Their [-learned] character is a result of their having borrowed from Latin, a low prestige language, in the Greek judgment. This stereotypical representation of Latinhood allows Greek to signal the difference between the [+learned] (the official, the objective) and the [‑learned] (the subjective, that used in everyday life) while keeping in the first case the elements of Greek origin, and in the second case using borrowed elements.

Keywords: suffix borrowing, denominal adjective, pejoration, linguistic prestige, stereotype

Auteur : Anna Anastassiadis-Syméonidis
Titre : Pourquoi une langue emprunte-t-elle des suffixes ? L’exemple du grec et du latin
Revue : Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal, Volume 55, numéro 1, mars 2010, p. 147-157
URI : http://id.erudit.org/iderudit/039609ar
DOI : 10.7202/039609ar

Tous droits réservés © Les Presses de l’Université de Montréal, 2010

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