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Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal

Direction : Sylvie Vandaele (directrice)

Rédaction : Georges Bastin (rédacteur en chef)

Éditeur : Les Presses de l'Université de Montréal

ISSN : 0026-0452 (imprimé) 1492-1421 (numérique)

meta

Volume 55, numéro 1, mars 2010, p. 1-207Le parcours du sens : d’une langue à l’autre — Mélanges offerts à André Clas / The Way of Meaning: From a Language to Another — Collection of Articles Offered to André Clas

Sous la direction de Salah Mejri et Gaston Gross

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Salah Mejri et Gaston Gross

Présentation

Pages 1–3

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Traduction  

   

Jean-René Ladmiral

Sur le discours méta-traductif de la traductologie

Pages 4–14

[HTML]  [PDF 276 ko]  [Résumé

Résumé

L’auteur rend hommage à l’ampleur et à la diversité de tout ce qu’a accompli André Clas, en soulignant l’importance qu’y revêt la traduction, et notamment son travail éditorial à la direction de la revue Meta. Puis il thématise quatre approches méthodologiques fondamentales en traductologie : prescriptive ou normative, descriptive, inductive ou scientifique et productive (orientée vers la pratique). Il critique les contrastivistes, qui ne s’intéressent à la traduction que dans la perspective d’une comparaison entre les langues, leur opposant les véritables traductologues, qui prennent pour objet la réalité de la pratique traduisante. Enfin il reprend, sur de nouveaux frais, l’immémoriale question du littéralisme en traduction, aux termes de laquelle s’opposent sourciers et ciblistes.

   

Christian Balliu

Le traducteur, le médecin et le patient

Pages 15–22

[HTML]  [PDF 224 ko]  [Résumé

Résumé

Le texte médical est d’apparence scientifique et semble se caractériser par le recours aux termes. En réalité, la subjectivité y est omniprésente et se traduit par le recours aux mots, qui sont les véritables enjeux de la traduction. La terminologie ne pose pas de problème particulier au traducteur, toute l’information étant disponible grâce aux grandes banques de données documentaires, au multimédia en général et aux réseaux d’informateurs. Ce sont les mots qui véhiculent le vrai sens du texte et qui constituent un véritable défi pour le traducteur. Les termes, quant à eux, sont des leurres scientifiques qui cachent des objectifs qui le sont moins, comme la quête d’une reconnaissance scientifique, la course aux crédits de recherche ou le positionnement d’un laboratoire. D’autre part, le caractère impersonnel d’un texte médical spécialisé, qui en garantirait le caractère objectif, est de plus en plus contestable, à cause de l’importance qu’ont pris l’immunologie et la psychiatrie dans la médecine contemporaine. Ces dernières décennies, l’immunologie et la psychiatrie ont mis en avant une conception du patient qui prend en compte le psychologique dans l’analyse des troubles physiologiques. De la sorte, le discours médical réhabilite aussi le sujet à la première personne, même si sa présence reste latente dans le texte.

   

Christine Durieux

Traduire l’intraduisible : négocier un compromis

Pages 23–30

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Résumé

La notion de langue-culture est intégrée à la réflexion traductologique depuis plus de vingt ans. Ainsi est-il admis que toute étude des productions langagières interlinguistiques comporte une dimension interculturelle. Le présent développement propose une exploration des objets intraduisibles du fait de leur ancrage dans une culture donnée, et suggère des procédures de résolution. L’opération traduisante relève alors de la négociation. Le traducteur, intermédiateur dans la chaîne de communication interlinguistique, recherche un compromis et met en oeuvre une stratégie de négociation allant de l’emprunt à l’adaptation, voire la transposition. Or, l’exploitation d’exemples extraits de discours authentiques montre que les objets considérés intraduisibles et qui, par conséquent, peuvent être transférés non traduits dans la langue d’arrivée – emprunts et xénismes – constituent en réalité des traductions en raison du glissement sémantique qui accompagne systématiquement leur réception et leur intégration dans la culture d’accueil.

   

Salah Mejri

Traduction et fixité idiomatique

Pages 31–41

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Résumé

À la faveur des théories interprétatives, il n’est pas d’usage d’évoquer la dimension linguistique dans les traductions. Or, il y a un domaine où l’on ne peut en faire l’économie, celui où les énoncés à traduire impliquent des fixités linguistiques, c’est-à-dire des configurations spécifiques de la forme de la substance ou du contenu des signes linguistiques. Cela concerne des types de discours aussi variés que les séquences figées, les créations poétiques ou le discours humoristique. L’analyse des fixités linguistiques dans ces discours permet de constater que plus la stratification des fixités est importante, plus les difficultés de traduction sont complexes. Lors de la traduction de ces textes, on est le plus souvent appelé à faire des choix où l’on essaie de gérer au mieux les déficits lors du passage de L1 à L2. Toutes les illustrations concernent la traduction du français vers l’arabe.

   

Xavier Blanco

Propriétés transformationnelles unaires en lexicographie informatique

Pages 42–57

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Résumé

Le présent article fait état d’un inventaire des propriétés transformationnelles unaires pensé pour le codage des prédicats dans un dictionnaire électronique conçu principalement pour la traduction automatique espagnol-français. Le travail a un caractère éminemment métalexicographique et appliqué. Il ne contient pas de nouveautés théoriques puisque toutes les transformations présentées sont bien connues. Son but est de fournir à un linguiste informaticien travaillant en contexte multilingue une vue d’ensemble de cette partie de la description linguistique. En amont des propriétés transformationnelles, nous traitons les alternances de traits syntactico-sémantiques pour une position argumentale donnée, les alternances de prépositions, les interprétations non agentives et les diathèses spéciales. Comme transformations unaires, nous présentons : l’insertion de déterminants nominaux, l’insertion de partie appropriée, les insertions d’un argument, les pronominalisations, l’effacement d’un argument, les permutations d’arguments (sous-divisées en : permutations proprement dites, détachements, extrapositions et extractions), les changements de diathèse (la passive pleine, la passive indirecte, le réfléchi, la passive impersonnelle et différents types de restructurations : les restructurations N0 – (Prép) N1, les restructurations N0 – Prép N2 et les restructurations (Prép) N1 – Prép N2). Finalement, nous abordons les variantes syntaxiques des verbes support. Les propriétés retenues sont illustrées moyennant des exemples en français et en espagnol.

   

Pierre-André Buvet et Laurent Tromeur

Le dialogue homme-machine : un système de traduction automatique spécifique

Pages 58–70

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Résumé

Nous décrivons un système de dialogue homme-machine conçu comme un système de traduction bilingue qui a la particularité de mettre en relation une langue naturelle et un langage informatique. Le système de dialogue homme-machine doit servir d’interface entre un utilisateur et une plateforme Web qui développe automatiquement des applications informatiques. Dans un premier temps, nous rappelons les particularités d’un système de dialogue homme-machine et nous présentons le système d’interaction en langue naturelle que nous utilisons. Dans un deuxième temps, nous détaillons le mode de fonctionnement du système de transfert. Dans un troisième temps, nous précisons le traitement linguistique qui permet au système d’interpréter des instructions rédigées par les usagers et de les traduire en langage-machine.

   

Pedro Mogorrón Huerta

Traduire l’humour dans des films français doublés en espagnol

Pages 71–87

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Résumé

L’humour est un phénomène universel, présent dans toutes les cultures, les langues et les civilisations, et très difficile à traduire. Lorsque la traduction d’un élément humoristique doit, de plus, se faire dans un texte audiovisuel, la difficulté augmente considérablement, en raison des caractéristiques et des restrictions inhérentes à ce type de support qui est subordonné aux limitations temporelles et spatiales des scènes et des dialogues. Dans le présent article, nous analysons l’humour dans trois films français illustrant les catégories de la comédie ou du drame, ainsi que dans leur adaptation en espagnol. Nous analysons différentes situations dans lesquelles apparaissent des éléments humoristiques, ainsi que les moyens utilisés pour les transmettre. Nous nous demandons si la version doublée reproduit cet humour de façon intégrale. Bien que notre analyse se limite à deux langues, la méthode utilisée devrait pouvoir s’appliquer à de nombreuses autres.

   

Fernando Navarro Domínguez

La théorie de la traduction en Espagne

Pages 88–104

[HTML]  [PDF 379 ko]  [Résumé]  [Plan

Résumé

Le présent article fait état d’un aperçu de la réflexion, en matière de théorie de la traduction, d’un important groupe de professeurs d’universités espagnoles qui oeuvrent en traduction ou en traductologie. Dans les années 1990, une série d’ouvrages pionniers voient le jour et offrent une riche diversité de concepts sur la théorie de la traduction et sur son application didactique. Si, pour Lvóvskaya, il convient de mettre l’accent sur l’équivalence dans la communication bilingue, pour Elena, il s’agit plutôt d’appliquer à l’espagnol les théories allemandes du fonctionnalisme et du skopos. Tricás, quant à elle, développe l’application des théories de l’argumentation linguistique en traduction sur le plan textuel, tandis que Hurtado se centre sur un développement exhaustif de chacun des piliers de la traduction. Rabadán et Merino, de leur côté, centrent leurs travaux sur les Études descriptives de traduction (EDT). Par ailleurs, d’autres chercheurs suivent des orientations diverses : Vidal (déconstruction, manipulation, pouvoir), Carbonell (postcolonialisme), Corpas (corpus traductologiques), Muñoz (dimension cognitive), Ortega (herméneutique) et Mayoral (la traduction comme technologie).

 

Terminologie  

   

Philippe Thoiron et Henri Béjoint

La terminologie, une question de termes ?

Pages 105–118

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Résumé

Pour les terminologues historiques, le terme s’oppose radicalement au mot. Il est caractérisé par la monosémie, l’univocité, la précision de sa définition et un sens uniquement référentiel faisant de lui une étiquette apposée sur la chose. La terminologie se prétend purement onomasiologique et chargée de la standardisation des langages spécialisés. Or, depuis quelques décennies certains terminologues se sont rapprochés de la linguistique, surtout de la linguistique de corpus, pour construire une terminologie basée sur l’observation des discours, donc sémasiologique, dans laquelle le terme peut être polysémique, avoir des synonymes, avoir un sens influencé par son contexte. Pour eux, l’objectif premier n’est plus la standardisation mais la description des discours spécialisés. Ces nouveaux terminologues ont fait avancer la discipline en la rapprochant de la linguistique et en privilégiant l’observation de faits réels plutôt que l’évocation d’idéaux mais leur rejet des principes de la terminologie classique est peut-être excessif. Nous voulons montrer, en les examinant l’un après l’autre, que ces principes n’ont pas perdu tout intérêt, sur le plan de la langue et sur le plan social, en particulier pour la construction d’outils. Plutôt que d’accentuer les divergences entre les courants, il nous semble donc préférable de revendiquer leur complémentarité.

   

Roger Goffin

Interlinguistique et Terminologie : un bref regard en arrière

Pages 119–126

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Résumé

Discipline frontière en quête d’un statut autonome au sein des sciences du langage, la Terminologie reste aujourd’hui orpheline d’un appareil conceptuel suffisant et d’un discours s’appuyant sur des modes de description objectifs. En réalité, à en juger par l’abondance des publications récentes, les théories de la Terminologie sont disparates, éclectiques et les pessimistes sont même tentés de parler d’enlisement, voire de crise(s) d’identité. Ils n’ont pas tout à fait tort. Un état des lieux s’impose. Qui veut bien suivre le parcours de la pensée terminologique aura tôt fait d’en constater les discordances et les blocages, les lacunes, en dépit des avancées réelles comme la prise en compte de la phraséologie et du texte complet, et la mise en perspective des aspects sociolinguistiques et cognitifs. Un bref coup d’oeil rétrospectif s’impose pour rappeler comment, dès le début des années 1970, les chercheurs ont fait leur profit de l’approche interlinguistique (au sens de linguistique différentielle) pour se déprendre des axiomes de la Terminologie d’obédience wüsterienne et pour montrer que les terminologies ne se démarquaient pas aussi radicalement de la langue générale que d’aucuns l’avaient supposé, qu’elles constituaient des polysystèmes complexes qui présentent en un rapport dialectique à la fois motivation et convention, monosémie et polysémie, analogies et anomalies, et concurrences synonymiques. L’heure étant aux bilans et aux prospectives, nous nous risquerons à faire quelques projections au triple plan des pratiques, des praxéologies (science des praxis) et de la recherche fondamentale.

   

Leila Messaoudi

Langue spécialisée et technolecte : quelles relations ?

Pages 127–135

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Résumé

Le présent article traite de questions relatives aux deux termes langue spécialisée et technolecte et du type de relations qui les lient. Un rappel de la continuité existant entre la langue générale et la langue dite spécialisée est nécessaire avant d’essayer de présenter les traits caractérisant les langues spécialisées, pour aboutir à l’idée que ces dernières auraient plutôt tendance à désigner les usages savants et écrits. Or, des domaines d’activité techniques traditionnels – et parfois même modernes – dans des sociétés peu développées usent de l’oral de façon prépondérante. Il se trouve que cet aspect n’est point recouvert par la dénomination de langue spécialisée qui accorde la priorité à la langue (au sens saussurien). L’usage du terme de technolecte a l’avantage, au vu de ses formants, de pouvoir s’appliquer aussi bien à l’oral qu’à l’écrit et revêtirait ainsi un caractère plus générique que celui de langue spécialisée.

 

Lexique  

   

Georges Kleiber

Proverbes : transparence et opacité

Pages 136–146

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Résumé

Notre contribution a pour objectif d’examiner la question de la transparence des proverbes, tout particulièrement celle des proverbes métaphoriques. Dans une première partie, nous exposerons en quoi consiste exactement la transparence sémantique assignée aux proverbes métaphoriques ; dans la seconde, après avoir rappelé notre approche hiérarchique des proverbes, nous montrerons comment le statut superordonné des proverbes a comme corollaire le maintien de la transparence du sens littéral ou compositionnel. Chemin faisant, se confirmera la justesse d’un traitement des proverbes comme une catégorie sémantique en soi.

   

Anna Anastassiadis-Syméonidis

Pourquoi une langue emprunte-t-elle des suffixes ? L’exemple du grec et du latin

Pages 147–157

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Résumé

Afin de déterminer les raisons pour lesquelles le grec a emprunté des suffixes au latin, nous examinons, en suivant le cadre théorique de Danielle Corbin, le suffixe -(i)ár(is) < du latin ‑arius, par exemple dans vromiaris [‘malpropre’], qui construit des adjectifs dénominaux à caractère [-savant/-soutenu]. En particulier, les adjectifs en -(i)ár(is) attribuent d’une manière permanente une qualité péjorative qui, dans le cadre de l’activité humaine quotidienne, dévie de la norme sociale d’une manière perceptible directement par les sens. Ce trait, lié à leur registre, résulte du fait que le suffixe est emprunté au latin, une langue sans prestige aux yeux des Grecs. Cette représentation stéréotypique de la latinité permet au grec de marquer les différences entre, d’un côté, le [+soutenu], l’officiel, l’objectif et, de l’autre, le [-soutenu], le quotidien, le subjectif, en conservant, dans le premier cas, les éléments d’origine grecque, et en utilisant, dans le second, des éléments empruntés.

   

Inès Sfar

Figement et incorporation : l’établissement d’un concordancier bilingue (français-arabe)

Pages 158–167

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Résumé

Partant du constat que la polylexicalité est une marque morphologique qui permet d’intégrer dans la traduction la notion d’équivalence entre unités polylexicales et unités monolexicales, nous avons essayé de montrer l’enchevêtrement entre ces deux mécanismes essentiels de la dynamique lexicale, à savoir le figement et la dérivation. Cette complémentarité n’est pas sans poser de problème lors du passage d’une langue à une autre, plus particulièrement du français vers l’arabe ou inversement, étant donné qu’elle est loin de se traduire de la même façon. Ceci représente un obstacle incontournable devant l’élaboration de concordanciers bilingues français-arabe.

 

Syntaxe et sémantique  

   

Lidija Iordanskaja et Igor Mel’čuk

La coordination des adjectifs modificateurs en russe et en français : la conjonction russe i et la conjonction française et

Pages 168–186

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Résumé

Le présent article établit les régularités d’emploi de coordination, par opposition à la codépendance, de deux adjectifs modifiant un nom en français et en russe. La possibilité de coordination par la conjonction française et / russe i est basée sur l’homogénéité des adjectifs (un regard lourd et morose), tandis que celle de leur codépendance se base sur leur hétérogénéité (une voiture rouge fiable). On distingue l’homogénéité sémantique (induite par le sens lexicographique des adjectifs) et l’homogénéité pragmatique (imposée par le locuteur voulant souligner la similitude situationnelle de deux adjectifs sémantiquement hétérogènes). Pour caractériser l’homogénéité des adjectifs, l’article propose une classification sémantique. Une comparaison systématique de la coordination et de la codépendance adjectivales dans les deux langues démontre que, dans la majorité des cas, le français préfère la coordination des adjectifs et le russe la codépendance : par exemple, un ciel haut et bleu <*un ciel haut bleu> ~ vysokoe sinee nebo <*vysokoe i sinee nebo>.

   

Gaston Gross

Sur la notion de contexte

Pages 187–197

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Résumé

Le présent article constitue une réflexion sur la notion de contexte, qui est l’une des plus importantes de l’analyse linguistique, dans la mesure où presque tous les prédicats sont polysémiques et que seule la distribution permet de déterminer la lecture adéquate. Mais le contexte ne peut pas être réduit à l’environnement immédiat de gauche et de droite de l’élément à analyser : seule la détermination des relations argumentales permet de définir un opérateur avec précision. Or, un texte n’est pas constitué d’une suite de phrases simples dans leur ordre canonique. Aussi est-il nécessaire d’éliminer les contextes immédiats qui ne participent à cette reconnaissance. Il peut s’agir d’incises, de structures figées, etc. Il faut donc être en mesure de trouver les relations prédicat-arguments qui caractérisent les phrases simples. Cette recherche repose sur l’utilisation de dictionnaires électroniques qui comprennent ces informations. Ces dictionnaires sont fondés sur les classes d’objets. Celles-ci permettent, entre autres, de montrer que dans la reconnaissance des emplois les compléments sont plus discriminants que les sujets. La détection de la relation prédicat-arguments est encore facilitée si on a recensé, pour chaque emploi, toutes les restructurations qu’un schéma d’arguments est en mesure de subir. La notion de contexte ne constitue donc pas une délimitation mécanique que l’on peut effectuer en sélectionnant un nombre déterminé de mots à gauche et à droite mais relève d’une analyse qui met en jeu la totalité des informations syntaxiques.

   

André Roman

Le rôle des chiasmes dans la naissance et la formation de la langue arabe

Pages 198–207

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Résumé

Le système syllabique Σ, de l’arabe, qui comprend les seules syllabes {Consonne-Voyelle} et {Consonne-Voyelle-Consonne}, a déterminé l’impossibilité, dans le fonctionnement de la langue, de l’opposition d’une consonne à une voyelle. Ce chiasme est à l’origine de l’organisation ancienne des langues sémitiques, régissant, jusqu’à récemment, la langue arabe. Ainsi, la langue arabe a construit son système de nomination sur des arrangements de consonnes, les racines de ses unités de nomination, et elle a fait de ses voyelles désinentielles les signifiants de ses fonctionnels primitifs, ses cas. On relève, parmi d’autres, le chiasme organisant le verbe en deux paradigmes, achevé et non achevé. D’autres encore ont dans la langue l’apparence d’un ornement. Ces quelques cas exceptés, c’est, dans le discours, hors langue – la systématique des langues est une systématique fermée – que la rhétorique trouve la liberté qui lui est nécessaire.

URI : http://www.erudit.org/revue/meta/2010/v55/n1/

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